FOLIE DE LA MENOPAUSE
nons d'étudier l'influence. C'est pour elles, surtout, que la dernière étape de cette vie est difficile à franchir.
Gomme la folie de la puberté et la folie menstruelle, la folie de la ménopause ne présente pas, à vrai dire, une physionomie clinique spéciale, et le tableau symptomatique est susceptible de varier à l'infini; toutefois, ici encore, c'est dans la sphère impulsive que se manifestent les plus grands désordres, et c'est surtout la tendance à la dipsomam'e, au vol, à Vhomi- ' cide, à V incendie, mais bien plus encore au suicide, qui constitue le côté saillant de l'afl'ection. Quant au délire, il aff'ecte fréquemment la forme erotique ou mystique, et s'accompagne, dans un grand nombre de cas, de ces hallucinations génitales bizarres que nous avons signalées en parlant des hallucinations. On a'admis l'influence prépondérante de la ménopause sur le développement de la paralysie générale , chez la femme, et la plupart des auteurs allemands vont même jusqu'à considérer cette afTection comme une maladie de ce qu'ils appellent le klimactérium, c'està-dire de l'âge critique. En réalité, cette influence paraît avoir été exagérée, et il est permis de penser que si, très souvent, la suppression des règles coïncide avec le début de la paralysie générale, cette suppression est dans certains cas non pas la cause, mais l'effet, immédiat ou sympathique, de la maladie cérébrale.
L'âge critique, qui paraît avoir une influence si active sur le développement de la folie, joue parfois, chez certaines aliénées plus ou moins chroniques,
le rôle de crise ^ et détermine un retour à la raison qui semblait être devenu à jamais impossible. Esquirol a cité Thistoire d'une malade qui, devenue folle à l'époque de la puberté, cessa de l'être seulement à l'époque de la ménopause. Dans certains cas, au contraire, on voit des vésanies qui s'étaient maintenues jusque-là à l'état aigu, c'est-à-dire curable, passer à l'état chronique et devenir par conséquent incurables sous l'influence de l'âge critique. Ce qui est certain, c'est que l'époque climatérique est une époque critique pour les aliénées tout aussi bien que pour les personnes saines d'esprit. C'est à ce moment, on peut le dire, que leur avenir se décide à tout jamais, lorsqu'il reste encore quelques chances de retour à la raison ; passé cet âge, ou bien elles guérissent et sont désormais à l'abri des atteintes de la folie, ou bien elles s'enfoncent irrévocablement dans l'incurabilité et dans la démence.
La folie de l'âge critique est pour ainsi dire spéciale à la femme. Néanmoins, les hommes paraissent y être quelquefois sujets, car, suivant certains auteurs, ils ont aussi leur grande époque climatérique, entre cinquante et soixante ans. Chez eux, plus encore que chez la femme^ les caractères de la maladie consisteraient surtout dans un état constant d'appréhension, la peur d'un malheur quelconque, la tendance au suicide, et aussi, particularité intéressante, dans la crainte que manifeste le sujet de perdre son âme.
La folie de la ménopause est, en général, curable et sa du7^ée limitée, d'habitude, à celle du kli?nactérium. Souvent même, l'accès, tout à fait passager,