‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 116 sur 179 · FOLIE VERMINEUSE · texte numérisé non relu

FOLIE VERMINEUSE

Nous nous bornerons donc à signaler l'existence possible des entozoaires dans un point quelconque de l'économie, et leur influence sur les aff'ections nerveuses et mentales, quel que soit leur siège ; nous nous bornerons également à rappeler la fréquence de larves de diverse nature dans les sinus frontaux où elles paraissent déterminer plus spécialement ces phénomènes d'épilepsie sympathique, dont M. Legrand du Sadle a cité de nombreux exemples. Nous nous attacherons surtout à la question des vers intestinaux dont l'action sur l'état psychique est plus apparente et plus réelle, et rentre bien plus, incontestablement, dans le mécanisme habituel de la folie sympathique.

Quant aux vers qui peuvent siéger dans le cerveau, et notamment aux échinocoques, dont on a plusieurs fois signalé la présence chez les aliénés, nous n'avons pas à en parler ici, car il s'agit, dans ce cas, non plus d'une réaction sympathique^ mais d'une irritation de voisinage, à l'instar de toute tumeur cérébrale, sur l'organe de la pensée.

C'est surtout dans les premières années de ce siècle qu'imbus des idées de Pinel sur la folie par consensus, certains auteurs songèrent à attribuer quelque importance aux vers intestinaux dans la production de la folie. Prost, dans son a coup d'œil physiologique sur la folie », a surtout défendu cette thèse et, comme tout novateur, poussant les choses à l'excès, il a fait dépendre l'aliénation, dans la plupart des cas, de la présence de vers dans l'mtestin. Généralisant les faits qu'il avait observés et les faisant servir à l'érection d'une théorie complète, Prost admit que, très souvent.

les humeurs et surtout la bile s'altéraient, et que c'était dans la bile, ainsi altérée, que naissaient les vers dont la présence développait ultérieurement les troubles de l'intelligence. Cette subordination de l'origine des vers à un état morbide des organes splanchniques ramenait presque, comme on le voit, à la théorie de la folie par altération du foie ou du tube digestif.

Les idées de Prost, trop exclusives, ne furent acceptées, même de son temps, qu'avec une certaine réserve. Depuis cette époque, l'attention s'est plusieurs fois reportée sur la question; quelques cas ont été publiés, et il est généralement admis aujourd'hui que les vers intestinaux peuvent, dans certaines conditions, développer la folie par réaction sympathique.

Le D"" Vix, qui a fait une étude spéciale de l'helminthiase chez les aliénés, a constaté que les affections nerveuses convulsives^ïéclampsie,Vhystérie,elc.,éia.ieTii de tous les désordres du système nerveux, les plus fréquents dans cette maladie. Lorsqu'il se produit un trouble mental, c'est surtout à Vhypochondrie et à la manie qu'on a affaire. D'après le même auteur, certaines dispositions psychiques et certaines impulsions seraient de plus, pour ainsi dire, spéciales dans la folie liée à l'helminthiase, et ces dispositions et impulsions varieraient suivant l'organe oii siègent les vers, l'incitation réflexe produite par eux sur le cerveau variant, en effet, d'après le point du corps qu'ils occupent. Ainsi, parmi les aliénés qui offrent des particularités psychiques, huit pour cent sont atteints, d'après Vix, d'une affection vermineuse, et, parmi

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