OPPOSITION AU MARIAGE
de l'attention le médecin puisse être éclairé sur l'aptitude procréatrice de l'individu qui est soumis à son examen.
V absence de la verge peut dépendre d'une conformation vicieuse ou d'une opération , et elle n'est considérée comme une cause d'impuissance ■probable que dans les cas où cet organe n'a pas assez de longueur pour permettre un accolement contre les parties génitales externes de la femme, lorsque , par exemple , le canal de l'urètre s'ouvre derrière le scrotum.
Chaussier a signalé , comme cause manifeste d'impuissance , Yextrophie de la vessie. Ce vice de conformation est caractérisé par une petite tumeur placée au-dessus et au voisinage du pubis , d'un volume variable. Cette tumeur est formée par la vessie renversée sur elle-même , et venant faire saillie au-dehors par une ouverture aux parois abdominales , dans l'écartement des muscles droits. Les uretères viennent s'ouvrir à sa surface , et la verge est imperforée, courte, sans urètre, quelquefois élargie, creusée en gouttière à sa surface supérieure; le scrotum est rapetissé et vide ; les testicules restent dans l'abdomen ; les vésicules spermatiques peuvent manquer.
Vhypospadias et Yépispadias sont des vices de conformation qui dépendent de l'ouverture du canal de l'urètre sous le gland ou au-dessus de lui , et même à la base de la verge. Hebenstreit, Mahon et plusieurs auteurs considèrent comme impuissants les individus ainsi conformés; Sabatier , Richerand , ont professé une opinion opposée , à l'exception des cas où l'urètre s'ouvrait derrière le scrotum.
La grosseur et la longueur excessive de la verge , Y obliquité, la bifurcation de cet organe , ne peuvent pas être considérées comme causes d'impuissance. Il en serait de même du rétrécissement du canal de l 'urètre, âuphymosis ( étroitesse du prépuce ) , ou du paraphymosis (étranglement du gland par le prépuce), des hernies se rotales ,
des hydrocèles , du sarcoecle de l'un des testicules. Si le sarcocèle (induration squirrheuse) avait envahi les deux testicules, et que le médecin n'eût aucune incertitude dans son diagnostic, il est évident que l'impuissance serait aussi bien établie que s'il y avait castration complète.
Chez la femme, les causes de stérilité sont fort nombreuses; mais les causes d'impuissance sont tellement difficiles à constater, qu'elles se réduisent à deux : V absence de vagin et Y absence de l'utérus. Il pourrait arriver que la vulve n'existât pas , et que cependant le vagin communiquât avec le rectum. Des faits assez nombreux ont prouvé que la fécondation avait eu lieu par cette voie (1).
L'absence ou la déchirure de la cloison recto-vaginale , l'imperforation de la membrane hymen , l'existence de brides vaginales, l'inversion ou la chute de l'utérus, etc., toutes ces infirmités ne peuvent pas être considérées comme des causes d'impuissance, car un traitement bien dirigé peut y remédier complètement ou en partie.
De l'hermaphrodisme. (Epp?çj Mercure, Ayps&T*j, Vénus, Hermaphrodite, fils de Mercure et de Vénus.) — La réunion des deux sexes sur le même individu n'existe pas dans l'espèce humaine; mais les vices de conformation des parties génitales peuvent être tels qu'un individu paraisse être d'un sexe différent de celui dont on a cru qu'il faisait partie au moment de sa naissance, ou bien encore que l'on ne puisse pas déterminer à quel sexe il doit être rapporté.
On admet que cette monstruosité résulte le plus souvent d'un arrêt dans l'évolution naturelle des organes, pendant le cours de la vie intra-utérine
L'hermaphrodisme est distingué en masculin, féminin et neutre (2). Dans le premier genre, le scrotum est divisé en deux parties distinctes sur la ligne médiane , et les deux
(î) Morgagni. Livre v, épit. Cu, t. ni, p. SOS. — Darbaut. Cours d'accouchement. , p. 59.
(2) Dictionnaire des sciences médicales , art. ?''ermaplirodis)ne.
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replis sifflaient doux grandes lèvres. Il peut exister une dépression infundibuliforme qui représente l'entrée du vagin. Si les testicules ne sont pas descendus, et qu'ils soient placés dans l'abdomen , derrière les anneaux inguinaux, l'erreur sera plus complète, car, dans ce cas, la verge est petite en volume, imperforée, et sa longueur la fait considérer comme étant un clitoris. L'ouverture du canal de l'urètre est située à la base de la verge. Des observations de ce genre d'hermaphrodisme ont été rapportées par Cheselden (1), Giraud (2), Worbe (3), Schvekard (4), Wageler (5), Velpeau (6).
Dans l'hermaphrodisme féminin, la longueur et le volume du clitoris lui donnent l'apparence de la verge ; le vagin est presque complètement fermé, et il n'existe à la base du clitoris qu'une ouverture pour la sortie de l'urine et du sang menstruel. Béclard a cité avec détails (7) l'histoire médicale d'une femme, Marie-Madeleine Lefort , chez laquelle on retrouvait un vagin et un utérus, tandis qu'elle présentait tous les caractères apparents du sexe masculin.
On désigne sous le nom d'hermaphrodisme neutre les cas où il est impossible de déterminer avec certitude le sexe. Maret (8) a publié un fait de cette nature dont les détails sont extrêmement curieux, et nous engageons nos lecteurs à en prendre connaissance.
En résumé, l'expert chargé de déterminer le sexe d'un
(2) Gitesklden. Analomie.
(2) Recueil périodique de la société médicale. Paris- n° 5, 10,
" (3) Journal de Médecine , de Chirurgie el de Pharmacie , janvier, février 181 G.
(4) Journal de Hufeland, t. xvn, no 18.
(5) Annales de médecine politique de Kopp , t. cxxix. (6j Velpeau. Traité des accouchements , t. i , p. 1 14.
(7) 'Ie Bulletin. Société de la Faculté de Médecine , 1815. (S) Mémoires de l'Académie de Dijon , t. H. — Devergie , t. i, p. 407 j pe éciit.
individu qui présente un vice de conformation du genre de ceux que nous avons brièvement décrits, devra noter avec soin la disposition, le rapport, le volume des organes génitaux, la profondeur, l'étendue et la direction des ouvertures naturelles ou accidentelles, la périodicité des écoulements, leur nature; l'habitude extérieure de l'individu, ses formes féminines ou viriles, ses goûts prédominants ou exclusifs, le timbre de la voix, le développement des poils et de la barbe, etc. , sont autant de circonstances qui acquerront de la valeur si leur réunion s'accorde avec la constatation des organes génitaux.
Les hermaphrodites apparents, c'est-à-dire ceux chez lesquels il existe des parties d'organes' génitaux simulant un sexe différent, sont aptes à la copulation, et peuvent contracter mariage.
Mais si l'hermaphrodisme est neutre, aucun sexe ne peut être reconnu ; cette monstruosité condamne ceux qui en sont atteints à un célibat forcé.