FOLIE DE LA VARIOLE
plication apparaît de préférence sont le moment de l'éruption et celui de la convalescence. Elle peut cependant éclater aussi pendant l'incubation.
La forme clinique la plus habituelle, surtout au moment de l'éruption, est la manie aiguë avec agitation violente, incohérence, actes désordonnés, fièvre très vive; au moment de la convalescence, au contraire^ c'est surtout la forme mélancolique que Ton observe, de préférence la mélancolie aiguë ou subaiguë^ avec dépression profonde, et presque toujours idées de suicide. La fréquence du suicide a été souvent signalée chez les varioleux délirants.
Les accès de folie liés à la convalescence de la variole ont quelque analogie avec ceux qu'on observe au déclin de la fièvre typhoïde et comme eux, mais d'une façon moins marquée, ils présentent au point de vue des conceptions délirantes et des hallucinations qui les accompagnent, ce cachet d'absurdité et de niaiserie avec obtusion intellectuelle qui leur imprime une physionomie tout à fait caractéristique. Quant à ceux qui surviennent dans le cours de la maladie, il n'est pas rare de les voir s'annoncer par une diminution des symptômes fébriles, qui peuvent en imposer pour une amélioration réelle.
Le pronostic de la folie liée à la variole est en général peu grave, et l'accès guérit habituellement. Toutefois, au moment de l'éruption, il peut survenir un délire aigu mortel ; dans la convalescence, l'accès peut tourner à l'état chronique et se terminer plus ou moins rapidement par la démence. Nous n'avons pas à parler ici de l'influence de la variole sur la marche