‹ Manuel pratique de médecine thermaleChapitre 5 sur 49 · MÉDICATION SULFUREUSE · texte numérisé non relu

MÉDICATION SULFUREUSE

début de la cure. Les recherches de M. Àrmieux onl porté sur 100 malades de l'hôpital militaire de Barèges; il a trouvé de la diminution sur 56 d'entre eux. La température a pu tomber d'un degré et même d'un degré sept dixièmes. Plus récemment encore, M. Grimaud, inspecteur du môme établissement thermal de Barèges, a repris celte cpiestion et a vivement combattu les conclusions de M. Armieux. Pour lui, ces expériences ne sont pas probantes, parce qu'il n'a pas été tenu compte des conditions diverses de la cure chez chaque sujet , que les doses très-fortes auxquelles l'eau a été portée, les maladies pour lesquelles elles étaient administrées, tout cela en un mol expliquait une dépression qui n'était pas due exclusivement au traitement thermal. M. Grimaud a plus souvent observé une élévation du 6L' au 12e jour, c'est-à-dire dans la période où la crise se produit généralement. Il faut encore se demander ce que signilierait celle diminution du pouls bien constatée et posée en règle dans La majorité des cas. Quelles conclusions devrait-on en tirer, et en quoi pourrait-elle modifier l'idée de cette excitation admise par tous les auteurs et qui résulte d'un consensus général de toutes les fonctions. M. Amiral, dans des expériences faites à Paris avec de l'Eau-Bonne transportée, a trouvé tantôt de l'augmentation et tantôt de lia diminution du pouls, mais plus fréquemment la première. Deux fois sur trois, le nombre des globules du sang a été accru.

Le système nerveux est souvent impressionné. On a

môme signalé dans quelques ras soi i une sorte d'exaltation cérébrale, ou simplemenl plus de vivacité, plus de spontanéité. Il semble que ces fonctions aussi éprouvent comme une sorte de réveil. Ce fait n'avait pas échappé aux anciens observateurs. Il doit mettre mi peu en garde les médecins, vis-à-vis des individus plus sujets ù cette exaltation : niais, sans (Joute, un cas de folie développé sous ces influences el signalé il > a peu d'années n'est qu'une exception due surtout à la prédisposition. Il faudrait beaucoup d'autres cas pour admettre ici une relation de cause à effet.

Les voies d'élimination du soufre sous forme d'hydrogène sulfuré sont la muqueuse des voies respiratoires et l'enveloppe cutanée. C'est sans doute à cela qu'il doit son action reconnue dans les affections de ces deux systèmes.

Du côté des voies respiratoires, — le fait a été signalé par Claude Bernard, M. Gubler, — les malades auxquels on a administré du soufre exhalent une odeur sulfureuse, et leurs émanations allèrent le brillant de l'argent métallique. Cliniquement, au début de l'emploi des eaux sulfureuses, la toux redouble d'acuité: elle devient plus sèche, plus fatigante. L'expectoration est dans bien des cas augmentée d'une manière remarquable. Ces phénomènes sont d'ailleurs passagers. On entend si- produire autour des cavités, dans les tissus restés longtemps imperméables, des râles lins, signe d'un travail interne.

Du côté de la peau, les glandes sudoripares se chargent de l'élimination du soufre : elles peuvent en

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retenir les principes longtemps après, el les sueurs ont alors une odeur soufrée, même toute médication ayant cessé. Dans les affections cutanées, le traitement par les eaux sulfureuses agit donc intus et extra. C'est ce qui les a de longue date rendues d'un emploi commun dans les maladies de la peau, et c'est aussi ce qui a fait sans doute qu'on avait fixé leur spécialisation à la diathèse herpétique.

