EXAMJSN DES TACHES DE SPERME
miner les signes différentiels que l'examen microscopique permet d'établir entre eux.
Caractères physiques et chimiques des taches de sperme. — Sur les tissus blancs , taches légèrement grisâtres ou jaunâtres, blanchâtres sur les tissus colorés, — roides et empesées, — odeur particulière, fade, spermatique, si elles sont humectées. — La chaleur vive des charbons leur donne assez souvent une coloration jaune faune. — Dans l'eau, le tissu se décolore, se décompose; il devient visqueux et donne une odeur spermatique, si on le comprime entre les doigts.
Filtrée et évaporée, la liqueur dépose des flocons glutineux, ne se coagule pas. Évaporée à siccité, elle laisse un résidu gommeux, transparent, qui se dissout en partie. La partie insoluble dans l'eau est gluante , et soluble dans la potasse.
La dissolution aqueuse filtrée est incolore ou jaunâtre, transparente. Le chlore, l'alcool, le sous-acétate de plomb, le deutochlorure de mercure, y font naître un précipité de blanc floconneux ; — par l'infusion de noix de galle, un précipité blanc-grisâtre très abondant. — Elle est un peu jaunie, mais non troublée par V acide nitrique pur.
Examen microscopique du sperme. — Plusieurs années se sont écoulées depuis la publication de mes recherches sur Y examen microscopique du sperme desséché sur le linge ou sur les tissus de nature et de coloration diverses ; les procédés dont je proposais l'emploi ont été vérifiés et approuvés par un grand nombre de chimistes et de micrographes distingués. L'examen microscopique des taches de sperme est maintenant un mode d'analyse adopté par la science , et que l'on ne peut pas négliger dans une expertise médicolégale, soit pour découvrir directement la nature de ce liquide , soit comme moyen complémentaire des résultats fournis par la chimie.
Sans répéter ici tous les détails de mes expériences, qui
sont consignés dans le tome xxn, page 134, des Annales d'hygiène, je rappellerai les conclusions de mon Mémoire.
A. Les animalcules spermatiques conservent la vie et les mouvements tant que le mucus dans lequel ils nagent reste fluide et tiède. J'en ai observé de vivants pendant dix heures; ils meurent et restent emprisonnés aussitôt que le mucus est agglutiné.
B. Le sperme desséché se gonfle, se dissémine et se divise dans l'eau distillée et dans l'eau commune froide, et se dissout un peu en chauffant légèrement le liquide de la macération, et l'on aperçoit au microscope les animalcules spermatiques.
C. Le sperme desséché se dissout dans la salive, ainsi que dans l'urine, et les animalcules ne sont pas altérés.
D. Le sperme desséché ne se dissout dans le sang ou dans le lait que si l'on a étendu ces liquides de quelques gouttes d'eau distillée.
E. L'alcool, la solution de soude, de potasse, ou l'ammoniaque concentrés, ne dissolvent pas le mucus spermatique ; ils en déterminent la contraction et détruisent les animalcules : ces réactifs ont, au contraire, une action dissolvante très remarquable, s'ils sont étendus d'eau distillée dans des proportions variables pour chacun d'eux, et que j'ai indiquées.
F. Pour reconnaître les taches spermatiques desséchées sur du linge, et tirer parti des observations microscopiques, il faut avoir soin de ne pas froisser ou désunir les lambeaux mis à macérer. En filtrant les liquides de macération, et en examinant les dépôts restés sur les filtres, on constate la présence des animalcules spermatiques, isolés du mucus, complets et sans brisure de la queue.
G. On peut facilement constater la présence des zoospermes dans le mucus vaginal recueilli après l'acte du coït entre des lames de verre ou desséché sur des linges.
H. Chez les femmes qui ne sont pas affectées d'écouie-