CARACTERES DES FOLIES PARTIELLES
exemple dans Vagitation maniaque ou dans la dépression mélancolique .
Or, dans les folies partielles, cette réaction générale, élément morbide si important, fait absolument défaut, et toute la maladie se résume en des troubles intellectuels et moraux, en du délire, sans que l'activité générale de l'individu soit en rien changée. En un mot, les aliénés atteints de folie partielle ne sont ni des excités, ni des déprimés. Ils peuvent bien, sous l'influence d'une conception délirante, d'une hallucination, d'une impulsion, se livrer à quelque accès d'emportement, à quelque acte de violence ; mais ce n'est là qu'une exaltation passagère, analogue à la colère et aux emportements des individus normaux. Il n'y a chez eux, ni excitation ni dépression d'une façon continue.
C'est là surtout qu'il faut chercher la différence radicale entre les folies généralisées et les folies partielles, et cette différence est assez profonde pour séparer d'une façon absolue ces deux groupes de folies.
Lorsqu'on pénètre dans un établissement d'aliénés, on est frappé de voir qu'au point de vue de l'aspect général, de l'attitude, des gestes, de la façon d'agir, les malades se divisent en trois catégories distinctes. Les uns, ne peuvent rester un instant en place ; ils courent, sautent, dansent, chantent, crient, font des gestes désordonnés, se livrent à mille contorsions ; ils sont rouges, vultueux, animés ; tout, chez eux, dénote une suractivité générale. Les autres sont mornes, abattus, immobiles, la tête penchée, les bras ballants, le visage triste, inquiet, anxieux; tout, chez eux, trahit
la tristesse et la dépression. Les derniers,^ enfin, n'ont rien de changé dans leur aspect général, leur physionomie, dans leur façon d'être, de se tenir, de parler, d'agir ; ils ne diffèrent en inen des individus normaux. Ces trois catégories de malades représentent parfaitement les grandes divisions de la folie. Les premiers et les seconds sont les aliénés à réaction générale, les maniaques et les mélancoliques ; les derniers sont les fous partiels .
Cette division de la folie en folies généralisées et en folies partielles est tellement naturelle qu'elle s'est imposée dès l'abord, et que tous les auteurs ont été tentés de l'admettre. Mais ses premiers partisans, pour l'expliquer, se sont attachés à tort à démontrer que dans la folie partielle le délire était plus limité, plus circonscrit, plus partiel que dans la folie généralisée. C'était se placer sur un mauvais terrain, car on sait, par exemple, qu'il n'est pas de conceptions délirantes plus restreintes que celles de certaines mélancolies, et les détracteurs de cette division ont eu raison de dire que dans les folies partielles le délire était souvent aussi profond, aussi étendu, aussi généralisé que dans les autres.
La différence radicale, nous le répétons, il ne faut pas la chercher dans le plus ou moins de généralisation des idées délirantes. Elle consiste dans ce fait capital que les folies généralisées s'accompagnent d'un trouble réactionnel morbide, excitation ou dépression, tandis que dans les folies partielles, cet élément fait absolument défaut.
Cela est si vrai que pour tant qu'une folie ressemble,