Les eaux sulfurées calciques, moins alcalines, plus chargées en principes minôralisateurs que les sulfurées sodiques, offrent moins d'intensité dans les phénomènes qu'elles déterminent ; c'est une médication sulfureuse de même ordre, mais atténuée et qui par conséquent convient mieux dans les formes des maladies où Féréthisme domine. Le dégagement d'hydrogène sulfuré, abondant chez certaines d'entre elles, a servi à des applications spéciales. Certaines sources, appartenant à la famille des chlorurées, se rapprochent des sulfurées el de leurs usages par la présence de ce même gaz. On a même admis à leur propos une classe indépendante, celle des eaux sulfhydriquées, voulant indiquer par là que le principe dominant, celui qui donnait à la médication son caractère, était le gaz sulfhydrique.

Cette médication est représentée au premier chef par les eaux bicarbonatées sodiques. A côté «belles, les

bicarbonatées calciques et magnésiennes, plus spécialement consacrées au traitement des affections lithiques et aux catarrhes des voies urinaires, ont pour ainsi dire une action topique, mais non modificatrice de la cause du sang. C'est parce quelles ont un effet puissant sur la constitution de ce liquide et sur les sécrétions qui tirent de lui leur origine que les eaux bicarbonatées sodiques sont surtout remarquables. La plupart de ces eaux joignent à leurs parties constituantes un excès d'acide carbonique qui leur donne un caractère gazeux. Elles sont en partie thermales, mais un plus grand nombre froides. Elles renferment encore des chlorures, des sulfates, des silicates, quelques-unes de l'arsenic. En France, de même que les principales sources sulfureuses sont groupées autour de la chaîne des Pyrénées, les sources qui représentent le mieux la médication bicarbonatée sodique sont situées sur les divers versants du plateau central. Le gaz acide carbonique qu'elles dégagent est en telle abondance auprès de quelques-unes d'entre elles, qu'on la utilisé pour instituer des méthodes de traitement particulières. Voici la minéralisation des principales, au point de vue de la quantité de bicarbonate qu'elles renferment :

Saint-Nectaire : source du Mont-Cornadore. 2 ,0001 Royat : Grande Source, ou source Eugénie . 1 ,349

Bicarbonate do soude.

Vieil y :

Vais :

Grande-Grille Puits Ghomel Madeleine . . .

Désirée

Le Boulon (Pyr.-Or.)

La médication alcaline représenterait surtout en médecine thermale, d'après M. Durand-Fardel, le mode altérant. Comme telle, elle agirait à peu près silencieusement et ne provoquerait pas ces réactions vives que nous avons vues si communes aux eaux sulfureuses. Son effet serait surtout pathologique. On a également voulu que les alcalins introduits dans l'économie aient une action purement chimique, et, guidés par la théorie, bien des médecins les ont crus indispensables pour cette raison dans des états où l'acidité prédomine. MM. Rabuteau et Boghoss Constant, par des expériences faites sur eux-mêmes, ont démontré que les alcalins sont des modérateurs de la nutrition, Ils diminuent les oxydations, favorisent l'anémie quand ils sont pris à fortes doses ; à petites doses, au contraire, ils n'auraient pas ces inconvénients, les alcalins dans ce cas se transformant dans l'estomac en chlorures. Parvenus dans les sécrétions enfin, on a remarqué qu'ils en augmentaient la réaction quand elle était alcaline, et qu'ils la changeaient dans d'autres cas pour d'acide la faire devenir alcaline. C'est ainsi qu'ils s'opposeraient à la formation des calculs dans les voies biliaires et dans la vessie. Enfin, poussés à l'extrême dans leur administration, les alcalins auraient des inconvénients sérieux. On ne change pas impunément les réactions de toutes les sécrétions, disent MM. Trousseau et Pidoux dans leur Traité. Aussi n'exagère -t-on pas impunément l'emploi de tels agents, car, en le poussant trop loin, on arrive à une véritable cachexie et c'est ce qu'avaient pensé les

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auleurs du Traité de thérapeutique quand ils flrenl dans leur livre le tableau si connu de la cachexie alcaline.

