‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 110 sur 179 · CHORÉE · texte numérisé non relu

CHORÉE

[Folie cho7'éiqué)

Si les troubles de l'intelligence sont fréquents dans l'épilepsie et Thystérie, ils sont, en revanche, beaucoup plus rares dans la chorée, et ne s'y manifestent environ que dans les deux tiers des cas, suivant Marcé. Ni l'âge ni le sexe des malades, pas plus que l'intensité ou l'acuité de la névrose ne paraissent avoir d'action spéciale sur la production de ces troubles, dont une prédisposition originelle peut seule donner la raison d'être; quoiqu'il en soit, il convient d'examiner successivement Vétat mental et Id. folie des choréiques.

Etat mental des choréiques. — Au point de vue intellectuel, les troubles principaux que l'on rencontre chez les choréiques sont la diminution de la mémoire et de l'attention, la mobilité des idées , le défaut de consistance des souvenirs, V hébétude intellectuelle. Mais ce qui caractérise surtout les malades à ce point de vue, c'est l'existence à' hallucinations spéciales^ sur lesquelles ajustement insisté Marcé. Ces hallucinations affectent presque toujours la vue, très rarement le goût, l'odorat, le tact et l'ouïe. Elles sont particulièrement fréquentes dans le sexe féminin, et ne se

manifestent guère avant l'âge de quatorze ans. Elles surviennent principalement le soir, dansTétat d'assoupissement intermédiaire à la veille et au sommeil, et se prolongent très souvent pendant l'état de rêve.

Elles ont toujours un caractère pénible, effrayant, fantastique. Il en résulte pour les choréiques beaucoup d'inquiétude et d'angoisse, et surtout une terreur du sommeil qui les fait se tenir éveillés ou tenter d'échapper à leurs visions en se cachant sous les couvertures. Lorsque les hallucinations se prolongent pendant le rêve, on observe des réveils en sursaut, des cris, des cauchemars. Ce symptôme est tantôt un signe avant coureur qui se manifeste plusieurs jours avant l'apparition des mouvements convulsifs ; tantôt, et plus fréquemment, il apparaît au moment oii la chorée est à son paroxysme. Il peut persister, d'ailleurs, pendant plusieurs mois. Sa disparition est, en général, un signe d'un pronostic favorable, tandis qu au contraire, son exacerbation croissante peut devenir le point de départ d'un véritable délire maniaque. /l/o?^a/(??î2ew^, les troubles prédominants dans la chorée portent sur le caractère, qui se modifie, s'altère. La plupart des malades deviennent impressionnables, émotifs, irascibles, impatients, disputeurs, emportés et même violents. Ces troubles sont plus marqués chez les sujets dont les muscles phonateurs sont atteints parla chorée, et qui puisent, dans les efforts superflus qu'ils font pour parler distinctement, un aliment de plus à leur irritabilité.

Folie choréique. — La folie choréique, assez rare,

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peut se présenter sous la foi^me maniaque ou sous la forme mélancolique.

La forme maniaque se révèle par des accès qui tantôt apparaissent des le début delà chorée, mais, le plus souvent, ne surviennent que plusieurs jours après l'apparition des mouvements convulsifs. Quoiqu'il en soit, elle peut affecter les caractères de la manie aiguë, avec délire incohérent, agitation effrayante, cris rauques et inarticulés, paroles sans suite, ou même se présenter sous l'aspect d'un délire aigu /eônVe, avec pouls à 120, peau brûlante, langue sèche, mâchonnement, sputation, agitation des plus violentes et incoercible, et quelquefois même, convulsions cloniques survenant par accès.

La forme mélancolique se traduit tantôt par un accès de mélancolie délirante qui vient se greffer sur les hallucinations déjà existantes, et par conséquent s'accompagne d'idées de perécution et d'empoisonnement, d'anxiété, de tendance à la sitiophobie et au suicide, tantôt par un accès de mélancolie stupide avec hébétude profonde, accès de pleurs, immobilité, terreurs et amnésie.

Les convulsions spéciales qui accompagnent ces divers états de folie ne peuvent laisser aucun doute sur leur nature, et par conséquent, le diagnostic de la folie choréique ne présente, en général, aucune difficulté.

Le /)rowosf/c est variable. Sans gravité lorsque les troubles psychiques ne dépassent pas les limites de ceux que nous avons indiqués à l'étal mental, ou lorsque la folie se manifeste par un accès de

manie ou de mélancolie aigu, il devient très sérieux lorsqu'il s'agit d'un accès de stupeur et surtout d'un délire aigu.

Quant au traitement^ il se confond avec celui de la névrose, et par conséquent, consiste principalement en affusions froides, bains sulfureux, valériane et antispasmodiques, bains tièdes prolongés, tartre stibié, opium à doses croissantes, strychnine, fer et toniques. Lorsqu'il s'agit d'un accès aigu d'excitation, la séquestration est, en outre, presque toujours nécessaire.

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