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Comment parvenir à cette indifférence

1. Pour un certain nombre, la chose sera acile, car ils peuvent présenter leur esprit à Dieu, comme un papier blanc, sur lequel le

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ment ce qui est de son bon plaisir. Je veux dire qu’il n’y a dans leur esprit, ni imagination, ni fixation. Dans le calme de l’esprit et du Coeur, ils pourront dire à Dieu : ‘ Mon coeur est prêt, Seigneur, à exécuter toutes vos adorables volontés.”

2. Mais se présenter à Dieu sane idée préconçue n’est pas toujours possible, Beaucoup, au moment de la délibération, ont déjà des préférences pour quelque état . Il est difficile de parvenir à sa vingtième année,

ar exemple, sans avoir jamais désiré ou repoussé ’une ou l’autre vocation. Que faire alors ? Quand vient le moment du choix définitif, quand le temps d’entrer dans un Séminaire, dans un ordre religieux ou dans le mariage est arrivé ; en un mot, à l’époque où il faut arrêter quelque chose, et s'occuper immédiatement d’une décision irrévocable, on doit, par des considérations et réflexions d’un ordre purement surnaturel, aidé de la prière et de l'énergie de Caractère, se mettre dans la plus grande indifférence possible sur les desseins de Dieu envers nous ; de telle sorte que, tout en ayant ses préférences intimes, ses désirs, même ses désirs les plus ardents, l’on consente à tout ce que Dieu demandera de nous, quand même ce serait le renversement de toutes nos espérances.

Afin de se maintenir dans un parfait équilibre de volonté, que l’on se prémunisse surtout contre l’influence qui pourrait exercer un attachement aveugle, ou trop vif aux biens de la terre, aux commodités de la vie, aux agréments et aux biens de la famille. Que l’on fasse abstraction, Pour quelques heures, de sa naissance, de sa fortune, de ses parents, de ses amis, de ses talents, de ses succès ; je dirai même, de ses passions, de ses vices, de ses faiblesses, de ses infrmités, de ses penchants et de ses fautes ; non point qu’il faille considérer tout cela comme désormais nonavenu (car le moment viendra où l’on devra sérieusement s’en occuper) mais parce qu’il est nécessaire de

ne point se laisser dominer par ces affections et par ces souvenirs qui empêcheraient cette parfaite soumission à la volonté divine ; point de départ de toute délibération chrétienne sur le choix d’un état. Cette disposition de la volonté est la cheville ouvrière, la clef de voute de tout bon choix.

Dans cet état, rien ne faisant obstacle aux desseins de Dieu, sa volonté se manifeste avec une facilité étonnante, et sans détruire ordinairement, ce que les circonstances ou l'attrait, préparaient depuis longtemps ; ou si, par extraordinaire, Dieu manifeste à l’âme une toute autre volonté, c’est en lui apportant un calme et une joie qui la font renoncer sans peine à tous ses projets antérieurs, et embrasser avec ardeur et sans répugnance, les nouveaux desseins de Dieu sur elle,

Pour moi, dit le Père Surin, je ne trouve point de voie ordinaire plus sûre que de suivre la douce et pieuse inclination qu’on ressent lorsqu'on se met devant Dieu dans l'indifférence, avec un désir sincère de sa gloire. Quand l’âme s’est mise, le mieux qu’elle a pu, dans cette disposition, elle peut connaître la volonté de Dieu par la pente qu’il lui donne pour quelque état.”’

REMARQUES : I. Mais, dira-t-on, si tout le monde se tenait à une pue délibération, tout le monde embrasserait l'état ecclésiastique ou religieux ; l’état laïque serait abandonné.

1. C’est là une erreur, suite d’une grande méprise. Pour éviter cette erreur, il sufñt de savoir qu’une délibération chrétienne, telle que nous venons de la décrire, ne donne pas une vocation supérieure, mais la manifeste lorsqu'elle existe. Dieu seul est l’auteur de toutes les vocations ; et comme dans les conseils de sa divine sagesse, il n’appelle point tous les fidèles à l’état ecclésiastique ou religieux, il est impossible qu’une délibération chrétienne les déter-

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2. Notre-Seigneur lui-même prévient cette erreur, lorsqu'il dit dans son exhortation à la continence perpétuelle : ‘ Tous ne comprennent pas cette parole mais ceux-là seulement Le en ont reçu l'intelligence ”” . (Mt. 19, 11.). Et comme de fait, la simple voie des préceptes est la plus ordinaire, Dieu ne donne pas à tous l'intelligence pratique des conseils. Toute vocation véritable a son origine au ciel, comme tout don ait vient d'en haut, descendant ère des lumières, (1. 17.)

Une sage délibération nous aide à son Mia t à exécuter les desseins de Dieu sur nous, mais jamais ne nous donne la vocation elle-même. D'ailleurs il nous est impossible de suivre la voie des conseils, sans le secours d’en haut ; ur le vouloir d’une manière effiesce, il me faut une umière surnaturelle, qui m’en fasse apprécier la valeur et les avantages pour moi en particulier ; il me faut une grâce forte, qui me prévienne, me soutienne, et me communi ue le courage d’en venir à l’exécution. C’est Dieu, dit Saint Paul, gui M en nous le vouloir et le faire, (Phil. 2. 13.)

ui nous ne pouvons rien dans l’ordre du salut. (2. cor. 8. 5.).

IT. La grande jeunesse n'est-elle Pas un obstacle a un bon choix ?