Les phénomènes purement physiologiques qui suivent l'administration des eaux minérales ne sont pas inconnus aux eaux alcalines. Si l'on en croit MM. Pétrequin et Socquet, la circulation capillaire est activée; quant à. la circulation générale, elles ont sur elle un effet primitif d'excitation et un effet secondaire de sêdation. Du côté du système nerveux, les mêmes auteurs signalent un peu d'excitation au début, « semblable aux fumées du vin de Champagne, chez les femmes. » Il se développe vers la fin une exaspération générale du système nerveux : c'est un phénomène de saturation. Ici comme partout, l'action des émonctoires est très-importante à considérer; la diurèse et la sudation sont notablement augmentées : la réaction des urines n'est plus la même; les sédiments briquelôs se dissipent ; il y a une véritable spoliation qui s'opère par cette voie. C'est donc en réalité un phénomène critique, dont le processus change suivant le genre d'eau minérale auquel on a affaire. Nous le verrons, pour les sulfatées sodiques, pour Carlsbad par exemple, avoir pour théâtre le tube intestinal au lieu de l'appareil urinaire ou en même temps que lui ; niais, si la direction imprimée change, le mouvement reste le même dans sa nature, et c'est toujours par un appel aux sécrétions naturelles ou artificielles que se résout le produit morbide, ha substitution ne [laraît pas non plus étrangère clans bien des cas à

l'action des eaux alcalines, et, si l'on en croit le soin avec lequel les praticiens évitent d'en faire usage dans les crises, les exacerbations, la grande loi de Bordeu du retour à l'état aigu trouverait ici souvent sa place. Il n'y a donc pas à donner au mode altérant dans ce cas une signification particulière. Il peut s'exercer de diverses façons, soit par excitation simple, plus ou moins vive, ou plus ou moins sourde, soit par substitution, soit par irritation sécrôtoire. On a considéré également, comme un résultat de l'emploi des alcalins, la fluidification du sang et la fluidili cation de la bile. Le liquide sanguin serait rendu moins coagulable, plus propre à l'endosmose et à l'exosmose. En quoi consiste cette fluidification? C'est ce qu'il serait très-difficile de déterminer. Une partie des sels que les eaux bicarbonatées sodiques renferment sont des sels normalement contenus dans le sérum sanguin. C'est ainsi que par la dessiccation on trouve dans les cendres du sérum des carbonates et de la soude en excès. Sans doute, à leur action sur la composition du sang, les eaux alcalines doivent surtout de s'opposer non-seulement aux manifestations actuelles de certaines dialbèses ou de les dissiper, mais encore d'en prévenir le retour ou d'en éloigner considérableaient les déterminations.

Les eaux bicarbonatées sodiques ont une spécialisation d'effets sur les organes contenus dans la cavité abdominale. Introduites dans l'estomac, elles agissent non pas en neutralisant l'acidité du suc gastrique, niais en provoquant une sécrétion en excès de ce

liquide et on augmentant au contraire son acidité (Cl. Bernard et Blondlol, Gabier); elles sont de ce fui I eupepliques. La physiologie nous apprend que presque toute l'eau alcalisée ingérée traverse le l'oie. Celle-ci est donc aussi cholagoguo. Les autres glandes de l'abdomen en sont également impressionnées.

Cette augmentation des sécrétions de l'estomac a pour premier résultat de raviver les fonctions digestives, et par cela même d'aider àla reconstitution. Cette reconstitution est réelle. Elle doit s'opérer, ou bien dans les premiers jours du traitement, quand les doses sont administrées avec prudence et dune façon modérée, ou bien suivre un traitement bien appliqué et fructueux. M. Zénon Papier a démontré par le procédé deMalassez que le nombre des globules rouges augmentait sensiblement pendant une saisonde Vichy. Quant à la cachexie alcaline dont il a été fait un tableau si effrayant, tableau qui liante encore bien des imaginations, elle n'existe pas ici. S'il est vrai que l'abus des alcalins dans la thérapeutique ordinaire peut produire celte cachexie, que les bestiaux auxquels on donne de fortes quantités de bicarbonate de soude maigrissent à vue d'oral, ce sont là des faits d'expérimentation forcée qui n'ont rien de commun avec la pratique thermale. Il est prouvé qu'à doses égales le bicarbonate de soude, à cause de son mode de dissolution, y est mieux supporté. Il esl prouvé par l'élude du sang que les globules augmentent : enfin les faits cliniques démontent ces craintes, et les Iravaux des médecins exerçant auprès de ces stations et

dont l'attention était mise en éveil par le bruit qui a été fait autour de la théorie de la cachexie alcaline démontrent que, même chez des individus assez imprudents pour forcer démesurément les doses, elle ne se présente pas.

