FOLIE ÉPILEPTIQUE
mental des épileptiques et la foh'e épileptique proprement dite.
1° Etat mental des épileptiques.— Les épileptiques sont souvent très intelligents, lorsque l'épilepsie toutefois n'est pas entée sur une infirmité d'esprit, telle que l'imbécillité ou l'idiotie. Ce n'est qu'à la longue que les facultés s'altèrent ou s'affaiblissent. C'est surtout dans le caractère (\nQ se manifestent lestroubles psychiques. Il y a à cet égard, deux catégories d'épileptiques, les uns sombres, taciturnes, défiants, ombrageux, toujours prêts à se fâcher, à blesser les gens, à s'emporter, à frapper ; les autres, au contraire, obséquieux, prévenants, câlins, pleins d'effusion et de douceur, mais le plus souvent, d'une douceur qui n'est qu'apparente et cache des griffes. En effet, tous les épileptiques sont sujets à des crnses de colère et d'emportements terribles, violentes et furieuses, pendant lesquelles ils ne s'appartiennent plus et tueraient facilement quelqu'un. Les épileptiques ont souvent des vices et des instincts pervers; ils sont gourmands, voleurs, masturbateurs, menteurs, etc. Ils ont fréquemment une tendance à la piété, non pas d'habitude à la piété sincère, mais à la piété maladive, à une espèce de religiosité outrée mêlée de tartufferie et qui n'est jamais aussi marquée qu'à l'époque de leurs accès. La note dominante de leur caractère est donc Virritabilité.
Les troubles intellectuels en restent souvent là, soit constamment, soit dans rintervalle des crises qui, elles, peuvent être accompagnées ou suivies de courts
accès dé l'usants OU impulsifs. Mais souvent aussi, les épileptiques arrivent à la folie confirmée.
2° Folie épileptique. — Il y a lieu de distinguer dans la folie épileptique, la folie intervallaire aux accès et la folie des crises conviilsives.
La folie intervallaire aux accès est assez rare, car l'épileptique n'est pas ordinairement en état de folie permanente ; le' plus souvent, sa folie est rémittente ou intermittente. Cependant le fait peut exister, et, dans ce cas, la folie épileptique revêt une forme quelconque, maniaque ou mélancolique, quelquefois 7nélancolico-7naniaque. Ses caractères spéciaux sont de s'accompagner le plus souvent d'idées de persécution, de tendance à F emportement et surtout aux impulsions irrésistibles (homicide suicide), enfin, de coexister avec des hallucinations terrifiantes.
La folie liée aux accès mêmes peut survenir A avant, B - pendant, G - après V attaque.
A. — La folie épileptique d'avant V attaque peut se traduire soit par une excitation maniaque, soit, au contraire, par une dépression plus ou moins grande précédant l'attaque de quelques jours ; mais ce qui est bien plus fréquent, c'est de voir l'attaque elle même être précédée d'hallucinations, surtout de la vue et de nature terrifiante.
Ces hallucinations peuvent consister dans la vue d'un spectre, d'une roue dentée, d'un objet gigantesque, d'une bête féroce ; ce peut être aussi une odeur désagréable, nauséabonde, ou bien, plus rarement, r une hallucination de l'ouïe. En général, cette hall uci-
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nation se reproduit telle quelle aux attaques consécutives. Il est très fréquent de voir les malades faire le même geste ou prononcer les mêmes paroles au moment de tomber.
Quelquefois, la chute se produit aussitôt après riiallucination ; sinon le malade a le temps de commettre un acte insensé^ bizarre, ou de se livrer à un délire plus ou moins bruyant.
B. — A dater du moment où le cri se produit, où l'attaque a lieu, le malade perd la connaissance et la conscience ; aussi, la caractéristique de la folie qui se produit durant f accès d'épilepsie est-elle Vinconscience absolue, la perte du souvenir. Ce signe est tellement caractéristique qu'on ne le retrouve, avec la même évidence, dans aucun genre de folie.
Pendant l'attaque elle-même, la folie ne peut se produire, sauf quand l'attaque convulsive n'existe pas et se trouve remplacée par un accès de folie (épilepsie larvée). L'accès de folie, dans ce cas, consiste ordinairement dans une crise maniaque violente qui peut durer un ou plusieurs jours et est suivie d'une prostration plus ou moins grande, allant quelquefois jusqu'à la stupeur. Mais plus souvent encore, l'attaque est remplacée par une impulsion subite, instantanJe, et presque toujours la même, à l'homicide, au suicide, à l'incendie, à l'exhibition des organes génitaux, à un acte obscène, à un vol, etc^ etc. A chaque nouvel accès, l'attaque est remplacée par une impulsion presque toujours la même et se produisant dans des conditions identiques. Ces cas sont plus fréquents
qu'on ne le pense généralement parce qu'on ne soupçonne pas l'épilepsie, à cause de l'absence de crises convulsives. Revenu à lui, le malade n'a pas la moindre conscience de ce qu'il a fait. Souvent, il est sorti, a marché pendant sa crise, et il est tout étonné de se retrouver, quelquefois ou bout d'un jour ou deux, très loin de son domicile, sans savoir comment il y est venu.
C. — La folie consécutive à Vattaqueesi, de toutes, la plus fréquente.
Elle peut se traduire par un accès de dépression mélancolique, pouvant aller jusqu'à la stupeur, avec prostration, immobilité, hébétude, hallucinations terrifiantes, etc. Elle peut, et c'est plus fréquent, être constituée par une crise d'excitation quelquefois très vive, avec loquacité, colère, emportements, impulsions, fureur.
Le plus souvent, il survient un accès de manie aiguë qui éclate brusquement, instantanément, plus ou moins longtemps après [l'attaque, et s'accompagne d'un délire bruyant, incohérent, et surtout d'impulsions soudaines à la destruction, au meurtre, à l'incendie.
C'est le moment où les épileptiques sont le plus dangereux. Ils sont hors d'eux-mêmes et prennent un aspect terrible. Vultueux, rouges, les yeux saillants, les forces décuplées, ils brisent, détruisent, frappent avec une fureur aveugle tout qui se trouve devant eux.
Cet accès n'a pas d'habitude une longue durée ; au