‹ Manuel pratique de médecine thermaleChapitre 8 sur 49 · MÉDICATION PAR LES BAUX INDÉTERMINÉES · texte numérisé non relu

MÉDICATION PAR LES BAUX INDÉTERMINÉES

majorité thermales, et c'est aux applications variées de la température cpie l'on doit rapporter la majeure partie de leurs effets. Quelques-unes, comme Evian, ne permettent aucune explication satisfaisante de leurs effets tirée de leur composition. Cependant on les \ oit produire de bons résultats, soit en boisson, soit en bains. Dans ce dernier cas, la quantité de liquide ingéré aide à la diurèse et produit un lavage <les organes de l'uropoièse plus efficacement que l'eau ordinaire; elles sont aussi d'une plus facile digestibilité. Les faits cliniques acquis, ceux qui se présentent encore tous les jours servent de preuves suffisantes. On ne retrouve ici aucun des phénomènes de l'excitation observés à divers degrés dans l'emploi des eaux riches en principes minéraux. Tantôt l'effet esl sédatif, abstraction faite de la température et de ses finalités excitantes : c'est ainsi que les bains usités dans ces stations sont particulièrement favorables aux névropathes et en général à tous les malades chez lesquels la sédation est indiquée; tantôt elles ont un pouvoir révulsif et tonique général qui s'exerce sut la peau et sur l'ensemble de la constitution, que l'on modifie selon la durée, le degré de chaleur et qui n'a rien ou presque rien d'emprunté aux éléments rninéralisateurs; mais il existe dans plusieurs de ces sources des principes, tels .pie l'arsenic, la lithine, qui, quoiqu'à petites doses, servent sans doute à rendre leur action plus complexe. Maintenant qu'il est démontré par les recherches à l'aide du spectroscope que bien d'autres métaux encore se mélangent

auj précédents dans la constitution d'une fouie d'eaux, le problème devient encore plus compliqué, mais non au point que les quantités infinitésimales que Ton trouve aient une influence assez grande pour changer totalement La manière d'interpréter Les résultats. Ceux-ci doivent toujours être considérés comme dus à peu près entièrement à des agents bien définis : température, quantité de l'eau ingérée, procédés de balnéalion, circonstances adjuvantes de climats, de déplacements, d'une foule de causes hygiéniques qui interviennent utilement dans La thérapeutique des maladies chroniques. Les installations dans beaucoup de ces villes d'eaux sont poussé.- a un rare point île perfection, ce qui contribue encore plus que tout le reste à les rendre utiles. On ne peut cependant pas tout à fait perdre de vue les nouvelles données acquises sur leur composition; mais jusqua nouvel ordre celles-là seules qui renferment soit de l'arsenic soit de la Lithine peuvent mériter une place à part. Ces deux corps peuvent servir à classer plus spécialement des eaux par ailleurs rattachées aux indéterminées, telles que le Mont-Dore et Plombières; ils peuvent coexister dans des sources déjà nettement minéralisées par d'autres principes, et sans admettre une médication dont tous les principaux traits se rattachent soit à l'un, soit a 1 autre, on peut cependant, dans l'étal actuel de la science, assigner une place à part aux eaux arsén.quees el aux eaux lithinées.

EAUX ARSÉNIQUÉES

EAUX AltSÉXlQUÉES.

1 /arsenic, qui se trouve, ainsi que nous l'avons vu plus haut, dans quelques eaux minérales à closes quelquefois presque aussi élevées que dans la posologie ordinaire puisque la source Choussy-Perrière à La Bonrïwule en contient plus de 28ram par litre, imprime à quelques médications une allure à part et sert à élargir le champ de leurs ressources. Ce médicament semble à proportions égales moins exposer à des accidents toxiques quand il est contenu dans une eau minérale que dans une préparation pharmaceutique; cependant une observation dans laquelle il y aurait eu des phénomènes d'intoxication par les eaux du Mont-Dore a été publiée il y a peu de temps, mais elle n'a pas été trouvée trcs-concluanLe. L'arsenic a été utilisé en médecine thermale de la même façon e! pour les mêmes cas qu'il l'étail déjà en thérapeutique, c'est-à-dire contre les manifestations de la diathèse herpétique, que Bazin le déclare spécialement propre à combattre, et contre les alections des voies respiratoires. Ses usages découlent il'' ses propriétés physiologiques, bien étudiées aujourd'hui. Ou sait que l'arsenic es! antipyrétique, que c'esl un médicamenl antidéperditeur, un médicament d'épargne. Il diminue la quantité de l'urée et do l'acide carbonique (Rahiiteau) ; une partie s'élimine par la peau, les reins, les muqueuses; l'autre partie subil dans la profondeur dès l issus des méta-

morphoses et dos localisations à peine étudiées. Il donne lien à la production d'éruptions cutanées, éruptions que Ton retrouve à la suite de l'usage des sources de La Bourboule (Vérité). A dose toxique, il détruit les globules sanguins, l'engraissement qui suit son emploi à doses croissantes s'explique par la faculté qu'il a de s'opposer au mouvement de désassimilation. De même, il prévient la fatigue musculaire, rend la respiration plus large, plus ample, en empêchant toujours, par le même mécanisme, les muscles de la poitrine d'épuiser trop vite leur conlractilité.

EAUX LITHINÉES.

La lifhinc s'ajoute comme élément important à certaines eaux. Il est encore difficile de savoir quel rôle elle y .joue exactement; mais on a une tendance à la regarder comme pouvant, aider avec succès au traitement des affections arthritiques : Userait malgré tout prématuré de vouloir créer une classe d'ean\ lithinées. Un très-intéressanl travail de M. le Dr Boucomont nous donne, d'après M. Truchot, le tableau des proportions dans lesquelles le chlorure de lithium se trouve contenu dans les principales eaux d'Auvergne :

Mont-Dore

Clernionl , source de Jaude

Lo Bourboule

Saint-Nectaire

8 muligr.

EAUX BROMO-IODURÉES

KM

Cbâtel-Guyon Châteauneuf . Itoyat

li.j

CMteatineuf cl Royal; sont donc les deux sources les plus lithinées de France. En Allemagne, Baden- Baden a 30 millig. de chlorure et Kilausen et Ssliacs 38 millig. à L'état de carbonate. L'affinité extrême de L'acide urique pour la lithine a donné la première idée de son emploi contre la diathèse urique. Cette médication a été surtout préconisée par Garrod ; Andrew lire et Bin ont attribué à la lithine les propriétés li'thontriptiques de certaines eaux.

Pétrequin et Soequel avaient également proposé une division à part pour les eaux qui contiennent du brome et de l'iode. Les propriétés médicales de l'iode seul paraissaient justifier celte division; mais Bazin, qui l'avait d'abord adoptée, avait plus tard joint ces eaux dans un même cadre aux chlorurées sodiques. En effet, ce n'est que dans de très-rares sources et tout à fait par exception que lïode peut être considéré comme le principe véritablement dominant .

EAUX BROMO-IODURÉES.

Page 1