Le bain alcalin est doux, onctueux. Comme les sels l iès-concentrés exercent une action dissociante sur la peau, le bicarbonate de soude, plus dilué dans le bain, dissout l'enduit sébacé qui la recouvre. L'eau alcaliisée a sur les cils vibrants de Fépitliélium une activité remarquable : elle ranime les mouvements de ces petits appendices. L'acide carbonique, dont l'usage en France s'est surtout répandu auprès des slations de cette, classe en inhalation, en bain, en douches, est stupéfiant, après une première action stimulante.

Les trois sels qui prédominent dans les eaux minérales qui constituent cette médication sont le chlorure de sodium, le sulfate de soude et le sulfate de chaux; il j a enfin quelques sources où le sulfate de magnésie esl surtoul abondant. De ces différents sels, le sulfate de chaux, qui a donné son nom aux sulfatées calciques el qui forme le fonds des eaux séléniteuses, lourdes el peu digestibles, agi! d'une manière purement mécanique. Éliminé par le lillre rénal, il précipite avec lui lis dépôts sablonneux, les graviers de petite dimension. Les autres substances (chlorure de sodium, sul-

fate de soude) se môlenl plus intimement aux actions et aux réactions vitales, et les eaux qui les renfer ment interviennent avec plus d'efficacité dans le traitement des diathèses et des engorgements. Beaucoup de ces eaux contiennent à la fois l'un et l'autre sel, sans compter des sels de potassium, de lithine, de magnésie, des iodures, des bromures, du fer, des matières organiques, etc. Certaines de ces substances trouvent leurs équivalents en diverses quantités dans le sérum sanguin. Ce rapprochement n'esl peut-être pas étranger à la puissance avec laquelle elles opèrent la reconstitution de l'organisme, et c'esl ce qui a conduit M. le professeur Gubler à les désigner très-ingénieusement sous le nom de lymphe minérale. Les chlorurées, comme les sulfatées sodiques, ont, des effets antidiathêsiques puissants, et pcuiclre, après avoir amené par l'impulsion qu'elles donnent aux sécrétions la spoliation d'un sérum vicié, peuvent-elles y suppléer parleurs parties similaires.

La médication saline a élé longtemps surloul usitée en Allemagne. Kreusnach, Nauheim, Soden. Wiesbaden, Hombourg, étaient les stations qui la représentaient le mieux. Depuis 1870, les stations françaises n'ont rien à envier à celles d'outre-Rhin et satisfont a toutes les indications. Elles présentent entre elles des écarts de minéralisation énormes qui les ont fait diviser en fortes, moyennes et faibles. Ainsi :

Clilorure de sodium.

Salies contient. 210 grammes pur litre.

Salins (Jura) — 27,121)

Chlorure de sodium.

Salins (Savoie) contient. 10,22 graui. par litre.

Elles s'emploient en bains et en boisson. Les eaux fortement minéralisées ne peuvent être prises en boisson que coupées ; elles sont pour la plupart froides et assez indigestes. Leur action en bain est des plus énergiques. Elles produisent une révulsion intense du côté de la peau, des poussées, des phénomènes d'excitation générale très-vive et qu'il faut avoir soin de modérer et même d'éviter dans plusieurs affections. Les sources de minéralisation moyenne et de minéralisation légère sont mieux tolérées à l'intérieur, et c'est elles qu'on emploie de préférence, surtout quand elles sont chaudes, comme Bourbonne, Balaruc, Salins en Savoie. On rend encore les bains plus actifs par l'addition des eaux mères. L'eau mère est le liquide qui résiste à la cristallisation quand on prépare le sel marin. Après l'évaporation successive, l'eau chlorurée est mise en éhullifion, et il reste un liquide poisseux qui est l'eau mère. On l'avait conseillée à l'intérieur; mais son usage est dangereux et repoussant. On se contente de l'ajouter au bain à la dose de 1 à 20 litres pour un bain entier.

