‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 75 sur 127 · EXAMEN DES TACHES DE MUCUS VAGINAL · texte numérisé non relu

EXAMEN DES TACHES DE MUCUS VAGINAL

brcuses où le mucus vaginal est altéré dans sa nature , soit par une inflammation chronique de la membrane muqueuse, soit par une irritation consécutive à des frottements ou une infection morbide; dans tous ces cas, l'examen microscopique ne sert qu'à constater le mélange du pus, que l'on reconnaît à ses globules d'un aspect particulier , et à la viscosité que lui donne l'ammoniaque.

Il faut donc admettre que dans l'état actuel de la science, il est impossible de distinguer entre eux les divers écoulements purulents , et , par conséquent , de reconnaître s'ils sont de nature blennorrhagique , syphilitique, ou s'ils ne sont dus qu'à une vive inflammation de la muqueuse vaginale.

M. le docteur Donné a décrit une espèce d'infusoire , auquel il a donné le nom de trico-monas vaginale , et qu'il a observé dans le mucus vaginal purulent , mais il n'affirme pas que ces animalcules soient caractéristiques des écoulements syphilitiques.

J'ai recueilli un grand nombre de linges tachés parles matières d'écoulements leucorrhéiques et blennorrhagiques, et j'ai remarqué que dans les macérations de taches produites par le pus de chancres ou d'ulcérations syphilitiques, une multitude de vibrions s'y développaient avec rapidité, tandis qu'ils n'apparaissaient pas dans les autres macérations. Mon observation confirme l'opinion que M. Donné a déjà émise sur ce sujet (1).

§ 3. — Je mentionne ici les taches d'urine et celles de madères fécales , parce que l'aspect jaunâtre des premières et la coloration roussâtre des secondes peut en imposer pour des taches d'écoulement blennorrhagique ou de sang.

Le procédé d'examen que j'ai déjà indiqué plusieurs fois (2) , suffira toujours pour reconnaître la nature parli-

(i) Donne, ouvrage cité.

(2) Voy. pag. 277.

culière de ces taches , la cristallisation des sels alcalins ou acides de l'urine et les débris alimentaires des matières fécales.

Les linges tachés par du lait acquièrent une roideur très remarquable, et la coloration jaunâtre de ces taches peut tromper sur leur nature.

En réfléchissant au mode d'imbibition des tissus par les liquides plus ou moins denses qui les humectent, j'ai pensé que pour les taches de lait comme pour les taches de sang desséché, il serait possible de les reconnaître en dégageant les globules, et en les détachant du tissu auquel ils adhèrent.

En effet, si on mouille avec de l'eau très légèrement acidulée la surface tachée, et qu'après l'avoir renversée sur une lame de verre on prolonge cette macération pendant plusieurs minutes, on retrouvera les globules du lait un peu contractés, libres et suspendus dans le liquide. Le mélange des globules de pus se distinguerait par leur forme différente, leur volume plus considérable, et par la réaction qu'y déterminerait l'ammoniaque, et que j'ai déjà signalée.

Les taches formées par des liquides alhimineux et gommeux se reconnaissent aisément par leurs caractères physiques, que chacun est à même d'observer journellement; les taches sont déjà un peu anciennes, elles ont une teinte jaunâtre, le tissu est roide, empesé; à l'aide d'une loupe, on voit que la couche de liquide desséchée est brisée en une multitude de fragments 'irréguliers.

Si on place entre deux lames de verre une solution gommeuse, et que par capillarité on fasse réagir sur celle-ci une goutte d'acide sulfurique, on voit aussitôt se former une multitude d'aiguilles baccilarièes groupées en faisceau ou éparses.

Dans les cas où un liquide albumineux coloré en rouge serait desséché sur des tissus, et simulerait des taches de

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