TRANSLATION DU MALADE
surtout la folie partielle, il n'en est plus de môme ; le malade peut se tenir sur ses gardes, se doutant plus ou moins qu'il est sur le point d'être séquestré ; en sorte qu'il faut, alors, prendre des précautions pour éviter, de sa part, révolte, scandale et violences. Lorsque le cas présente des difficultés, il vaut mieux en référer au médecin de l'établissement choisi, et s'en rapporter à son expérience. En principe, il est souvent nécessaire d'user d'un subterfuge simple et commode (achat^ visite, promenade) qui permet d'amener le malade à son insu dans l'Etablissement. Il faut dire, au reste, que les aliénés, si lucides qu'ils soient restés, tombent très facilement dans le piège qui leur est tendu, et ne s'aperçoivent de leur entrée dans la maison de santé que lorsqu'ils y sont déjà enfermés.
Situation et traitement des aliénés séquestres. — Lorsque le malade a été placé dans un établissement spécial, le traitement de son affection appartient au médecin de l'établissement qui, désormais va tout mettre en œuvre pour arriver aux résultats thérapeutiques que comporte son affection mentale. Nous n'avons pas à exposer ici les règles qui président au traitement des malades dans les établissements d'aliénés^ ce traitement variant suivant les cas, et étant d'ailleurs confié à des médecins spéciaux, très au courant de la méthode à suivre. Nous n'avons qu'à indiquer quelques points relatifs aux aliénés séquestrés, susceptibles d'intéresser les médecins praticiens et les familles.
Visites. — La base même du traitement de l'aliénation mentale est l'isolement, la séparation d'avec la famille et la société, et c'est surtout pour ce motif qu'on enferme les aliénés. Or, les familles, qui ne se rendent que très imparfaitement compte de l'importance thérapeutique de l'isolement, et qui s'imaginent qu'on peut avoir un intérêt quelconque à leur cacher leurs malades, se révoltent le plus souvent contre le conseil qui leur est donné de s'abstenir de toute visite. De là résultent souvent des malentendus, des tiraillements, des concessions forcées de la part des médecins de l'établissement qui finissent par céder et par consentir à des entrevues pénibles pour les parents et surtout nuisibles aux malades. Ici encore, le praticien peut intervenir utilement en allant voir lui-même l'aliéné et en servant ainsi d'intermédiaire entre ses parents et lui. Cette solution est de beaucoup la meilleure, car elle met le malade en rapport avec un homme qui ne le touche pas d'assez près pour lui produire une impression morale fâcheuse, et qui est en outre capable de se rendre un compte exact de son état mental.
Bien entendu, cet isolement absolu ne peut être érigé en principe et n'est pas applicable à tous les cas. S'il est nécessaire d'y avoir recours toutes les fois qu'il s'agit d'un malade atteint d'une affection aiguë et curable, ou susceptible d'être dangereux pour les siens, on peut s'en départir plus ou moins complètement en ce qui concerne les aliénés chroniques dont les sentiments affectifs sont plus ou moins émoussés, et autoriser les entrevues, et même^