IL. POUR $SOI-MEME
I On travaille à son salut.
1. Nous sommes d’hier, et demain nous ne serons plus ; nos années s’écoulent, comme l’onde au flanc des côteaux. La vie est passagère, pleine de douleurs, de voeux inutiles et d’espérances trompées. St-Paul nous avertit de la part de Dieu de ne poiut nous attacher aux joies d’un jour. Le temps est court, dit-il, que ceux qui ont des épouses soient comme n’en
ayant pas ; que ceux qui pleurent soient comme 8’ ne pleuraient pas ; que ceux qui se réjouissent soient comme s'ils n'avaient point de joies ; que ceux qui achètent soient comme s'ils ne possédaient rien ; que ceux qui usent de ce monde sc'ent comme n’en usant pas, car le monde n’est qu’une : mbre qui passe.
Et la plupart des hommes, malgré les avertissements de Dieu, malgré l'expérience qu’ils ont de la rapidité du temps et de la caducité des choses -humaines, ne voient que la terre, ne songent qu'aux intérêts de ce monde et se préoccupent fiévreusement de se faire un paradis ici-bas. Si encore la vie terrestre était encore toute notre existence, on comprendrait cette conduite. Mais tant s’en faut. La vie n’est pas la vie, elle n’en est que la préparation. Elle aboutit ici-bas à la mort, qui est la porte de l'éternité, c’est-à-dire le ciel ou l'enfer. Nous avons done une
âme, une âme immortelle à sauver, Nos années d’ici- 8 ne nous sont données que pour servir Dieu, et faire notre salut.
2. Or, cette affaire, c’est avant tout celle que l’on assure au couvent.
On travaille aussi à son salut dans le monde ; on peut se sauver dans tous les états de vie. Mais ce que l’Ecriture affirme, ce que tous les saints nous disent et nous crient, ce que l’expérience met tous les jours en évidence, ce qui est incontestable, c’est que les obstacles à la réussite de cette grande affaire abondent dans le monde, tandis que, au couvent ils sont presque nuls. Le monde semble organisé pour empêcher les âmes de se sauver: il possède une puissance effrayante de perversion. L'Eglise, au contraire, ne trouvant aucune entrave à son action dans la vie du cloître, organisée dans son esprit et toute livrée à son influence, opère comme à coup sûr le salut des âmes qu’elle y rencontre.
3. Enumération des principaux dangers et obstacles que l’on rencontre dans le monde.
Occasions de péché proprement dites : Rapports, mêmes nécessaires avec les personnes de l’autre sexe, — mauvais exemples—amusements entraînants — mauvaises compagnies, —mauvaises lectures.
Dissipation qui empêche de voir le danger, —distractions obligées.
Ruses et assauts de Satan qui se trouve chez lui. me monde : Princeps hujus saeculi. Tentations erribles,
Positions difficiles. Emplois;—soucis du ménage, —activité fiévreuse,—nécessité de la vie,—fascination des affaires.
Arrangements locaux. Peut-être éloignement des églises,—mélange avec Protestants.
Malheurs temporels. Familles dispersées, —emplois rendant difficiles les exercices religieux.