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ESPAGNE

D'après le récent traité de Garcia Lopez, l'Espagne [Kissède plus de sources minérales que la France : elle

est surtout excessivement riche en eaux sulfureuses; mais, quoique certaines de ses stations aient vu se produire dans ces dernières années des améliorations notables, nous ne nous engagerons pas dans une longue nomenclature, vu l'état précaire de la plupart d'entre elles.

Parmi les plus réputées, en Navarre et dans le pays Basque, Cestona, chlorurées sodique,près de Saint-Sébastien; Santa Agueda, près Vergara, Arechavaleta, par Bayonne etMontdragon, Grabalos, parPampelune, toutes les trois sulfureuses; mais surtout La Puda et Caldas de Mombuy en Catalogne, M h a ma de Aragon et Panticosa en Aragon, Archena dans la province de Murcie, Carratraca dans celle de Malaga.

La Puda. — D'après le Dr Manuel Ârnus, inspecteur des bains de Panticosa, partage avec Panticosa la thérapeutique des affections des voies respiratoires. Ces sources, les plus confortablement installées de toute l'Espagne, sont situées à quelque dislance de Barcelone, sur les bords du Lhobregat. On en trouve de chlorurées sodiques moyennes et de sulfurées sodiques faibles. Outre les bronchites cl les catarrhes, on traite encore à La Puda. les maladies de la peau, de la gorge et du larynx, etc.

Panticosa. — Possède quatre sources : el Herpès, el Higado (le foie), el Stomaco (l'estomac), el Purgante (la source purgative). Ces sources sont sulfatées sodiques; elles ne dégagenl qu'une très-faible odeur sulfureuse. — Leurs noms disent assez leurs usages. — Les sources de Mliama de Aragon sont chaudes, fai-

blemenl minéralisées. On s'en sert surtout contre Le rhumatisme.

Carratraca. — Sulfureuse faible, à sept heures de Malaga; jouil d'un renom spécial dans les affections muqueuses, a, été regardée comme spécifique dans la syphilis.

Caldas de Mombuy. — À 14 kilomètres de Barcelone, chlorurées sodiques faibles, nouvelle température : scrofules, blessures, rhumatismes. Cette dernière source est rangée ainsi que Panticosa par 1rs hydrologues espagnols dans une classe à pari, celle des eaux azotées. L'azote, contenu en grande quantité, y serait à l'étal allotropique et jouirait de propriétés physiologiques le distinguant de l'azole ordinaire. Ces assertions et celle classification demandent pour être acceptées à être plus complètement prouvées qu'elles ne le sont encore.

LA Sl lSSE.

La Suisse, voisine de nous, compte un grand nombre d'établissements qui ne le cèdent eu rien aux plus perfectionnés de l'Allemagne; elle a (railleurs conservé avec nous des rapports qui n'existent plus avec (vltc dernière, nation; aussi ses stations méritentelles une description détaillée. Le dictionnaire do éaux minérales compte pour ce pays :)50 sources. En réalité, quelques types principaux, quelques stations prédominantes nous suffiront à faire connaître ce qu'il

est bon de savoir. La Suisse compte des sources sulfatées, sulfureuses, Chlorurées, sodiques el mixtes, bicarbonatées et indéterminées. Les principales sont Schinsznach et Baden en Argovie, Pfâfers-Ragats dans le canton de Saint Gall, Weissembourg dans le canton de Berne, Lavey-Bex dans le canton de Vaud, Louèche et Saxon dans le Valais, Saint-Morilz dans les Grisons.

Schinsznach. — Sur l'Àar, 343 m. au-dessus du niveau de la mer, une seule source sulfatée calcique, sulfureuse, avec dégagement abondant d'hydrogène sulfuré. Température moyenne pendant l'été, 16°, 7- 17°. 01. La température de l'unique source de Schinsznach est de 36°. L'analyse de cette eau donne 2 gr. 166 de matières solides. 1 gr. 091 de sulfate de chaux et 37 c. c. 8 de gaz hydrogène sulfuré. L'établissement se compose de 102 cabinets de bains et de 200 baignoires. L'inhalation de l'acide sulfhydrique se l'ait sur place, dans les cabines, dans les corridors, dans les salles, grâce à son dégagement abondant (Zurkowski, De ta station thermale sulfureuse de Schinsznach, Paris, 1874). On y emploie les bains à durée graduellement croissante, puis décroissante, et l'on obtient ainsi des poussées à la suite d'un séjour prolongé dans l'eau. Les eaux de Schinsznach sont très-recommandées dans les affections de la peau, dans les dialhèses scrofuleuse, rhumatismale, herpétique. L'inhalation de l'hydrogène sulfuré sert au traitement des maladies catarrhales des voies respiratoires.

