PERIODE GRECO-ROMAINE
arriva à essayer la médication substitutive, et à conseiller notamment l'ivresse dans le traitement général de l'aliénation mentale.
Celse (5 ans après J.-G.) n'a consacré à la folie qu'un petit nombre de pages. Au lieu du terme générique alienatw mentis employé par Asclépiade, il se sert du mot insam'a qu'il applique aux trois genres de folie dont sa classification est formée, savoir: la phrénésie (insania acuta), la mélancolie, qu'il attribue à Tatrabile, et enfin un troisième genre qu'il subdivise en deux espèces : 1» le délire hallucinatoire gai ou triste sans délire (imaginibus non mente falluntur) ; 2° le délire général et partiel (animi desipiunt).
Celse s'étend plus longuement sur la question thérapeutique et il formule les règles les plus sages et les plus judicieuses du traitementhygiénique et moral. Malheureusement, une ombre existe à ce tableau, car il conseille formellement de recourir au jeûne, aux chaînes, aux châtiments, pour dompter l'aliéné, dès que ses actes, ou ses paroles attestent sa déraison : « Ubi perperam dixit aut fecit, famé, vinculis, plagis coercendus est ».
Arétée de Gappadoce (80 après J.-G.) appartenait à la secte des pneumatistes. Son plus grand titre de gloire est d'avoir laissé des diverses formes d'aliénation mentale, et notamment, de la manie et delà mélancolie, des descriptions d'une exactitude et d'une vérité remarquables.
Arétée considérait la me'teco/?'^ comme une tristesse de l'âme avec concentration de la pensée sur une idée
fixe, sans fièvre: « Melancolia in unâ re aliquâ est lapsus, constante in reliquis judicio. Animi angor in unà cogitatione defîxus atque inhœrens, absque febre et furore a phantasmate melancolico ortus » . C'était donc, pour lui, une folie à délire limité, circonscrit, ce qui la différenciait de la manie, qu'il considérait comme un trouble général de fintelligence.
Arétée décrit longuement et très nettement la mélancolie, et signale notamment les symptômiCs physiques qui l'accompagnent, tels que la constipation, la rareté de Furine, les éructations, la fétidité de l'haleine, la petitesse du pouls, etc.
Quant à la manie, il la considère, avons-nous dit, comme un délire général, continu, sans fièvre et la différencie des délires toxiques produits par le vin, la mandragore et la jusquiame, par ce fait que ceux-ci surviennent soudainement et se dissipent de même, tandis que la manie est stable et permanente. Dans sa description de la manie, il signale cette exaltation intellectuelle qui, chez quelques malades, avive les facultés de mémoire et d'imagination au point de les pousser à parler d'astronomie, de philosophie, etc., et à faire de la poésie sans paraître avoir appris.
Arétée établit, dans plusieurs passages, que la mélancolie est un commencement ou une espèce de demi-manie, et que, d'autre part, lorsqu'elle tend à se dissiper, elle se change parfois en manie, plutôt par les progrès que par l'intensité du mal. Il fait remarquer aussi que les accès de manie peuvent être suivis d'une période dépressive.
La partie de l'œuvre d'Arétée consacrée au traite-