MALADIES DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES
circonstance ; mais il sera bien difficile parfois de vaincre l'opinion bien établie et enracinée d'après laquelle la douche ou le bain pendant les règles sont des pratiques que l'on doit éviter. Il suffit d'ailleurs au médecin de savoir qu'il peut passer outre s'il le juge convenable.
Plus d'une station, soit allemande, soit française, a dû une partie de sa fortune à la réputation qu'elle s'était acquise comme remède à la stérilité. Plusd'une continue à jouir d'un certain renom en pareil cas. Faut-il partager le scepticisme absolu de Trousseau et de bien d'autres à ce sujet? ne vaut-il pas mieux, avec M. le professeur Gubler, admettre que bien souvent qui dit stérilité dit affection utérine, et que faire cesser la cause, c'est provoquer la cessation du symptôme. On ne peut raisonnablement invoquer ici qu'un remontement général de la constitution ancienne, une sédation obtenue chez des névropalhiques, une muqueuse utérine voyant cesser une sécrétion morbide remplacée par une sécrétion non viciée, une membrane reprenant sa coloration cl ses fonctions normales; aller au delà, c'est entrer dans la légende. « Dans des lieux si heureusement situés, dit un vieux médecin, et où l'âme est sans cesse agréablement émue, les longs soucis sont étouffés par la voix des plaisirs qui y retentit de toutes parts et qui redonne un prix aux jouissances de l'amour ou réveille l'espérance des époux; la nature y redouble les forces, et tout semble y puiser les germes d une nouvelle \ ie. »
Nous avons déjà eu l'occasion, à propos des diathèses, de signaler quelques-unes de leurs déterminalions sur les organes des sens, et nous avons montré d'autre part, soit en traitant des procédés d'irrigation ou de douches locales, soit dans le chapitre qui concerne quelques stations en particulier, que l'on joignait dans bien des cas au traitement d.atl.esique, aux modificateurs généraux, des modificateurs locaux; c'est ainsi qu'au sujet de la conjonctivite chronique, si souvent liée par son origine à la diathese scrofuleuse, nous avons mentionné les douches oculaires de Saint-Christau, d'Uriage, de Bourbon-l'Archambault, etc. Nous avons aussi parlé de quelques sources des Pyrénées qui jouissaient d'un renom populaire dans le traitement de celle maladie. Les eaux thermales, mais principalement les eaux sulfureuses, ont une action légèrement irritante sur la conjonctive. H est facile de s'en convaincre par l'application sur l'œil de l'eau de quelqu'une de ces sources, principalement des plus minéralisées. Celle action irritante esl utilisée pour combattre le caractère torpide «les ophtalmies strumeuses lorsque toute (rare .1 inflammation a disparu. La percussion également doit cire évitée tant q.fil reste un peud'acuité; tout au plus peut-on faire usage de quelques lotions d'eaux pins sédatives; mais il est mieux de dire qu'en pareil ras
le traitement échappe à la thérapeutique minérothermale.
Le coryza, la rhinite chimique, les ulcérations des fosses nasales, ulcérations dont rôdeur caractéristique décèle si souvent la présence et est un insupportable inconvénient pour les personnes qui en sont atteintes, sont traités par les douches nasales. Cellesci , commencées avec une pression modérée pour éviter toute irruption trop brusque de l'eau sur des surfaces déjà excoriées, détergent l'ulcère, enlèvent les mucosités , nettoient la muqueuse, et, poussées avec plus de force, elles vont également nettoyer 1 es arrière-fosses nasales, et elles décrivent un circuit complet, et l'eau de l'injection repasse en partie par la bouche, surtout si l'on a soin pendant l'opération de boucher soigneusement l'orifice antérieur des narines. Il n'est pas rare que des épistaxis se produisent; sans gravité toujours, elles sont quelquefois assez abondantes. Les premiers résultats de ce traitement ne se font pas attendre : l'odeur disparaît ou est infiniment moins prononcée; l'écoulement de sanie, qui dans quelques cas se l'ait aussi par la .bouche et donne parfois aux malheureux qui soni atteints de cette infirmité un dégoût profond de tous les aliments, se supprime également. Le traitement antidiathésique, surtout antiscrofuleux, consolide ces résultats et rend l'amélioration persistante.
L'eczéma du conduit auditif externe, la myringite mterm} soni aussi quelquefois traités par des douches du canal auriculaire. Ces douches, données don-
cernent, sous une pression très atténuée, ont quelquefois de bons effets. Mais ce n'est là qu'un moyen Loul à fait superficie] d'aborder les maladifs de l'oreille. Les plus graves d'entre elles, au moins celles qui laissent quelques ressources à l'arl , ont leui siège dans l'oreille moyenne, que l'on ne peut atteindre que par les arrière-fosses nasales et le pharynx, aux affections desquels elles se rattachent souvent. Le traitement de celles-ci est parfois suivi de l'amélioration des premières. Nous ne possédons pas assez d'observations d'injections d'eaux minérales par la trompe, injections que l'on peut tenter comme celles d'une foule d'autres liquides, pour nous prononcei sur la valeur de ce moyen.