CLASSIFICATIONS SYMPTOMATIQUES
2® Classifications symptomatiques
La classification symptomatique la plus connue est celle d'Esquirol, amendée par M.Baillarger, et définitivement formulée, avec quelques modifications, par Marcé. C'est encore la plus généralement adoptée en France.
!avec excitation : manie, avec dépression : mélancolie.
Délire partiel. . .Monomanie.
Démence.
(Manie et mélancolie (lolie à double forme).
. Monomanie et démence.
j Mélancolie et démence.
^ Manie et démence.
/ avec lésion organique. Paralysie géné-
3° Vésanies associées\ /i? "l ' ■
à des Z,f5iow5 f/iA sans lésion or- f^P^^^P^^^-
^ ] fraTiiVriio q i-> l Hysterie, extase, cata-
mouvement . . . . ( ganique ap- \ •; . ' '
préciable. .. L ^^P^^^" ^ yChorée.
(Folie alcoolique.
\ Pellagre.
4'! Etats congénitaux. Idiotie, imbécillité, crétinisme.
Comme on l'a fait ressortir avec raison, tant que la nature intime de l'aliénation mentale ne sera pas connue et qu'on ne ne pourra, par conséquent, la prendre pour base de classification, la clinique pourra seule offrir un terrain d'appui suffisant pour la division des espèces morbides, C'est pour ce motif que les classifications symptomatiques ont été de toutes, j usqu'à ce jour, les mieux acceptées et les plus suivies.
Celle de Marcé offre malheureusement des erreurs et
des lacunes qui lui enlèvent une partie de la valeur que son auteur lui attribuait comme instrument d'étude.
Ainsi, il est certain que la démence ne peut être mise au rang des vésanies pures, au même titre que la folie proprement dite. La démence est une maladie du fonds intellectuel, une infirmité acquise de l'intelligence, et non plus, comme lavésanie, un trouble de son fonctionnement.
De même, si Marcé accorde, dans sa classification, une place aux états pathologiques auxquels peut s'associer la folie, tels que l'épilepsie, l'hystérie, l'alcoolisme, etc., il n'y a aucune raison pour qu'il n'en accorde pas une semblable à tous les autres états pathologiques auxquels la folie peut également s'associer, tels que l'état puerpéral, le rhumatisme, la syphilis, les affections du cœur, de l'utérus, etc., etc.
Dans ces dernières années, M. Ach. Foville fils a réalisé un progrès évident sur la classification de Marcé en en proposant une nouvelle dans laquelle il sépare la démence des vésanies, et en fait une classe d'infirmités cérébrales. M. Foville désigne en outre la monomanie sous le nom de lypémanie partielle ou essentiellement hallucinatoire ; enfin, il indique deux genres nouveaux : la folie instinctive ou folie des actes et la folie puerpérale. Cette classification a donc le mérite très grand de ranger la démence à la place qui lui convient dans les infirmités cérébrales et non plus parmi les vésanies, mais elle est passible du même reproche que celle de Marcé en ce sens que si la folie puerpérale constitue une folie simple, primitive, il n'y a aucune raison pour qu'il n'en soit pas de même des
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folies associées à d'autres états pathologiques, qui, elles aussi, mériteraient, dès lors, une place à part dans la classification.
ô° Classifications étiologiques
Les classifications symptomatiques ne lui paraissant pas suffisantes, Morel, par un trait de hardiesse et presque de génie, comme dit M. Bail, eut l'idée de prendre l'étiologie pour base de classification, et de diviser les maladies mentales en groupes distincts d'après la cause qui les engendre. Si l'idée de Morel était heureuse, sa mise à exécution le fut moins, car il se heurta, dans la pratique, à des difficultés inattendues, et fut obligé, par exemple, de ranger les vésanies dans une classe spéciale, sous le nom d'aliénations héréditaires; semblant ainsi marquer à tort que les autres ne l'étaient pas ou l'étaient moins.
Classification de M. le professeur B. Bail
M. le professeur Bail reprenant la donnée première de Morel, a proposé tout récemment une classification non pas absolument étiologique^ mais mixte, en ce sens que si l'étiologie en forme la base, elle s'appuie également sur la clinique et l'anatomie pathologique, car elle divise les folies en groupes distincts et progressivement étages , depuis les vésanies pures ou folies sans lésion, jusqu'à la paralysie générale dans laquelle la lésion est évidente, et les malformations congénitales, dans lesquelles cette lésion touche à la mutilation du cerveau.
Yoici, du reste, dans son ensemble, la classification de M. le professeur Bail :
l» Vésaniques ou essentielles (sans lésion). Types : folie circulaire, délires partiels.
. Hystérique.
>o Névropathiques. . I Épileptique.
! Choréique, etc.
Goutteuse.
Rhumatismale.
\3o Diathésiques . . .( Tuberculeuse.
Cancéreuse.
Anémique, etc.
Génitale.
FOLIES ( 4« Sympathiques . . ) Cardiaque.
^ j Gastro-mtestmale.
\ Pulmonaire, etc.
I Alcoolique.
Toxiques I Saturnine.
I Morphinique, etc.
/ Paralysie générale,
le» Organiques ou ce- \ Aphasie.
rèbro-spinales . . \ Délire aigu.
V Démence hémiplégique, etc.
70 Congénitales ou\ ^^^Tdmxé.
morphologiques, i CTétmhme.
Dans la pensée de son auteur, qui déclare du reste ne lui attacher aucune importance, cette classification est destinée uniquement à servir de moyen commode pour grouper les connaissances psychiatriques de chacun. Il n'est pas douteux qu'elle réalise et au delà, le but que s'est proposé M. Bail, et qu'elle soit, à ce point de vue, bien supérieure à celle de Marcé. 4o Classifications anatomiques Classification de M. Luys Par une tentative aussi hardie et non moins savante