MOYEN AGE ET RENAISSANCE
lui-même, malgré les protestations encore timides de Nider, donnent de la folie des interprétations surnaturelles et l'attribuent à l'intervention des démons.
S** Renaissance
A la fin du xvi^ siècle, sous l'influence de l'impulsion donnée par Alciat, Wier, Leloyer, Montaigne, les médecins reviennent peu à peu aux saines traditions, et, successivement, Baillou, Nicolas Lepois, Félix Plater, Sennert, Sylvius de le Boë, Bonet, cherchent, sans toujours y réussir, à secouer le joug des préjugés si tenaces légués par les siècles précédents.
Sydenham (1624-1689) ne traite que d'une manière incidente de la folie, mais il signale ce point intéressant de la manie développée à la suite des fièvres intermittentes.
WiLLTS ( 1622-1675 ), dont les travaux sont plus importants et marquent un progrès sur ceux de ses devanciers, donne de bonnes descriptions de la mauLe et de la mélancolie qu'il divise en partielle et générale, de la stupidité, dans laquelle il réunit, comme on continua à le faire après lui, l'imbécillité, l'idiotie, la démence et même la stupeur. Ses descriptions sont malheureusement noyées dans de longues discussions sur les esprits animaux. Il signale la succession de la manie et de la mélancolie, et, dans cette indication, se trouvent les premières traces de ce qui a été décrit plus tard sous le nom de folie à double forme. Willis admet encore , quoique avec une certaine réserve,
rintervention des démons. Les règles du traitement qu'il expose sont remplies de sens ; malheureusement, il ne craint pas de conseiller comme fréquemment nécessaires, les moyens de rigueur : « Prima indicatio curatoria disciplinam, minas, vincula aeque ac medicinam requirit. Furiosi nonnunquam citiùs per supplicia et cruciatus, quam pharmaciâ aut medicamentis curantur ».
BoNET (1700), dans son Sepulcretum, insiste comme l'avaient fait Galien et les Arabes, sur l'importance des lésions viscérales dans Taliénation mentale, et rapporte longuement les lésions trouvées à Fautopsie dans les divers organes.
A cette même époque, on fait quelques tentatives heureuses de médication, et on rapporte un cas de récidive de manie traitée et guérie par la transfusion du sang, ainsi que quelques autres, guéris aussi par la trépanation.
Au xviii*' siècle, l'étude de la pathologie mentale entre définitivement dans une voie nouvelle. Il se produit bien encore quelques épidémies de folie religieuse et hystérique soit parmi les calvinistes persécutés, soit sur la tombe du diacre Paris, mais la nature maladive en est reconnue, et on leur oppose un traitement surtout médical.
ViEUSSENS (1641-1720), à part quelques névroses dont il fixe déflnitivement le siège dans le cerveau, ne cherche qu'à adapter ses connaissances en aliénation avec ses théories humorales.
BoERHAAVE ( 1668-1738 ) et SOU commentateur i^aw