Baden. — Sur la Limmat, à 25 kil. d'Aarau, 16 de

Zurich; chlorurée sulfatée, avec 1 gr. 053 de chlorure de sodium et 1 gr. 019 de sulfate de chaux. Température-, 41°,2 à 52°, S. Installations multiples trèscomplètes. Bains prolongés amenant la poussée. Inhalation de gaz acide carbonique. Les eaux de Baden sont surtout indiquées dans la scrofule, le rhumatisme, les affections cutanées.

Pfâfers-Ragats. — Composé des deux stations voisines de Pfâfers, et de Ragats, à quelque distance, l'une en amont, Fautre en aval sur le torrent de La Tamina. Ces eaux sont indéterminées. Les sources de Pfâfers ont 34° à 36° et servent au traitement des rhumatismes, de quelques états lymphatiques, des névroses. Ragats est en même temps une station climatérique. On y trouve des eaux ferrugineuses faibles.

La réunion d'un climat alpestre sans grandes variations, d'un air pur et de toutes les ressources de la médication calmante qu'offrent les eaux indéterminées, en a fait un endroit très-fréquenlô par les personnes atteintes d'affections nerveuses.

Weissembourg. — Dans la partie sud du canton de Berne, à 4 heures de Thoune; sulfatée calcique, 21° à 23°, avec 1 gr. 60 de matières fixes, 1 gr. 048 de sulfate de chaux et 0,075 de carbonate de chaux. On fait surtout usage de ces eaux en boisson: elles purgent et sont depuis longtemps recommandées dans la période initiale de la phthisie.

Lavey. — Canton de Vaud, à côté de la station de Saint-Maurice el des salines deBex; altitude. 433 mètres. Eaux très-faiblement minéralisées, chaudes (43°).

Valentiner la classe parmi les sulfureuses; mais la sulfuralion est très-peu considérable. Lavey a pour spécialité le traitement des scrofules. On additionne l'eau du bain d'une certaine quantité d'eaux mères des salines de Bex. M. Lebert a rendu compte des bons effets de cette combinaison. Il faisait aussi boire l'eau mère en très-petite quantité.

Saxon. — Valais, route de Sion. Température, 25°. Eaux indéterminées avec une notable quantité d'iodure qui avait attiré l'attention sur elles pour le traitement de la scrofule.

Loèche ou Louèche. — A 3 heures de voiture de Sion, dans le canton du Valais, au pied des rochers delà Gemmi, à 1,450 mètres d'altitude. Les douze sources que l'on trouve dans cette station ont des températures de 44° à 51°, 25.

La source Saint-Laurent (P. Morin) a 1 gr. 5200 de sulfate de chaux.

On compte quatre établissements : bain Saint-Laurent, bain Neuf, bain des Zuricbois, bain de l'Hôtel des Alpes.

Le bain prolongé fait le fond du traitement par les eaux de Loèche. Il se prend en commun dans des piscines où l'on est trente à quarante, revêtus de longues tuniques de laine, sans distinction de sexe, et, où l'on arrive à rester, eu commençant par une courte durée, une bonne partie de la.journôe, jusqu'à quatre et même six heures. — La poussée de Loèche est pour ainsi dire devenue classique. Elle paraît du quatrième au huitième bain en général. C'est une érup-

lion tantôt miliaire, tantôt pustuleuse, qui s'accompagne parfois d'une fièvre plus ou moins vive. Ce sont les formes humides des affections cutanées : ezéïna, impétigo, herpès, que l'on adresse surtout à Loèche. Il y a des poussées franches, des poussées tardives, des poussées incomplètes qui ne se montrent que faiblement autour de quelques articulations. Celles qui ont la meilleure signification pour le traitement sont les poussées à allures bien nettes el venues à leur temps régulier.

Saint -Moritz, bicarbonatées calciques, ferrugineuses, froides, à 17 h. de voilure de Coirc. Climal alpestre, traitement de la phthisie, des catarrhes, hibernation.

parallèle des eaux minérales de la france et de l'étranger

Il y a deux manières de dresser une comparaison entre les diverses eaux minérales : d'après leur composition et d'après leurs usages. Ce travail fut fail et le parallèle établi surtout entre la France et l'Allemagne, par M. Durand-Fardel, dans des conditions qu'il n'est pas permis d'oublier, en 1871. L'éminenl écrivain établissait preuves en main que nous devions cesser d'être tributaires «les stations étrangères, parce que nous avions chez nous ton I ce qu'il fallait pour l'ensemble des applications de la médecine thermale. Il découlait clairement de ce parallèle que les différentes classes d'eaux minérales étaient

