‹ Manuel pratique de vocation [microforme]Chapitre 11 sur 95 · Dès le jeune âge, on devrait donner à nos petits · texte numérisé non relu

Dès le jeune âge, on devrait donner à nos petits

garçons et petites filles, une plus saisissante idée

On

de Dieu, de l’âme, de l’éternité. On devrait leur faire comprendre ‘ l’unum necessarium ”.

seule chose nécessaire, le salut, On devrait leur donner coûte que coûte, l’amour de la vertu et du devoir ; on devrait leur apprendre à suivre leur conscience, même au prix de généreux sacrifices.

—VIL. La meilleure bonne dis o8ition à l'étude de la vocation : L’indifférence de la volonté.

1. En quoi consiste-t-elle ? Quand on parle d’indiftérence, on n’entend pas cette insouciance d'âme qui ne prend aucun intérêt à la question posée. Élle serait plutôt le fait d’un esprit léger. On n'entend pas non plus cette disposition intérieure consiste à n’éprouver aucun penchant de pré-

érence à un autre: elle n’est pas toujours possible.

Cette indifférence consiste dans la dispositicn de la volonté à embrasser l’état de vie que Dieu nous a marqué. C’est donc une humble soumission aux décrets de la divine Providence, quels qu’ils soient. Si vous entrez en retraite pour chercher votre voie, vous ne devez pas dire: ‘ Quoi qu’il puisse m'en coûter, je veux absolument aller en religion. ?? ous ne direz pas non plus : ‘ La vie religieuse n’est point mon affaire ; j'ai trop d’attaches qui me retien-

avant tout examen, vous devez être dans la disposition suivante. ‘‘ En commençant cette étude, cette retraite, je m'en remets complètement à la volonté de Dieu, telle qu’elle me sera manifestée. Si je dois renoncer à mes désirs de vie religieuse, je suis prêt à rester dans le monde, car à aucun prix je ne veux prendre d’assaut une place qui ne serait pas faite pou: moi,

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Si, au contraire, j'apprends que ma vocation à la vie ou ou à la prêtrise est sérieuse, et que je dois la suivre, rien ne m’arrêtera : je renoncerai à la poursuite des richesses, je romprai mes liens, je foulerai aux pieds tous les plaisirs : je livrerai tout mon être dans les mains du bon Dieu.”

2. Cette indifférence de la volonté est-elle bien nécessaire, au moment de décider sa vocaion ?

Oui, car lorsqu'il s’agit d’un état, faire un bon choix n’est aut° <hose que se décider à embrasser le genre de vie auqu:! Dieu ‘ui-même nous appelle. En effet ce qui nous aide le plus à atteindre notre fin dernière, ce n’est pas précisément l’état considéré en luimême, mais la convenance de l’état avec nos dispositions et avec les vues de la Providence. Ainsi, l’état le plus désirable, le meilleur pour chacun en particulier, est celui qui est le plus en harmonie avec ses aptitudes, ses dispositions, les grâces reçues, et celles qu’il espère de la bus divine ; en un mot, c’est l’état voulu de Dieu. Pour un très grand nombre, les conseils évangéliques ont été le chemin du ciel, et pour telle personne ils pourraient bien être une voie périlleuse. Plusieurs ont trouvé leur perte en vivant dans le monde, tandis que la simple voie des préceptes a été pour d’autres que Dieu y voulait la source d’une grande sainteté. La volonté de Dieu est donc le point capital dans cette question de la vocation à un état de vie. Or, si l’on a pas cette indifférence de volonté, l’on risque fort de ne pas comprendre la voix de Dieu nous manifestant ses desseins sur nous. Voyez cet homme, il regarde les objets qui l'entourent au moyen d’un verre coloré ; croyez-vous qu'ils les aperçoive tels qu’ils sont en réalité ? non, jamais ; le verre qu’il a devant les yeux leur prête à tous sa couleur naturelle, Ainsi vous-même, si vous ne voyez pas tous les états d’un oeil indifférent—dans le sens expliqué—si vous avez déjà vos projets arrêtés, vous parviendrez diffici-

lement à connaître le genre de vie où le ciel vous appelle. Les idées et sentiments réCONÇUS vous suggéreront mille prétextes qui justifieront à vos yeux la pente de votre coeur, et sans même vous en apercevoir, vous prendrez votre volonté pour celle du

Ceux-là done se trompent qui commencent par se déterminer à tel état, par exemple, au mariage, et forment ensuite la résolution de servir Dieu le mieux possible, C’est là renverser l’ordre. Il faut d’abord nous proposer pour fin le service de Dieu et notre salut ; ensuite, en vue de cette fin, choisir tel ou tel état, et ne nous déterminer dans ce choix que par le motif d’arriver plus sûrement à notre fin.

St-Alphonse parle dans le même sens : ‘‘ Celui, dit-il, qui prie Dieu de l’éclairer sur le choix d’un état de vie, sans être dans cette indifférence, et qui, au lieu de se conformer à la volonté de Dieu demande plutôt que Dieu se corforme à la sienne, ressemble à un pilote, qui feint de vouloir, mais qui en réalité ne veut

S que son vaisseau avance ; il commence par jeter ’ancre à la mer, et ensuite il tend les voiles. Le Seigneur ne communique pas sa lumière aux personnes ainsi disposées. Si, au contraire, vous le suppliez avec une généreuse indifférence et avec la résolution de suivre sa volonté, il vous fera connaître clairement l’état qui est le meilleur pour vous.”?

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