Quelques personnes prétendent que le choix d’un état est une déarele si importante, qu’on ne doit s’y résoudre qu’à un âge avancé lorsque le jugement est parfaitement mûr, et après avoir connu par son expérience tout ce qui se passe dans le monde. Mais

8t-Thomas répond que c’est mal raisonner, et en age à tirer cette autre conséquence très légitime : donc, une affaire si importante doit être bien décidée avant toute autre, et devenir la pierre fondamentale de tous les projets que vous formez. $Si vous aviez acquis l’usage de la raison avant l’âge ordinaire, et que vous fussiez capable de bien discerner la fin pour laquelle vous êtes créé, les différentes routes qui peuvent vous y conduire ou vous en éloigner, le saint docteur vous conseillerait d'anticiper le choix de votre état.

Le jeune âge est le plus convenable pour faire un excellent choix. C’est le temps le plus agréable à Dieu, et il promet des grâces particulières à ceux qui choisissent un état le plus tôt qu’ils peuvent. ‘ Ego Sapientia, habito in consilio. Qui mane vigilant ad me, invenient me. (Prov. 8.).‘* Je suis la sagesse, je suis de ceux qui se conduisent avec réflexion.” Ceux

ui me chercheront dès le matin de leur âge, dit la lose, me trouveront.

Dieu ne se contente pas d’inviter, il ordonne : Fili et juventute tua excipe doctrinam: (Ecel. 6). Dès votre premier âge, ouvrez votre coeur pour recevoir la semence de la céleste sagesse.

Non seulement Dieu ordonne, mais il instruit la jeunesse, par l’exemple cité dans l’Evangile d’un jeune homme que le Sauveur aima, parce qu’il sem-

lait vouloir prendre de bone heure la route de la perfection. .

On éprouverait une perte irréparable, si l’on attendait l’expérience, qui est la suite des années, pour choisir un état ; ce serait perdre follement un temps précieux donné pour commencer ce dont on doit s'occuper toute sa vie. Un ouvrier examine-t-il jusqu’à midi s’il travaillera aux champs ou à la vigne ? Voudrions-nous différer de mettre à profit les talents que Dieu nous a départis ? Nous ne pourrions entendre que la sentence portée contre le serviteur

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négligent qui a caché l’argent de son maître : ‘‘ Otes- Jui le talent et jetez ce serviteur inutile dans les ténèbres extérieures.” Celui qui n’ouvre pas à temps les Yeux aux lumières du Saint-Es rit, mérite d’en être privé plus tard, de passer dans Îes ténèbres, et de ne plus recevoir la lumière nécessaire pour trouver le vrai chemin du salut.

Aussi le sage nous dit-il: Toute entreprise doit être faite au temps convenable, comme les fleurs et les fruits paraissent à la saison qui leur est assignée. Or, Saint-Augustin, Saint-Jé me, Saint-Thomas disent unanimement que le temps propre au choix d’un état est la première jeunesse.

Certaines vocations demandent qu’on soit formé bientôt à la piété et aux vonnes moeurs, que l’on com-

. batte ses défauts de bonne heure ; d’autres exigent

de longues études.

Donc, sans arrêter trop vite votre choix, le plus tôt vous serez fixé sur votre vocation sera le mieux.

IIT. Quelquefois Dieu révèle clairement la connaissance de la vocation.

Pierre et André, humbles pécheurs de Gallilée, montés sur leur barque, ne songent qu’à prendre des poissons dans les eaux du lac sa Génézareth. Jésus passe sur le rivage et les interpellant, leur fait connaître leur vocation : “ Venez avec moi ”’ dit-il, ‘ et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.”

Mathieu est assis à son bureau de publicain, attendant que les contribuables viennent lui apporter de l'or. Le Sauveur passe et lui dit : ‘‘ Suivez-moi ”’ ; et Mathieu, fidèle à cette vocation, quitte tout, se range à la suite de Jésus, devient apôtre.

Une jeune fille, Jeanne de Cacé, ayant le monde en horreur et vivant dans la plus fervente piété, voulait se consacrer à Dieu en entrant en religion. Son père la pressait de ge marier ; elle refusait obstiné-

ment de se rendre à ses désirs. Une nuit qu’elle priait seule dans sa chambre, conjurant le ciel de lui aplanir Îles voies vers le cloître, Notre-Seigneur lui fit connaître que bien qu’il agréât ses ardents désirs, elle devait obéir à la volonté paternelle, en acceptant un époux choisi par la Providence. Cette révélation étonna grandement la gene fille ; mais, soumise aux ordres du Seigneur, elle immola ses voeux les plus chers, ne se réservant d’autre volonté et d’autre avenir que d’aimer pardessus tout son Divin Maître, et de le servir dans la vocation où il l’appelait.

Ce sont des vocations extraordinaires.

D'ordinaire, la divine Providence veut que l’on cherche la vérité sur sa vocation comme toute autre vérité, à la sueur de sor front, c’est-à-dire, qu’on la cherche longtemps, et à travers mille obscurités et mille difficultés. Cette recherche plus longue et plus ‘ laborieuse pour les uns que pour les autres, a pour but ‘dans les desseins de Dieu, d’exercer notre foi, notre soumission à ses divins vouloirs, notre patience, et nous faire mériter ainsi les grâces, qui plus i:r1 nous seront nécessaires pour porter les croix, et accomplir les devoirs de notre vocation.

C’est donc par la délibération chrétienne, que l’on parvient d’ordinaire à la connaissance de sa vocation.

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CHAPITRE DEUXIEME MOYENS DE CONNAITRE SA VOCATION LA PRIERE 1. Sa nécessité. 2. Sa pratique.—3. Son efficacité.

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