‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 28 sur 127 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

SIGNES HE £ A MORT RÉELIiE.

Les travaux de Louis , de Bichat et de Nysten ont contribué à faire rejeter, comme inexacts et incertains, la plupart des signes que l'on considérait à tort comme étant caractéristiques de la mort réelle ; nous en citerons quelques uns.

Ainsi , Y aspect cadavéreux de la face , désigné par quelques auteurs sous le nom à'hippocratique , est produit aussi pendant la vie chez des individus épuisés par des

maladies , et cet aspect de la face manque souvent chez des individus morts subitement , ou d'une maladie aiguë.

La pâleur de la peau ou sa lividité , Y affaissement des yeux, ou leur obscurcissement, sont des caractères fort équivoques , et qui peuvent être le résultat de causes très diverses.

L 'absence de la circulation et de la resjnration ne peut être un caractère de la mort réelle ; car dans la léthargie, la syncope , la suspension de ces fonctions peut durer plus ou moins longtemps , sans que la vie soit éteinte.

Le refroidissement du corps est un phénomène cadavérique constant , qui est accéléré ou retardé selon le genre de maladie , l'âge , l'état d'embonpoint ou de maigreur, la saison ou la température du lieu où est placé le corps , l'état de vacuité ou de plénitude de certains viscères.

On admet, comme signes certains de la mort: l°lar?'<^dite cadavérique ; 2° Y absence de contractions musculaires, sous l'influence des fluides galvaniques; 3° la putréfaction. La rigidité cadavérique a son siège dans les muscles; elle se développe en général d'autant plus vite que les individus sont plus affaiblis, et elle ne survient que longtemps après la mort chez ceux qui ont été enlevés rapidement , ou qui étaient encore pleins de force. Sa durée moyenne est de vingt-quatre heures. Nysten l'a vue commencer seize heures après la mort , et se prolonger pendant sept jours dans un cas d'asphyxie par le charbon (1).

La température froide et sèche augmente sa durée, tandis qu'elle cesse assez rapidement par un temps humide et chaud.

On distingue la roideur cadavérique de la contraction convulsive en ce que , dans la première , le membre perd toute rigidité aussitôt que, par un effort, on a surmonté la résistance qu'il offrait, tandis que dans la seconde le

(1) Recherches de physiologie et de chimie pathologique, 1811»

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