EXAMEN DES TACHES DE MUCUS VAGINAL
car, outre des cristallisations salines, il fait reconnaître les lamelles épidermiques qui se sont détachées de la membrane muqueuse buccale.
Mucus vaginal. — Écoulements vaginaux. — Les taches qui sont produites sur les linges et les vêtements par le mucus vaginal et par les différentes espèces d'écoulements vaginaux, sont fort difficiles à distinguer entre elles, et le plus souvent il est impossible par l'analyse chimique seule d'en déterminer la nature.
Les caractères physiques et chimiques qui distinguent ces mucus du liquide spermatique sont assez obscurs lorsqu'on opère sur ces liquides complètement isolés ; on conçoit dès lors que l'analyse chimique soit insuffisante pour rechercher la nature de ces liquides desséchés et confondus sur les mêmes linges.
V absence d'odeur spermatique ; le 'précipité blanc , floconneux , que Y acide nitrique fait naître dans les liquides vaginaux , sont les deux seuls caractères chimiques distinctifs de ceux fournis par l'analyse du sperme. Quant à la coloration des taches , à la roideur des tissus , à leur défaut de coloration en jaune fauve par la chaleur, ces signes sont trop incertains et trop variables pour qu'ils méritent quelque valeur. J'ai recherché si l'examen microscopique pouvait fournir des résultats plus satisfaisants, et voici ce que j'ai observé.
Examen microscopique. — On sait, et les recherches de M. le docteur Donné (1) l'ont confirmé, que le mucus qui baigne constamment la membrane muqueuse du vagin est acide , et que si la sécrétion en est un peu abondante , il a un aspect blanc , crémeux. Chez beaucoup d'enfants , de jeunes filles , chez des femmes enceintes qui ne sont pas malades, ce mucus crémeux s'écoule avec assez d'abon-
(1) Donné, Recherches microscopiques sur la nature du mucus,
dance pour humecter leurs chemises ou leurs draps de lit ; en se desséchant , les taches prennent une couleur jaunâtre ou légèrement roussâtre ; leur étendue peut faire supposer que ces taches sont dues à un écoulement morbide. Dans plusieurs affaires judiciaires où j'ai été chargé de rechercher quelle était la nature des taches observées sur les vêtements , l'examen microscopique a été le seul mode d'investigation qui m'ait permis de résoudre les questions posées.
Après avoir décrit avec soin les caractères physiques des taches , leur nombre , le lieu qu'elles occupent sur la chemise ou sur les draps , etc. , on détache avec des ciseaux plusieurs portions de ces taches , on les renverse sur des lames de verre , et on humecte le tissu avec de l'eau distillée tiède. On note l'état acide , alcalin ou neutre de la dissolution ; au bout de quelques minutes de macération , une partie de la tache s'est dissoute et adhère à la lame de verre. Il faut alors recouvrir cette lame de verre d'une seconde , et les soumettre à l'examen microscopique. On voit alors un grand nombre de lamelles irrégulièrement ovalaires , confondues ensemble, longues de 5 à 6 centièmes de millimètre dans leur grand diamètre. Chaque lamelle paraît être percée à son centre d'une ouverture , selon les uns , ou occupée par un noyau sécréteur , selon d'autres auteurs.
Il existe en outre une petite quantité de mucus simple globuleux , et on n'aperçoit aucune espèce d'animalcules. — Si le linge a été imbibé d'une certaine quantité d'urine, comme cela a lieu communément, on observe entre les lames de verre, au bout de quelques heures, des dépôts ou des cristallisations des sels de l'urine , et on reconnaît une odeur légèrement ammoniacale aux linges macérés.
Il est , dans ce cas , facile de conclure que les taches sont dues à un écoulement vaginal naturel et non morbide.
Mais dans les circonstances malheureusement trop nom-