FOLIE HYSTÉRIQUE
et détermine des gestes, des attitudes et des actes en rapport avec les conceptions qui le composent. La crise terminée, la raison revient.
L attaque, elle-même, peut-être remplacée par un accès plus ou moins aigu de délire à forme maniaque ou mélancolique.
Après l attaque, il se produit, d'habitude, soit une crise d'excitation avec discours et rires bruyants, soit plutôt une période de torpeur, de dépression, avec mutisme plus ou moins absolu, pleurs et sanglots.
B. Folie hystérique. — La folie hystérique proprement dite est celle qui survient chez les hystériques en dehors des attaques convulsives, sous l'influence d'une cause occasionnelle quelconque, morale ou physique, quelquefois sans cause apparente.
Cette folie peut se manifester sous forme d'accès de manie ou de mélancolie plus ou moins aigus avec le cortège habituel des symptômes qui les accompagnent. Il est bien plus fréquent de voir la folie hystérique revêtir le type raisonnant, soit maniaque, soit mélancolique. Cette prédilection marquée de la folie hystérique pour la variété raisonnante explique ses principaux caractères qui sont: la sem-consaewce qu'ont les malades de leur état, la limitation de leurs conceptions délirantes, quelles qu'elles soient, erotiques, mystiques, hypochondriaques, orgueilleuses ou de persécution, à la sphère des choses possibles et réalisables, ainsi que la mobilité de ces conceptions ; la. prédominance des troubles psychiques dans les facultés morales, dans les instincts et dans les actes, ce qui donne
lieu à ces perversions affectives, à ces calomnies, accusations et dénonciations mensongères, à ces simulations de suicide, à ces affections erotiques ou platoniques insensées, à ces accès d'emportement, enfin, à ces impulsions morbides au vol, à l'incendie, au suicide et à l'homicide qui toujours portent la marque du fonds hystérique sur lequel elles ont poussé.
Plus rarement, il se produit un accès de stupeur^ avec mutisme, refus d'aliments, tendance irrésistible au suicide, etc.
Le diagnostic de la folie hyslérique ne présente pas, en général, de difficultés, car, alors même qu'il y aurait absence de crises convulsives, les symptômes de la névrose sont si nombreux et si variés qu'il en existe certainement toujours quelques uns, suffisants pour faire reconnaître la véritable origine de l'aliénation mentale.
Le pronostic est relativement favorable, surtout lorsque les accès de folie sont franchement aigus. La guérison survient alors, suivant M. Moreau f de Tours ), dans la moitié des cas. La folie à type raisonnant est beaucoup plus sérieuse et beaucoup plus tenace. Il faut noter enfin que, lorsque la folie hystérique se prolonge, elle finit presque toujours, au bout d'un temps plus ou moins long, parla démence.
Quant au traitement, il se confond avec celui de l'hystérie en général, et, comme cette dernière, la folie hystérique relève surtout de l'emploi des bromures alcalins, de l'opium, de la morphine, des antispasmodiques, de l'hydrothérapie, etc. La séques-
FOLIE CHORÉIQUE 355
tration est souvent nécessaire, en raison surtout de la prédominance des troubles psychiques dans la sphère des actes.