FOLIE DE LA VIEILLESSE
disparaît au bout de quelques mois, avant que l'époque critique ne soit terminée. Mais il est rare alors que la guérison soit complète, et, le plus souvent, il reste quelques symptômes plus ou moins apparents, indiquant que l'amélioration n'est que temporaire et fragile. La guérison ne peut être déclarée absolue et définitive que lorsque le travail de la ménopause est entièrement terminé et que la vie génitale est tout à fait éteinte chez la femme. Nous ne signalerons que pour mémoire les cas absolument exceptionnels où la folie ne survient qu'après l'âge critique, et se manifeste par des accès périodiques survenant aux époques où venaient autrefois les règles.
Le traitement de la folie liée à la ménopause est parfois des plus difficiles, car il n'y a point, ici, de ligne de conduite absolue, comme dans le cas où l'aliénation est le résultat de la puberté ou de la dysménorrhée. L'indication capitale en dehors du traitement hygiénique et moral, qu'il ne faut jamais négliger, est de diriger ses efforts contre la perturba, tion du système nerveux, et surtout contre le trouble de la fonction vaso-motrice, qui se traduit à l'extérieur par ces congestions circulatoires périphériques, par ces bouffées de chaleur alternant avec des refroidissements et de la pâleur qu'on observe si fréquemment dans la ménopause.
§ V. — Folie de la vieillesse
Dans l'étude de la démence que nous avons faite au chapitre des infirmités cérébrales, nous avons pris pour type de notre description la démence se-
nile simple, sans délire et sans folie. Sur cet état de démence sénile simple peut venir s'enter un accès de folie véritable et c'est cet élément nouveau dont nous avons à dire un mot ici.
Dans la plupart des cas, ce sont des idées de persécution qui surviennent. Les idées de persécution, dans la démence sénile, sont nécessairement absurdes, puériles; les malades s'imaginent, presque toujours, qu'on leur en veut, mais surtout qu'on veut les voler : c'est là leur idée prédominante. C'est sous l'influence de cette crainte du vol qu'ils se lèvent la nuit, cachent tout ce qu'ils possèdent dans des endroits où, plus tard, ils ne les retrouvent plus eux-mêmes, se barricadent dans leur maison et dans leur chambre, et vont même, pour ainsi dire automatiquement, jusqu'à accumuler dans leurs seaux à itoilette ou leurs vases de nuit, leurs draps, leurs couvertures et leurs vêtements.
Il peut exister, en même temps, des hallucinatioïis de la vue ou de l'ouïe, mais confuses, rudimentaires, comme elles le sont toujours dans les états de démence.
Le sommeil est nul ou presque nul. La turbulence QïV excitation nocturne sont des symptômes à peu près constants chez ces malades.
Quant aux actes, ils portent le cachet de la démence. Ce sont des vols absurdes et enfantins, comme ceux des paralytiques généraux, mais plus niais encore; des emportements subits et sans motif, des tentatives ridicules et irréfléchies de suicide ; ce sont, surtout des actes libidineux des exhibitions
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obscènes faites en public, des tentatives de viol, des actes contre nature, etc. Dus en partie à une certaine excitation génésique, ces actes de salacité sont surtout le fait du défaut de conscience et de la perte absolue du sentiment de la pudeur, qui existe chez les déments.
Dans certains cas, au lieu de cet état de délire de persécution rudimentaire, et pour ainsi dire avorté, on peut voir survenir un accès de manie ou de mélancolie aigu, le plus souvent mortel, en raison de l'âge avancé des malades.