‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 6 sur 179 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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branche de la pathologie, en a rendu la connaissance obligatoire. D'autre part, la distinction avec laquelle cette chaire est tenue, les savantes et brillantes leçons qui y sont données et qui trouvent leur complément dans les nombreuses cliniques psychiatriques libres des hôpitaux de Paris, la fondation toujours nouvelle de journaux spéciaux de Neurologie, tant en France qu'à l'étranger, tout cela est bien fait pour entretenir et développer de plus en plus le goût d'une pareille étude. Enûn, il faut le reconnaître, les préoccupations publiques sont, depuis plusieurs années et plus que jamais, à l'heure actuelle, vivement tournées vers les aliénés. On s'intéresse à leur sort, on réclame de tous côtés le perfectionnement de leur condition sociale, déjà si améliorée depuis Pinel ; bref, sous l'influence d'un mouvement tout spontané, la réforme de la législation qui leur est spéciale s'est imposée pour ainsi dire d'elle-même, et aujourd'hui, les pouvoirs publics sont saisis d'un nouveau projet de loi qui modifie et améliore, sur bien des points, la situation de ces malheureux.

Toutes ces causes, et par dessus tout, l'évolution scientifique qui fait que l'esprit médical se trouve de plus en plus porté vers l'étude des maladies du système nerveux, vers ces névroses qui, résultat peutêtre d'une civilisation trop avancée, d'un éréthisme social poussé à l'excès, semblent devenir de plus en plus fréquentes et menacent d'envahir la scène pathologique, toutes ces causes, dis-je, donnent un intérêt puissant à tout ce qui touche à l'aliénation mentale, et mettent désormais chaque médecin dans l'obi i-

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gation de posséder une connaissance au moins élémentaire de cette branche de la médecine.

Certes, pour répondre à ce besoin d'instruction, il existe de nombreux traités des maladies mentales et, sans parler du livre de Marcé, resté classique, malgré son âge, il en est deux surtout de date récente, qui se complètent, on peut le dire, l'un l'autre, et qui représentent parfaitement en Psychiatrie, l'état actuel de la science. J'ai nommé les « Leçons cliniques » de M. le professeur Benjamin Bail et le « Traité des maladies mentales » de M. Luys.

Mais les traités classiques, émanant de sommités médicales, sont limités par la noblesse même de leur origine. Obligés d'entrer dans le vif des discussions scientifiques et d'aborder les problèmes les plus ardus, ils sont forcés de se maintenir à une hauteur de forme et de fond qui leur interdit l'abord des questions de détail, le terre à terre de la pratique courante. Seul, un ManueL résumé succinctdeces traités pour la partie scientifique, dont il laisse de côté d'ailleurs toutes les théories spéculatives pour ne s'attacher qu'à la technique proprement dite, aux faits acquis, peut, sans déroger, descendre aux menus détails de la pratique, et servir ainsi de guide^ de vade înecum aux élèves et aux médecins. A ce point de vue, le Manuel ne fait pas double emploi avec le Traité; il le complète. L'un enseigne, l'autre aide à retenir, à fixer ce que l'on sait ; le premier donne la connaissance scientifique, le second apprend à s'en servir.

Un Manuel pratique, comme il en existe dans les

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