L'eau mère est surtout remarquable par les bromures et les iodures qu'elle confient. Les eaux chlorurées sodiques ont une densité supérieure à celle de l'eau; elles sonl les plus stables des eaux minérales. Plusieurs d'entre elles contiennent de l'acide carbo-

Balaruc

Bonrbonne

Lauiotte

nique en exeès, au point de les rendre gazeuses comme les bicarbonatées.

Le chlorure de .sodium est le sel le plus universellement répandu dans l'organisme. L'urine seule en contient de 4 à 8 grammes par litre. 11 est indispensable à la nourriture de l'homme, accroît la proportion des hématies, en un mol possède toutes les qualités d'un reconstituant de premier ordre. En sus, comme il s'élimine à la fois par les reins et l'intestin, qu'il est diurétique et purgatif et qu'il a d'autant plus ce dernier effet qu'il est pris à plus haute dose, il est en môme temps résolutif, fondant, selon l'expression ancienne, en ce sens qu'il précipite le mouvement de désassimilation et de renouvellement interstitiel.

Le sulfate de soude prédomine dans toute une classe intéressante d'eaux minérales, mieux représentée, à l'étranger qu'en France : c'est le groupe de Bohême, représenté par Carlsbad etMarienbad, qui nous offre les principaux échantillons de cette classe. Il n'y existe pas seul, mais souvent associé à de fortes quantités de chlorure de sodium, de sulfate de chaux, etc. Ce sont en réalité des eaux polymélalliques. On retrouve quelques eaux similaires en France, notamment et en première ligne Brides dans la Savoie, puis Miers dans le Lot, D'autres eaux ont encore le sulfate de soude ou de magnésie en proportion bien plus élevée; mais ces eaux sont de celles qu'on transporte ol non pas dont on fait usage sur place. Pour tenir tête aux plus célèbres de l'étranger, Purina. Birraen-

storf, Sedltiz, Friedrisehal, nous n'avons que li'ean verte de Montmirail-Valqueyras (Yaucluse).

Bains de mer. — La médication chlorurée sodique comprend aussi les bains de mer. L'eau de ta mer renferme des quantités considérables de chlorure de sodium; mais la salure n'en est pas partout la même. Sa température est plus constante e! plus élevée que celle de l'eau douce; elle est animée d'un mouvement incessant ; elle contient, en abondance des détritus de plantes marines; elle laisse dégager des particules Lnn©mbratoles de sel marin que l'atmosphère tient en suspension, de sorte quelle agit à la l'ois, selon la division de Pouget, par sa température;, par sa composition chimique, par sa densité, par le mouvement incessant des (lots, enfin, selon certains auteurs, mais le fait est très-contestable, par l'absorption cutanée de quelques-uns des principes salins qui entrent dans sa composition.

Le traitement marin répond aux mêmes nécessités que le traitement parles eaux chlorurées sodiques. La minéralisation est très-forte (30 grammes environ). Suivant qui' l'on prend les bains quand la mer est tranquille, dans un endroit abrité, ou bien eu dehors île tout abri et en pleine agitation de l'eau, on fail varier les phénomènes de réaction et de calorificalion de la peau. Dans le premier cas, c'est une réaction douce, aidée par le mouvement que l'on fait dans l'eau, qui se montre à la sortie. Suivant les plages ri les climats, cette réaction est plus ou moins prononcée : elle os! plus forte sur les plages situées au nord, comme

sur toul le littoral de La Manche par exemple; aussi ces bains sont-ils plus particulièremenl toniques. Suites bords de la Méditerranée, on a affaire à une eau d'une température plus élevée, contrastanl moins brusquement avec celle de la surface du corps; aussi l'effel csl-il plus calmant el l'usage de ces bains convient-il mieux aux névropathiques en général.

