‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 42 sur 179 · DELIRE DES SENTIMENTS DELIRE DES INSTINCTS · texte numérisé non relu

DELIRE DES SENTIMENTS DELIRE DES INSTINCTS

7° V humilité , la contrition^ la crainte, la terreur, dans la mélancolie et ses diverses variétés ;

8° U anxiété, également dans la mélancolie. Ce sentiment peut se traduire aussi par ces appréhensions émotives si variées et si bizarres dont on a voulu faire des folies spéciales : agoraphobie ou peur des espaces ; claustrophobie ou peur de VéiTO\i',peur du toucher ; peur des épingles, etc., etc.

Les sentiments maladifs, dont l'ensemble constitue le délire moral, donnent aux malades , dans chaque genre de folie, un caractère spécial dont on néglige trop souvent l'étude pour ne s'attacher qu'aux troubles intellectuels. Il est même certaines formes de folie, la manie et la mélancolie raisonnantes, par exemple, dans lesquelles le délire moral existe seul, sans coexistence marquée de délire intellectuel.

b. Délire des instincts.

Les divers instincts subissent souvent, dans l'aliénation mentale, une altération analogue à celle des idées et des sentiments.

Ces altérations sont des plus variées. Les plus fréquentes sont celles qui portent sur l'instinct génital^ et qui se traduisent par toutes sortes de dépravations génésiques, telles que la sodomie, le saphisme, la bestialité, les mutilations volontaires, l'instinct sexuel interverti (contrâre Sexual empfmdung), la violation des cadavres, etc., etc.

Vinstinct de la conservation est également fréquemment lésé dans la folie, et il est, comme on sait

90 SYMPTOMATOLOGIE DE L'ALIENATION MENTALE

un certain nombre de malades qui, sans avoir positivement une tendance au suicide, ne feraient pas un mouvement pour se soustraire à une mort imminente.

c. — Délire des actes.

De même que le trouble des idées et celui des sentiments constituent le délire intellectuel et moral proprement dit, de même le trouble des actes, en aliénation mentale, constitue le délire des actes.

Parmi les actes délirants, il en est qui sont absurdes par eux-mêmes ; d'autres n'ont rien d'illogique, et sont seulement hors de propos avec la situation réelle de l'individu. Tous les actes possibles peuvent donc devenir morbides dans un cas déterminé, en sorte que les actes délirants sont innombrables.

Ceux que l'on observe le plus fréquemment dans la folie sont :

1'' les actes d'impolitesse, de malpropreté, les exhibitions obscènes, la tendance à manger des ordures et des excréments (skatophagie), qui se rencontrent surtout dans les états de démence ;

2° les actes de violence, de destruction, de fureur aveugle et subite, plus spéciaux aux états maniaques et à l'épilepsie ;

3° le refus de nourriture, le suicide, presque contants dans la mélancolie ;

4o l'homicide, surtout fréquent dans le délire de persécution, l'épilepsie, etc.

5° le vol, l'incendie, dans les états de démence, de fureur imbécile, d'épilepsie, etc.

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