bien représentées en France, certaines d'entre elles avec une supériorité incontestable sur tout ce qu'on rencontrait à l'étranger; que, dans les cas où il y avait une lacune, il n'était pas impossible d'y remédier par l'emploi d'eaux similaires ou à effets analogues. Quelle était tout d'abord la médication qui semblait plus spécialement réservée à l'Allemagne, sinon celle de la scrofule, grâce au grand développement qu'elle avait donné à ses stations salines, tandis que nous laissions les nôtres dans l'oubli1? Aujourd'hui, cette omission est réparée, et Salins-de-Jura, Salins-Mouliers, Salies-de-Béarn, La Bourboule, Balaruc, Bourbonne, etc., ont remplacé sans désavantage, comme but de destination des malades, Naubeim, Baden, Kreusnaeli, Kissingen. De plus, notre groupe sulfureux des Pyrénées, sans analogue dans l'Europe entière, peut être utilisé contre certaines formes dela diatlièse strumeuse, dans lesquelles les eaux à sulfure de sodium méritent la préférence sur les chlorurées sodiques. Une autre classe très-intéressante, en ce sens qu'elle participe des propriétés de deux classes différentes, est celle des chlorurées sulfureuses. Nous avons Uriage et Gréoulx contre les seules sources, moins riches d'ailleurs en minéralisation, d'Aix-la-Chapelle.

Toutes les médications de la phthisie sont représentées chez nous : la médication par les eaux sulfureuses (Bonnes, Cauterets , Amélie, Allevard, Saint-Honoré, Enghien, etc.), celle par les eaux bicarbonatées (Royal) ou indéterminées le Mont-

Dore); — A l'étranger, c'est à des sulfatées que l'on s'adresse (Wcissembourg), à des sulfureuses faibles ou accidentelles (en Allemagne, on ne trouve guère que Weilbach, dans le duché de Nassau). Seules, les sources sulfureuses espagnoles pourraient rivaliser avec les nôtres, et encore incomplètement, d'après les renseignements acquis jusqu'ici. L'Allemagne, pour cette môme médication et celle du catarrhe des voies respiratoires, place au premier rang Ems (bicarbonatée). Mais, outre que Royat peut parfaitement remplacer Ems dans à peu près toutes les circonstances où l'on conseille cette dernière station, le traitement de la tuberculose par les bicarbonatées faibles a subi bien des restrictions dans ces derniers temps de la part des médecins allemands eux-mêmes. Ceux-ci, en revanche, faisaient un grand éloge de Soden (chlorurée sodique) dans ces mêmes maladies. En France, en pareil cas, on n'a guère recours aux eaux salines de cette nature.

Pour ce qui est du rhumatisme, des névroses, des paralysies, des affections en un mot dans lesquelles il est reconnu que l'on doit surtout invoquer toutes les ressources d'une balnôolhôrapie soi! excitante, soit calmante, suivant la température et la durée, Aix-les- Bains ne laisse rien à désirer; Néris, le Mont-Dore, Chaud cs-Aigues, Dax, Bagnère-de-Bigorre, Plombières ont chacune leur emploi spécial cl bien déterminé, et n'ont rien à envier à Schlangenbach, Gastein, Wildbad, etc.

La Bourboule tient la tôle de la médication arseni-

cale; qui est encore représentée par d'autres stations, quoiqu'à un degré inférieur. — La syphilis, suivant ses formes et ses manifestations, peut être adressée soit aux eaux à haute thermalité, soit aux sources minéralisées par le sulfure ou le chlorure de sodium, les unes et les autres largement représentées en France.

Qu'il s'agisse de la gravelle rénale (Gontrexéville, Capvern), de la gravelle biliaire (Vichy, Saint-Nectaire) ou de la dyspepsie (eaux alcalines, acidulés gazeuses), nous trouvons également de quoi nous suffire chez nous : nous avons dans Vichy la station bicarbonatée sodique la plus complète, la mieux équilibrée qui existe. Seul, le groupe de la Bohême, avec sa constitution complexe, n'est reproduit chez nous que par des analogues imparfaits. De ce groupe, dont le type est Carlsbad, on ne pourrait chimiquement rapprocher que Saint-Nectaire, Brides et Sainl-Gervais en Savoie.

Au point de vue de la spécialisation thérapeutique, on doit mettre en face de Carlsbad Vichy, qui n'en a pas toutes les attributions , mais s'en distingue en même temps par des qualités propres.

Les cures de réduction appliquées à l'obésité, aux étals .uaslriques ou intestinaux sont plus fréquemment usilécs en Allemagne qu'en France. Ce n'est pas que nous manquions de sources purgatives à petites doses et que nous ne puissions, comme cela se fait en pays voisin, instituer cette cure auprès de nos chlorurées sodiques, de quelques sulfatées, c'est plutôt que l'uti-

lité en esl moins souvent apparente. Les eaux ferrugineuses sont innombrables sur le sol français, sans rien qui les laisse inférieures aux échantillons les plus connus de celle classe à l'étranger. Nous ne pouvons mieux faire, en finissant, que de reproduire les conclusions du rapport de M. Durand-Fardel.

« La France est la seule contrée de l'Europe qui puisse se suffire à elle-même pour tout ce qui concerne la thérapeutique thermale. Elle n'a besoin dans aucun cas de recourir aux eaux minérales de l'Allemagne.

Il en serait de même à l'égard des autres pays, si à la Bohême n'appartenaient pas Carlsbad et ses congénères, dont nous ne possédons que des équivalents éloignés. »

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