‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 108 sur 179 · HYSTERIE · texte numérisé non relu

HYSTERIE

[Folie hystérique)

Gomme pour l'épilepsie, nous devons examiner successivement Vétat mental dans l'hystérie et la folïe hystérique.

1° État mental des hystériques. — Dès le jeune âge, les futures hystériques se révèlent, au point de vue mental, par des caractères particuliers. Ce sont, pour la plupart, des jeunes filles d'une grande vivacité intellectuelle, précoces à l'excès, impressionnables, coquettes, cherchant à fixer sur elles l'attention, habiles à feindre et à mentir, sujettes en outre à des troubles plus ou moins marqués, surtout aux terreurs nocturnes, aux rêves, aux cauchemars, souvent aussi aux palpitations et à l'anémie. L'hystérie une fois établie, Tétat mental et moral de ses tributaires se caractérise surtout, du côté de Vintelligence^ par une mobilité excessive, qui fait que les malades n'ont aucun esprit de suite, aucune idée arrêtée, et que, tout en étant capables de déployer, à l'occasion, une intelligence cultivée, brillante, surtout caustique, elles sont absolument hors d'état de mener à bien une chose sérieuse. Avec cela, une

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tendance très manifeste à la contradiction^ à la controverse, mais aussi à Yimitation, aux idées paradoxales, à toutes les opinions et les théories qui peuvent les distinguer et les mettre en évidence. Moralement, l'état est le même. Caractère bizarre, capricieux, fantasque, mobile à Texcès, sensibilité très vive et hors de propos avec les événements ; changements perpétuels et subits dans les sentiments, les affections; enthousiasmes irréfléchis, duplicité, mensonge, fourberie infernale, propension brusque et intempestive aux actes les plus pervers et les plus criminels, comme aux actions d'humanité, de bravoure et d'éclat les plus méritoires; besoin constant de mouvement, de se donner en spectacle, d'occuper l'entourage, le public, la presse, et par conséquent, de provoquer des coups de théâtre ou de tisser les fds d'un roman inextricable, tels sont les caractères principaux de l'état moral des hystériques et qui peuvent se résumer dans ce fait, que tout, chez elles, est mobilité et contraste : sentiments, affections, instincts et actes. Quant à ce qui est des tendances sexuelles, dont on avait fait le signe pathognomonique de l'hystérie, il faut avouer que leur exagération n'est pas constante, et que, de ce côté-là, encore, il y a mobilité et excès, tantôt d'un côté tantôt de l'autre.

Tous ces désordres qui révèlent, en somme, un manque absolu d'équilibre de Vêtre psychique, chez les malades, et qui s'exagèrent presque toujours à l'occasion des divers événements de leur existence, surtout des grands processus de leur vie génitale, comme grossesse, menstruation, ménopause, peu-

vent, danscertains cas, aboutir à la folie confirmée.

2° Folie hystérique. — Comme dans Tépilepsie, 11 faut distinguer, dans Thystérie, les accès de folie liés aux attaques, et la folie intervallaire. Les premiers sont désignés communément sous le nom de délire hystérique ; la seconde constitue la folle hystérique proprement dite.

A. Délire hystérique, — Le délire hystérique, c'està-dire l'accès de folie passagère lié à l'attaque convulsive, peut éclater avant ^ pendant ou après cette attaque.

Avant r attaque, il se traduit dans les quelques jours qui précèdent, par un changement de caractère, par une tendance excessive soit à Vexritation, soit, au contraire, à la dépression; à mesure que le moment de la crise approche, ces phénomènes s'exagèrent, et il s'y joint soit de râî^i^a^zo/2 véritable avec idées confuses, propos incohérents, désordre des actes, soit de la torpeur, accompagnée souvent d'hallucinations de la vue, de l'ouïe ou de fausses sensations tactiles qui revêtent parfois le caractère unilatéral. Au moment oii l'attaque commence, il se produit comme une espèce de détente, et ces symptômes cessent.

Pendant V attaque^ le délire se manifeste, soit au début, soit surtout à la fin, par une espèce de rêve en action qui éclate brusquement, et se traduit par une succession rapide et fugace des pensées les plus variées exprimées à haute voix sous forme de monologues décousus^ imagés ; ce délire résulte des hallucinations multiples qu'éprouvent à ce moment les malades.

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