BES NAISSANCES PRÉCOCES ET TARDIVES
La possibilité des naissances hâtives ou précoces est aussi bien reconnue que celle des naissances tardives. M. Velpeau (1) a réuni sur ces questions un grand nombre de faits cités par les auteurs, et qui servent à la démontrer. Sous le rapport médico-légal, la question a été décidée par la loi et le Code civil. L'article 312 a fixé le cent-quatrevingtième jour après la conception pour terme des naissances les plus précoces , et le trois-centième jour pour terme des plus tardives (315).
Art. 3 12. L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari. — Néanmoins celui-ci pourra désavouer l'en-
(1) Velpeav, Traité d'accouhements, t. i, p. 381.
fant s'il prouve que, pendant le temps qui a couru depuis le trois-centième jour jusqu'au cent-quatre-vingtième jour avant la naissance de cet enfant, il était, soit par cause d'éloignement,soit par l'effet de quelque accident, dans l'impossibilité physique de cohabiter avec sa femme.
Art. 3 14. L'enfant né avant le cent-quatre-vingtième jour du mariage ne pourra être désavoué par le mari dans les cas suivants: i°s'il a eu connaissance de la grossesse avant le mariage; 2° s'il a assisté à l'acte de naissance, et si cet acte est signé de lui, ou contient sa déclaration qu'il ne sait signer; 3° si l'enfant n'est pas déclaré viable.
Art. 3i5. La légitimité de l'enfant né trois cents jours après la dissolution du mariage pourra être contestée.
En adoptant une règle prise dans la marche la plus ordinaire de la nature , les législateurs n'ont pas entendu énoncer une vérité absolue, ni décider en physiologistes une question sur laquelle sont partagées les opinions des plus savants médecins. Ils ont fait ce qui était propre à la législation : ils ont tari la source de ces procès difficiles et scandaleux qu'occasionnaient les naissances tardives et prématurées, en traçant aux juges une règle positive pour fixer leur incertitude et prévenir désormais l'arbitraire des décisions et la contrariété des jugements (Toullier, t. XI, p. 115).
L'étude physiologique de ces questions présente assez d'intérêt pour que nous engagions le lecteur à prendre connaissance de l'observation fort curieuse que M. Moreau a rapportée dans son ouvrage (1).
De la super fêtation.
On donne le nom de superfétation ou de sur-conception à la vivification d'un germe, chez une femme qui renferme
(1) Tom. 1, p. 548,