CHAPITRE IV
Boatnrage.
Le bouturage est le procédé le plus anciennement et le plus généralement usité pour la multiplication de la vigne ; il est considéré par la majorité des viticulteurs comme si supérieur à tous les autres, dans la pratique usuelle, que certaines variétés sont rejetées par eux parce
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qu'elles ne se prêtent pas bien à son application. Il joint en efifet, à une grande simplicité d'exécution, la propriété que possèdent tous les systèmes par segmentation d'assurer aussi bien que possible la perpétuation des caractères de l'individu dont la bouture a été détachée, et quelquefois même des nuances qui distinguent un sarment d'un autre appartenant au même pied. Les seules différences qui peuvent s'établir entre le pied-mère et ses descendants résultent de la variété des milieux et ne se traduisent, en définitive, que par des degrés'dans le développement et la vigueur, mais n'altèrent en rien les propriétés fondamentales du type originel, telles que la résistance au Phylloxéra, le goût du fruit, etc.
La facilité avec laquelle nos anciens cépages issus de la V. Vinifera se multiplient de bouture avait beaucoup contribué à la généralisation de l'emploi de ce procédé en Europe; depuis qu'on a dû l'appliquer aux vignes Américaines, on a reconnu que certaines d'entre elles offraient une résistance considérable à la reprise par ce moyen ; mais ces difficultés, loin de faire abandonner ce mode de multiplication, auquel on était habitué, ont poussé seulement les viticulteurs méridionaux à une étude plus complète des moyens d'en assurer le succès.
Le bouturage de la vigne tend habituellement à provoquer le développement, sur un fragment de sarment, des racines qui lui manquent. Ces racines sont produites par l'évolution souterraine de bourgeons latents qui, dans l'air, eussent donné naissance à des sarments, ou par des renflements cellulaires provenant des couches génératrices du bois, qui s'organisent et s'allongent bientôt comme les autres. Tout l'art du viticulteur consistera donc, après avoir choisi les boutures les plus convenaUes à la production de bons sujets, à les placer dans les conditions les plus propres à assurer le bon et prompt développement des racines. Nous allons étudier successivement les points suivants, qui se rattachent à ce mode de multiplication : i^ choix des sarments destinés à faire les boutures, soins à leur donner pour la conservation et le transport ; 2® type de bouture à adopter ; 3o moyens d'assurer l'enracinement ; 40 époque du bouturage ; 5** choix du milieu le plus convenablç (mise en place directe ou en pépinière).
1® Choix des boutures; soins a leur donner
POUR LA conservation ET LE TRANSPORT.
A. Choix des boutures. — Les sarments destinés au bouturage ne devront être coupés