‹ Manuel pratique de viticulture pour la reconstitution des vignobles (volume 2)Chapitre 5 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Description et Ëtude des espèces et variétés.

Les cépages cultivés en Amérique ne dérivent pas, comme ceux deTancien Monde, d'un type unique (la V. Vinifera) ; ils proviennent d'espèces botaniques diverses, possédant des caractères bien tranchés et imprimant à leurs variétés des propriétés distinctes. Sans entreprendre ici la description de toutes les formes actuellement connues, dont la plupart n'offrent qu'un intérêt purement botanique, nous étudierons du moins celles qui ont donné lieu à des cépages présentant quelque valeur pratique, et nous examinerons leurs variétés les plus importantes.

1* Description des espèces.

Les espèces qui sont digaes de fixer Tattention du viticulteur praticien sont les suivantes : 1^ La V. iEsTivALis ; 2Ma V. Riparia ; 3» la V. RupESTRis ; 4"* la V. Labrusga.

i4. V. ^stivalis. — LaV.-^sxivALis est caractérisée de la manière suivante : Plante de vi- ' gueur variable, généralement moyenne. Sarments grimpants, gros et longs. Vrilles discontinues. Bourgeonnement rouge carmin vif.

Débourrement et floraison à peu près simultanés avec ceux de nos vignes indigènes. Feuil-^ les quelquefois entières, le plus souvent à lobes plus ou moins marqués, un peu épaisses. Les jeunes s'ouvrent à plat dès leur naissance ; elles sont toujours couvertes sur leurs deux faces d'un duvet assez épais ; les adultes, à peu près sans duvet au-dessus, portent en dessous, sur les nervures et les sous-nervures, des poils tantôt un peu raides, tantôt floconneux, disposés en petites toufifes plus ou moins denses ou clairsemées. Grappes kpetits grains, presque toujours pruinés, sans goût particulier. Graines moyennes, au nombre de 2 à 3, arrondies au sommet, à bec court et obtus. Chalaze circulaire, saillante. Raphé proéminent.

B. V. Riparia. — La V. Riparu est une plante généralement un peu grêle, atteignant un grand développement ; très-étalée.

Sarments grimpants, longs, le plus souvent grêles, à mérithalles allongés, tantôt glabres, tantôt légèrement velus (aux extrémités tout au moins), à ramifications nombreuses, Fn7/e^ discontinues. Débourrement Qi floraison très-hâtifs, par suite exposée aux gelées du printemps. Feuilles {jeunes) pliées en gouttière assez longtemps, quelquefois un peu velues; — {adultes) en cœur, glabres des deux côtés ou avec quelques poils raides et clairsemés, sur les nervures seulement, en dessous :fr^^^ : grappe généralement peu volumineuse, à grains petits, à pulpe fondante ; sav^r particulière moins accentuée que chez les V. Labrusca. Graines à Chalaze peu saillante, allongée, se confondant avec le Raphé, qui se perd bientôt dans la dépression médiane,

C. V. Rupestris. — La V. Rupestris est une joZant^ moyennement vigoureuse, buissonnan'e- Sarments semi-érigés, moyennement longs, à mérithalles courts; ramifications assez nombreuses. Vrilles discontinues. Feuilles (jeunes) comme vernies à la face supérieure ; — [adultes) petites, entières, cordif ormes ou orbiculaires, aussi ou plus larges que longues, repliées en

gouttière, d*un vert glauque, complètement glabres. Grappes petites, à grains petits, d'un noir bleuâtre, sans goût particulier ; Graine petite, ressemblant assez à celle de la V. Riparia, mais avec la Chalaze et le Raphé moins apparents.

/). V. Labmsca. — La V. Labrusca est une Plante habituellement de moyenne vigtieur, montant pourtant parfois feçps-h'înt. Sarment^* gros et longs, grimpants ou r 4s. Vrilles continues. Bourgeonnement rosé\ 'F<}^^les revêtues en dessous dlun duvet serré, prenant parfois l'aspect Un peu métallique. Grappe plus ou moins grande, àgramsgros, ronds ou ovales, à pulpe coriace et h goût foxé ; neau épaisse ordinairt>rn'"'nt; maturité généralement précoce. Graines vo.aui'iioiioO;}. Chalaze et Raphé non apparents.

Afin, du reste, de faciliter la détermination (les espèces que ijoas venons de décrire et de permettre de les di v.Inguer, soit de nos vignes indi nés, soit de quelques autres types Amé- ^ ricaii. accidentelle.nent introduits dans nos cultures, nous avons établi la clé analytique cijointe, qui sera suffisante dans la plupart des cas.

DESaRIPTIO.V DES ESPÈCES.

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