Lorsque la mer est agitée, lorsque les lames qu'elle soulève viennent percuter énergiquementle corps des baigneurs, cette percussion active la circulation périphérique. En même temps, les mouvements que l'on fait pour lutter contre la lame mettent en jeu tous les muscles; il en résulte un exercice salutaire, fortifiant, mais que, en raison de son énergie même, on ne peut conseiller indistinctement à tout le monde. Il peut en effet résulter de là une fatigue, une excitation momentanée trop prononcée, enfin de véritables accès de fièvre. Ces bains à la lame doivent donc être employés avec ménagement. Gaudet les faisait précéder de bains d'eau de mer chauffés à température décroissante durant quelques jours. Ceux-ci ont les mômes avantages, mais plus atténués, que les bains à la lame.

La France compte sur ses trois mers un nombre très-grand de stations marines. Ces stations sont échelonnées le long des côtes de la Manche, de l'Océan cl de la Méditerranée; elles diffèrcnl parle climat, la température de l'eau, la direction des vents, le plus ou moins de calme de l'air. On ne vient pas seulemenl aux bains de mer pour profiter de la balnéation ;

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mais les circonstances accessoires aident et complètent la médication marine. Le séjour seul, grâce au déplacement, aux émanations que Ton respire, à la brise des côtes, a quelque chose d'hygiénique et de reconstituant. Il sera surtout profitable aux enfants lymphatiques, aux gens affaiblis, mais pourra ne pas être favorable dans les cas où il existe une maladie de poitrine confirmée. Cette contre-indication est d'ailleurs subordonnée à des questions de latitude. On n'éloigne les phthisiques que des villes où l'on craint pour eux le renouvellement trop rapide et trop vif de l'air. Une bonne partie des villes qui leur sont affectées comme résidence d'hiver sont par contre situées sur les bords mêmes de la mer. dans des sites suffisamment protégés.

Indépendamment des maladies et des étals divers, névroses, anémie, eblorose, affaiblissement constitutionnel général, mauvais état des fonctions digestives, etc., etc., que l'on améliore par les bains de mer, il est une de leurs indications qui prime toutes les autres. La thérapeutique du lymphatisme et de la scrofule dans l'enfance et la première adolescence est tout spécialement de leur ressort. Peu de moyens produisent des transformations plus complètes et mieux reconnues aujourd'hui; aussi est-on de plus en plus disposé à faire profiter de ce séjour les enfants qui s'étiolent dans les villes, et étend-on les bienfaits de cette médication aux petits scrofuleux pauvres, pour lesquels on fonde et on multiplie les asiles.

MÉDICATION l EMtl GIM:i SK.

Quantité d'eaux minérales contiennent du fer, mais on ne classe parmi les eaux ferrugineuses que celles où ce corps ne se Irouve pas mélangé à d'antres principes importants et devient ainsi prépondérant. Les eaux ferrugineuses sont les plus nombreuses el les plus répandues. On en trouve pour ainsi dire à tous les pas; mais toutes les sources ne méritent pas une égale attention. Suivant que le métal est combiné avec les acides carbonique, erénique ou sulfurique, on les divise en carbonatées, crênatées et sulfatées. Leurs qualités changent d'ailleurs dans ces diverses classes.

Les eaux carbonatées renferment en plus ou moins grande quantité de l'acide carbonique libre, ce qui leur donne une saveur piquante et les rend d'une facile cligestibilité. Le gaz aide-t-il àl'absorplion du fer et le rend-il plus actif dans l'organisme, ainsi qu'où Ta prétendu? Les sels dissous dans l'eau acquièrent plus d'activité quand mi leur ajoute de l'acide, carbonique. Les eaux crênatées sont également gazeuses: elles doivent leur caractère, à, l'acide erénique, qui es! un acide organique assez semblable à l'acide ulmiquede l'ulmus. Enfin les eaux sulfatées non gazeuses sont par cela même plus lourdes, mais souvent trèsénergiques dans leur action (eaux de Cransac).

Le manganèse, qui est en thérapeutique un succédané du 1er, se trouve fréquemment à côté de lui

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