PARALYSIE GENERALE (HISTORIQUE
démontrer qu'elle était autrefois connue et qu'Haslam et Perfect notamment, en avaient rapporté des exemples à la fin du siècle dernier.
Esquirol commença le premier le mouvement, en signalant, d'une manière générale, l'extrême gravité des cas dans lesquels la paralysie complique la démence, et la signification fâcheuse qu'il faut attribuer à l'embarras de la parole comme élément de pronostic.
Mais c'est à ses élèves qu'était réservé l'honneur de mettre la maladie véritablement en lumière. Georget la décrit, en 1820, sous le nom àe paralysie musculaire chronique; Délaye, en 1824, sous celui de paralysie générale incomplète^ qu'elle a conservé depuis ; Galmeil enfin, en 1826, sous celui de paralysie consisidérée chez les aliénés.
Tous regardent la maladie comme une forme spéciale de paralysie venant s'ajouter à la folie, c'està-dire comme la complication d'une maladie mentale déjà, existante.
A ce moment paraît Bayle qui, en 1822, dans sa thèse inaugurale, formule une opinion nouvelle, et change la face des choses. Pour lui, la paralysie générale n'est pas une simple complication de la folie mais une véritable entité morbide. Il la désigne sous le nom à' arachnitis ou méningite chronique, en raison de sa lésion prédominante, fait du délire ambitieux son symptôme nécessaire, caractéristique, et lui assigne une marche constante, divisée en trois périodes successives : l'une de monomanie^ l'autre de manie., la troisième de démence. Gomme Galmeil, il insiste sur
ses caractères anatomo-pathologiques, et considère comme pathognomoniques les adhérences existant entre les méninges et les circonvolutions.
Les idées de Bayle sont acceptées peu à peu, et Parchappe en 1838, va jusqu à regarder la paralysie générale comme une folie spéciale, qu'il désigne sous le nom de folie paralytique.
Requin en 1846 fait une restriction à cette manière de voir, et, considérant que la paralysie générale, à laquelle il ajoute l'épithète de progressive, peut exister sans folie, il en admet deux formes : Y une avec troubles intellectuels, Vautre sans aucun trouble de ce genre. Cette distinction est confirmée et précisée par plusieurs auteurs, notamment par MM. Sandras, Lunier, et Baillarger. Ce dernier même, fait ressortir qu'au point de vue psychique, c'est la démence et non le délire qui constitue le symptôme essentiel de la maladie. Aussi, propose-t-il de l'appeler démence paralytique (1846).
A dater de ce moment, les recherches se multipHent et il paraît, sur la matière, une série de travaux importants parmi lesquels il faut citer surtout ceux de Ch. Lasègue, J. Falret, A. Linas.
En 1858 a lieu à la société médico-psychologique, une longue et intéressante discussion qui consacre, malgré les objections de certains opposants, et notamment de M. Baillarger, les idées de Bayle, c'est-àdire le principe de Vessentiahté de la paralysie générale .
Depuis ce moment, jusqu'à Tépoque actuelle, la théorie de la paralysie générale n'a plus été mise en cause.