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Fig. 3. — Folie m double forme contiime,
MÉDECrNE MKNTAI.E. 11
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sèment de rintelligence. Elle peut se transformer en une autre forme de folie, manie ou mélancolie simple, par exemple, ce qui est encore un cas très rare. Enfin, elle peut se terminer par la mort, qui n'a lieu pour ainsi dire que par accident, ou par suite d'une affection intercurrente, c'est-à-dire par suicide, congestion cérébrale, attaques épileptiformes, pneumonie, etc., etc.
Anatomœ pathologique. — A part les cas où le malade étant mort d'apoplexie, on trouve à l'autopsie une altération matérielle évidente, la folie à double forme n'a pas de lésion qui lui soit propre. Au contraire, cette succession de deux états opposés, manie et mélancolie, qui se remplacent l'un l'autre et sont le plus souvent suivis d'un retour à l'état normal, prouve assez qu'il ne s'agit là que de troubles fonctionnels susceptibles non seulement de disparaître, mais d'être remplacés par des troubles de nature opposée. Il est probable que l'état d'excitation correspond à une hypérhémie et l'état de dépression à une ischémie cérébrales, comme la manie et la mélancolie simples.
Pronostic. — Le pronostic de la folie à double forme est très grave, puisque la maladie est à peu près toujours incurable, comme, du reste, la plupart des folies intermittentes ou périodiques. Falret père avait déjà fait ressortir cette particularité digne de remarque que la folie à double forme, qui est essentiellement constituée par les deux formes de folie les plus curables, la manie et la mélancolie, est au contraire, pour sa part, l'une des plus incurables.
FOLIE A DOUBLE FORME
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Fig.,4,
Folie à double forme séparés.
intermittente ou à accès
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Diagnostic. — Prise dans son ensemble, la folie à double forme, avec sa succession régulière d'états opposés, ne peut être confondue avec aucune autre. Pourtant, lorsque la période de dépression mélancolique est peu marquée, il peut arriver qu'elle passe inaperçue et que la maladie soit prise pour une manie chronique à forme intermittente ou rémittente ; avec d'autant plus de raison que dans celle-ci, les accès de manie sont également suivis, parfois, d'une courte réaction répressive.
Il arrive bien plus souvent qu'en face d'une période isolée de la folie à double forme, on croit avoir affaire à un simple accès de manie ou de mélancolie et que cette période terminée, on considère le malade comme guéri. Cette erreur a été commise, et, notamment, par M. Baillargar lui-même. Elle est la conséquence forcée de ce fait que la manie et la mélancolie de la folie à double forme ne diffèrent en rien de la manie et de la mélancolie simples et que, prises isolément, il est impossible de les en distinguer. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'en général, toutes les fois qu'on a affaire à un accès d'excitation maniaque, il faut se défier et songer soit à une paralysie générale commençante, soit à l'hystérie, soit surtout à la folie à double forme.
C'est dire assez que la folie à double forme peut être confondue, dans sa période d'excitation maniaque, avec \di, période prodromique à' uuq paralysie générale à forme expansive. L'erreur est d'autant plus possible que l'excitation peut faire apparaître, dans la folie à double forme, certains phénomènes congestifs tels qu'inégxtlité des pupilles, tremblement, hésitation de
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la parole, qui compliquent encore le diagnostic. La distinction s'établit surtout d'après ce fait que dans la paralysie générale, même dès ses premiers débuts, les conceptions ont un cachet démentiel qui n'existe pas dans la folie à double forme, et, d'autre part, que les fous circulaires excités sont foncièrement méchants et malveillants, tandis que les paralytiques généraux sont habituellement expansifs, bons et généreux.
La folie à double forme une fois reconnue, il reste encore à déterminer si elle est simple^ ce qui est le cas le plus fréquent, ou si elle est liée à un autre état morbide qui est presque toujours, dans ce cas, la paralysie générale (paralysie générale à double forme ou circulaire), Fépilepsie ou l'hystérie.
Traitement. — Contre la maladie, en raison surtout de son caractère périodique, on a préconisé le sulfate de quinine a haute dose, 30 à 40 centigrammes, pour arriver à 2 grammes par jour. On emploie également le bromure de potassium, les injections sous-cutanées d'opium et de morphine. Le traitement des accès et celui de chaque période réclament le traitement ordinaire des accès de manie ou de mélancolie. La se questration s'impose surtout pendant les périodes d'excitation, les malades étant alors habituellement dangereux. Elle est moindre pendant les périodes de dépression, surtout lorsque celle-ci est peu intense.