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ÉTABLISSEMENT DES PLANCHES

B. Dimensions des planches. — Au point de vue de la destruction des insectes, les plus grandes planches sont les meilleures : en effet, l'étendue des bourrelets y est proportionnellement moins considérable, par rapport à la surface, que dans les petites ; or, les racines qui pénètrent sous les bourrelets sont rarement bien purgées d'insectes, et elles constituent en été un foyer d'infection dont il importe de diminuer le plus possible le développement. Mais il est généralement impossible, en pratique, de pousser l'application de ce principe jusqu'à ses dernières conséquences, qui seraient de ne faire qu'une seule planche de toule la vigne à submerger. Les raisons qui s'y opposent le plus souvent sont : 1° le manque d'horizontalité du sol, qui oblige à diviser la pente en plusieurs sections pour éviter la construction de bourrelets trop élevés; 2° l'impossibilité de disposer à la fois d'un volume d'eau suffisant pour les remplir ; 3° le danger qu'offre le choc, sur les berges, des vagues que soulève le vent sur les planches d'une grande surface ; 4° enfin, la crainte de l'inconvénient qui résulterait, pour toute la submersion, de la fondation d'une brèche accidentelle dans l'unique enceinte des levées. En somme, les dimensions qui paraissent les meilleures, quand on peut les

réaliser, sont celles qui renferment de 3 à 10 hectares.

On doit avoir soin de disposer les planches de manière à ce que le trop plein des plus hautes s'écoule dans les autres ; on établit à cet effet de petits déversoirs en maçonnerie ou tout simplement en bois ; mais il est bon, en outre, que chacune puisse recevoir l'eau d'une manière indépendante par un canal spécial. Enfin, il est nécessaire de ménager des fossés d'écoulement et des vannes de décharge qui permettent un égouttement facile après l'opération.

C. Eourrelets. — Les bourrelets doivent être construits en prisme à section trapézoïdale, avec des pentes de 45 e ; c'est la forme qui leur assure la plus grande solidité, les moindres chances d'éboulement, et qui permet le mieux de passer dessus pour circuler dans la vigne pendant la submersion. La largeur de la petite base dépend de la poussée que doit subir l'ouvrage, c'est-à-dire de la profondeur de l'eau qu'il a à retenir ; elle varie généralement entre m ,50 (pour des hauteurs de m ,50 et au-dessous) à l m (pour celles de ra ,50 à l"). Lorsque Ton établit de très grandes planches, on peut faire, au lieu de petits bourrelets comme ceux que nous venons d'indiquer, de véritables chaus-

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sées susceptibles de donner passage aux tombereaux de vendange et de fumier.

On a rarement intérêt à faire des levées de plus de l m de haut : au delà de cette limite, les souches risquent de disparaître complètement sous l'eau, ce qui peut être dangereux ; les bourrelets doivent, dans tous les cas, assurer le maintien d'une couche d'eau de m ,25 d'épaisseur, et la dépasser de m ,15 à m 20, pour arrêter les vagues que soulève quelquefois le vent. Il faut enfin donner à ces ouvrages, en les construisant, 1 p. •/© de hauteur en plus que les dimensions définitives, pour compenser l'effet du tassement.

L'établissement des bourrelets doit avoir lieu avant la plantation, afin de ne pas risquer de nuire aux jeunes vignes et de laisser le temps aux terres de se rasseoir avant l'arrivée des eaux ; mais on ne doit y procéder que lorsque les travaux de nivellement et de défoncement sont effectués. Les terres nécessaires à leur édification peuvent être prises sur place, de part et d'autre de la surface qu'ils doivent occuper, mais surtout en aval, où Ton a intérêt à baisser un peu plus le niveau qu'en amont.

Il est utile de consolider les bourrelets contre l'action érosive des eaux, enlesengazonnant ; mais on doit éviter de les recouvrir avec des

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plâfctes qui risqueraient de salir ensuite les vignes par leurs graines ou les traces de leurs racines ; celle qui paraît la meilleure pour cet objet est le trèfle rampant (T. repens), qui peut passer sans grand inconvénient d'une grande humidité à un degré de sécheresse assez considérable ; de plus, par suite de la disposition traînante de ses tiges, dont les nœuds s'enracinent au contact du sol, elle forme sur le terrain un feutrage serré et résistant. Dans les endroits très exposés aux vents et dans les grandes planches, il est en outre prudent, pendant la durée de la submersion, de matelasser avec des fascines, des sarments ou des roseaux retenus par un fil de fer, les parties des berges que les vagues viennent battre.

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