ÉPOQUE DU PR0V1GNAGE
de faire naître des bourrelets cicatriciels dont plusieurs deviennent, par la suite, des racines. Les arrosages et les paillis, qui maintiennent le sol dans des conditions de fraîcheur utiles à une bonne végétation, aident également beaucoup à la réussite de l'opération.
3° Époque la plus favorable au provignage.
L'époque qui paraît la plus convenable pour l'exécution des provins avec les sarments aoûtés est celle qui succède à peu près immédiatement à la chute des feuilles. Le sarment se prépare alors, par une sorte de stratification, à émettre promptement des racines, dès la reprise de la végétation. On doit pourtant faire une exception pour les terres très humides en hiver, dans lesquelles les bourgeons risqueraient de s'altérer.
Lorsqu'on fait usage de rameaux herbacés, on doit les enterrer dès qu'ils ne sont plus trop cassants pour être courbés sans danger de se rompre : les tissus semblent, en effet, d'autant plus aptes à émettre des racines qu'ils sont plus tendres.
En résumé, comme on a pu le voir par ce qui précède, leprovignage est un procédé d'une
exécution plus compliquée et généralement moins économique, au point de vue de la bonne utilisation des bois, que le bouturage, ce qui justifie la répugnance qu'éprouvent les viticulteurs à le substituer à ce dernier. Il peut rendre néanmoins de grands services, grâce à la constance des résultats qu'il fournit, même pour les variétés les plus difficiles à enraciner, et il mérite, à ce titre, de fixer sérieusement l'attention des praticiens.