CARACTÈRES
généralisées sont donc surtout des folies symptomatiques ; les folies paj'tielles sont éminemment des folies idiopathiques ou essentielles. On comprend de quelle importance peut être ce fait dans la pratique, puisqu'il simplifie de beaucoup l'étude de la folie dans ses rapports avec les divers états morbides.
Une autre différence importante consiste dans ce fait que les folies généralisées, surtout dans leurs formes aiguës, sont essentiellement curables, tandis que les folies partielles sont à peu près toujours incurables.
Notons enfin, pour mémoire, que 'dans les folies partielles l'aliéné peut, en dehors de ce qui concerne son délire, penser et agir normalement, aa moins dans une certaine mesure, tandis que les maniaques et les mélancoliques, principalement dans leurs accès aigus, agissent toujours en malades.
Quelques auteurs, n'admettant pas l'existence des folies partielles, parce qu'ils rejettent avec raison la division basée sur le plus ou moins de limitation du délire, les désignent sous le nom de délire chronique. Incontestablement, le terme chronique marque bien l'un des éléments principaux de ces folies, qui est la chronicité. Mais , outre que, d'une façon générale toute folie est une maladie chronique, il existe aussi des manies et des mélancolies qui le sont plus particulièrement, et qui ne peuvent, en raison de leurs caractères, être confondues avec les folies partielles. Ajoutons enfin que, dans celles-ci, ce n'est pas tant le délire que les hallucinations qui constituent le phénomène capital. Le terme délire chronique n'est donc
pas acceptable. Si Ton considère , ainsi que nous l'avons fait, les folies généralisées comme celles qui s'accompagnent d'un trouble morbide réactionnel et les folies partielles comme des folies sans réaction générale, quelle que soit Tétendue de leur délire, la distinction, ainsi établie, ne peut qu'être admise par tous.