HALLUCINATIONS
caractères analogues, et n'en diffère guère que parce qu'elle constitue un symptôme moins grave, et qu'elle est la caractéristique de certaines folies spéciales, telles que les folies toxiques, les folies névropathiques etc. L'hallucination de la vue peut consister dans la vision de personnes et d'objets les plus variés, de paysages, d'animaux, de fantômes, de monstres, etc. Elle prend dans certains cas, le caractère terrifiant.
Hallucinations de l'Odorat et du Goût. — Les hallucinations de Vodorat et du goût, sont, de toutes, les plus rares. Elles s'observent surtout dans certaines formes de mélancolie, dans l'hypocondrie, quelquefois aussi dans le délire de persécution ; elles coexistent fréquemment avec un état saburral des voies digestives et entraînent ordinairement avec elles le refus d'aliments. Ces hallucinations font éprouver aux malades des odeurs et des goûts étranges, surtout d'arsenic, de cuivre, de soufre, d'ammoniaque, d'œufs pourris, etc., etc. Parfois, ils croient dégager euxmêmes d'affreuses odeurs, et se condamnent, sous l'influence de cette idée, à vivre à l'écart.
Hallucinations de la Sensibilité générale. Hallucinations GÉNITALES. — Lcs hallucinatious de la sensibilité générale sont assez fréquentes dans la folie, surtout dans le délire de persécution. Elles consistent dans la sensation de secousses, de commotions comme électriques, d'enlèvement dans les airs, que les malades interprètent dans le sens de leur délire. On peut y rapporter certaines hallucinations génitales qui font éprouver aux malades toutes sortes de sensations
86 SYMPTOMATOLOGIE DE L'ALIENATION MENTALE
voluptueuses ou pénibles du côté des organes génitaux.
c. — Illusions»
DÉFINITION. — L'illusion est un phénomène morbide assez fréquent dans la folie. Ce n'est plus, comme l'hallucination, une perception sans objet ; c'est une perception avec objet, mais perception erronée ; c'est, si l'on veut une définition : la fausse interprétation dune sensation perçue. Ainsi, un individu, avons-nous dit, qui entend des voix alors qu'aucun son n'a frappé son oreille, éprouve une hallucination. Un individu qui, entendant le son d'une cloche, par exemple, s'imagine que c'est une injure qui lui est adressée, éprouve une illusion. Lasègue a parfaitement fait ressortir cette différence entre l'hallucination et l'illusion, en disant : « Lïllusion est à l'hallucination ce que la médisance est à la calomnie. L'illusion s'appuie sur la réalité, mais elle la brode ; l'hallucination invente de toutes pièces, elle ne dit pas un mot de vrai ».
Caractères. Division. — L'illusion, plus encore que l'hallucination, est un phénomène psychique, car chez elle l'action du sens est habituellement tout à fait normale et c'est l'intelligence seule qui est lésée.
Au point de vue de sa valeur pronostique, Fillusion est un symptôme moins grave que l'hallucination. Aussi, est-elle surtout fréquente dans les folies curables, notamment dans la manie aiguë et les folies toxiques.
Les illusions, comme les hallucinations, se dénom-