DES MÉDICATIONS. — DE LA MÉDICATION SULFUREUSE
Les eaux sulfureuses se divisent en sulfurées sodiques et sulfurées calciques, suivant que La base principale est la soude ou la chaux. Les premières, les plus importantes, forment deux groupes géographiques d'inégale valeur : l'un, de beaucoup le plus nombreux, au pied du massif pyrénéen e! sur tout le parcours de la chaîne ; l'autre, moins considérable, dans la région qui avoisine les Alpes duDauphiné et de la Savoie. Quelques rares stations de même ordre sont encore disséminées dans d'autres régions. Elles sont en majorité thermales, quelques-unes froides. Le principe sulfureux s'y trouve sous la forme de
m sulfure de sodium, d'après M. Filhol, el c'étail
L'idée généralemenl aduplée; mais M. Garrigou croit que, suivant les sources, c'esl tantôt sous la forme de sulfhydrate de sulfure, tantôl sous celle do monosulfure ou d'acide sulfhydriquc libre, qu'il se présente.
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Quoi qu'il en soit, toutes ces eaux exhalent à leur point d'émergence une odeur franchement hépatique et sont par là même dès l'abord facilement reconnais sables. Elles se distinguent encore en ce que le composé sulfureux qui prédomine par son importance thérapeutique et leur donne leur véritable caractère ne s'y trouve qu'en quantité relativement minime eu égard à la proportion îles autres sels dans Les eaux de la plupart des classes olMférentes. On \ trouve également de la silice, du chlorure de sodium, des carbonates et des silicates de soude. Le chlorure de sodium s'y rencontre parfois en proportions supérieures à celles du soufre lui-même. Le soufre est dosé au moyen de la méthode sulflndrométrique , procédé très-simple, que l'on doil à Dupasquier. Si l'on met en contact une dissolution alcoolique d'iode avec une eau sulfureuse à laquelle on a préalablement ajouté un peu d'amidon, tant que l'iode n'aura pas entièrement décomposé le principe sulfureux, il n'en lestera aucune portion libre, et la couleur bleue n'apparaîtra pas, ou bien clic disparaîtra rapidèmenl pai' l'agitation du liquide ; elle se montrera subitemenl au contraire el persistera aussitôt que la dernière trace du composé sulfureux aura disparu (Pelouze). Gela posé, comme un équivalent d'iode en déplace un de soufre, il suffira de connaître la quantité d'iode et d'avoir pour cela une liqueur titrée. Voici la quantité de sulfure constatée dans les principales sources :
Clialles 0,2950 ( 0. Henry).
Luchon
Bordeu 0,0777 (Filliol).
, Heine 0,0308 (id.).
Alarlioz 0,007 (Bonj.-an).
Cadéac 0,0730 (Filhol).
Barèges : Tambour .. . 0,0404 (id.).
Eaux-Bonnes : Source-Vieille 0,0211) (id.).
I César 0,0231 (Duhourcau).
Cauterets: ( La RaiUière 0,01695 (id.).
Guaguo. Corse 0/106
Mais celle quantité n'est qu'un des éléments d'appréciation pour juger de la valeur et de l'activité de ces sources. Ce n'est pas en effet du principe sulfureux en tant que dose qu'il faut s'occuper ici, mais surloul de son étal de conservation au moment de son emploi thérapeutique; or les sulfurées sodiques sont plus ou moins facilement décomposablcs, et ce sont en toul cas les plus instables de foutes les eaux minérales. Plusieurs de ces sources sont aussi dégénérées dès leur origine, et le soufre s'y décompose en sulfates sulfites et liyposulfites. Elles sont alors beaucoup moins excitantes, hyposthènisantes dans une foule de cas et trouvent des applications spéciales qui ne participent pas des indications habituelles de la médication sulfureuse. C'est à des stations de celle espèce que l'on voit traiter avec succès certains accidents de la goutte (La Preste), les maladies de la vessie (Moligt), les névropathies.
C'est donc un l'ail reconnu que le degré d'excitation n'est jias en rapport avec la quantité de sulfure: qu'il peut être sous la dépendance d'autres causes dont plusieurs nous échappent, mais donl la principale esl
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le pins ou moins d'altérabilité de l'eau ; enfin qu'il existe, sur les limites de cette classe des sulfurées sodiques, toute une catégorie de sources dégénérées qui ne participent pas aux propriétés énergiques des sources principales et ont la plupart du temps des propriétés contraires. Certaines sources de Luchon et d'Ax perdent encore leurs propriétés excitantes par suite d'un phénomène particulier qui a reçu le nom de blanchiment. Ce blanchiment , qui communique aux eaux qui y sont sujettes un aspect trouble surtout à Luchon, tandis qu'elles sont simplement bleues poulies sources d'Ax et louches à Cadéac, est dû à l'action de l'air sur l'eau minérale dans un espace limité. 11 consiste dans la précipitation du soufre en nature dans l'eau du bain.
Les bains d'eau blanchie jouissent d'une action calmante qui les rend précieux à côté d'autres sources qui amènent de vives réactions.
Depuis Bordeu, les eaux minérales sulfureuses ont toujours été considérées comme excitantes. Le simple examen de ce qui se passe pendant leur administration suffit à le démontrer. Nulle part la fièvre thermale n'est plus commune qu'aux eaux sulfureuses. Les crises du côté des organes, les angines, les grippes thermales, une sorte de réaction nerveuse qui faisait comparer par Bordeu leurs effets à ceux du café, tout cela indique une suractivité presque immédiate des principales fonctions, e1 c'est à proprement parler ce que'l'on entend dire par ce mot excitation. On ne jugera donc pas du degré où seni
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portée celle-ci en réalité d'après tel ou loi signe par- 1 nu lier, cl, comme l'a dit esfceBeraniettt M. Lebret à propos des recherches sur l'état du pouls pondant la COTE de Barèges, entre cette excitation el la sédation détinitivo qui doit suivre tout bon résultai du traitement thermal il y a une inconnue qui nous échappe; cette inconnue est ce qui nous importerait le plus a savoir; elle est l'essence môme des modifications produites par l'eau sulfureuse dans rinlimité des tissus.
Le principe sulfureux se décompose dès qu'il est introduit dans les voies digeslives. Il donne do l'acide sulfurique et des sulfates d'un côté, de lïiydrogène sulfure de l'autre.
Les eaux sulfureuses constipent le plus habituellement. Porto à haute dose, le soufre devient purgatif; il peut même congestionner vivement la muqueuse intestinale. Àndrieux avait observé des selles sanguinolentes, au bout de quelques jours, chez des chiens auxquels il administrait de l'Eau-Bonne.
Il était admis que la circulation était activée, que le pouls augmentait de fréquence. En effet, la lièvre seule paraissait l'indiquer; c'est également par ce surcroît d'impulsion donné au mouvement circulatoire (Jlie l'on expliquai! le danger reconnu qu'offre l'usage des eaux sulfureuses dans les maladies du cœur. Cependant quel, pies observateurs. Gerdy. M. Lambron, M. Armioux, par des relevés nombreux, ont cherohé à montrer qu'il n'en était rien. que. d'une manière générale, le pouls diminuai! plutôt, ainsi que la température: que Fini el l'autre étaient plus élevés au