‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 73 sur 127 · EXAMEN DES TACHES DE SPERME · texte numérisé non relu

EXAMEN DES TACHES DE SPERME

ments morbides par les parties sexuelles, j'ai toujours pu retrouver, sur les linges et sur les lames de verre qui ont essuyé les parois du vagin , des animalcules spermatiques , huit, dix et même soixante-douze heures après l'acte du coït.

/. Sur des linges tachés par du sperme desséché sur du linge depuis deux mois, un an, trois ans, six ans, j'ai reconnu des zoospermes à longue queue, entiers et complets.

J. La nature et la coloration des tissus tachés par le sperme ne nuisent pas à l'analyse microscopique et à la constatation des animalcules; on les retrouve aussi bien sur les étoffes de fil, de coton, que sur celles de laine et de soie.

Les règles à suivre dans l'examen microscopique sont les suivantes :

1° Détacher avec des ciseaux et enlever avec précaution une partie des taches sans froisser ni déchirer le tissu ;

2° Le placer dans un tube ou dans un verre, et l'arroser d'eau distillée froide, ou mieux chaude, dans lequel on Je laisse macérer pendant plusieurs heures.

3° Filtrer le liquide, mettre le tissu taché dans une capsule de porcelaine, et l'humecter d'eau distillée, chauffer à la flamme d'une lampe à alcool jusqu'à la température de 80 degrés ; — verser ce liquide sur le filtre quia déjà servi.

4° Si le linge taché ne s'est pas entièrement décoloré, si la matière gluante y adhère encore, on le place clans de l'eau éthérée ou ammoniacée (proportion d'un seizième) , et, après macération, on jette ce liquide sur le filtre.

5° Enfin, après avoir laissé égoutterle filtre, on le coupe à sa partie inférieure, à 2 ou 3 centimètres de son extrémité. On le renverse sur une lame de verre, et on humecte la surface du papier avec de l'eau éthérée ou ammoniacée, qui dissout les matières grasses et le mucus,

détache du filtre tout ce qui y adhérait, et l'applique sur îa lame du verre. On la recouvre d'une seconde lame, et, par l'examen microscopique, les zoospermes sont visibles.

Mucus nasal. — Les taches sont grisâtres, blanc-jaunâtre, empesées, se dissolvent dans l'eau; exposées au feu, elies prennent une teinte légèrement fauve sur les contours.

— Le liquide filtré et évaporé ne donne pas de coagulum.

— Précipité par le chlore, l'alcool et Y acide nitrique , il n'est pas troublé par l'infusion de noix de galle , ni par l'acétate de plomb.

Examen microscopique. — Sur une lame de verre , on renverse le lambeau qui a été enlevé , et on l'humecte avec deux ou trois gouttes d'eau distillée; après quelques minutes de macération, en inclinant la lame de verre, on détermine l'accumulation à la partie déclive des substances dissoutes. — Il faut alors retirer le linge qui est décoloré , et recouvrir le liquide avec une seconde lame de verre. — Au microscope, on aperçoit quelques la melles épidermiques des cristaux de sels de soude et des corps étrangers, de la poussière , des poils.

Mucus lacrymal. — Ces taches ont souvent par leur aspect la plus grande analogie avec les taches spermatiques , et lorsque l'on examine des draps de lit ou des manches de chemise , on pourrait les confondre.

Le procédé d'examen microscopique est le même que le précédent; il fait reconnaître les cristallisations salines particulières à ce mucus.

Salive. — Pour que les taches formées par ce fluide eussent l'aspect des taches spermatiques , il faudrait que le tissu en eût été imprégné à plusieurs reprises.

Les expériences faites par M. Orfila ne lui ont fait reconnaître que des caractères chimiques opposés entre eux, et ils ne peuvent pas servir à distinguer ces taches des taches spermatiques. L'examen microscopique suffit à lui seul;

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