‹ Manuel pratique de vocation [microforme]Chapitre 45 sur 95 · IL. Des aptitudes · texte numérisé non relu

IL. Des aptitudes

1. Qu'est-ce que l'aptitude à la vie religieuse ? C’est l’ensemble des a ram d'esprit et de Corps, naturelles et surnaturel es, qui permettent de comprendre les obligations de cet état et d’en supporter les travaux et les fatigues.

car Dieu n’est pas censé le Au contraire, si quelqu'un une partie notable des qua il n’est pas appelé par Di ? Pour bien en juger, que requiert, de sa nature, l’état

L'état religieux est essentiellement un état de tendance à la perfection. Il faut donc, dans le sujet, un désir sincère de tendre à cette perfection de la

charité

Cet état LR 3 les issance,

une grande estime de ces voeux—et la ferme espérance, avec le secours de Dieu, de les garder fidèlement et constamment.

Cet état demande des sacrifices souvent pénibles

nature, Il suppose donc une certaine générosité de caractère. Faire le sacrifice de sa famille, de sa fortune, de ses affections, de ses plaisirs ; faire ce sacrifice à la fleur de l’âge, malgré mille obstacles et d’une manière irrévocable, cela n’est pas d’une âme vulgaire, mais d’une âme noble et généreuse, constante

et ferme. Aussi l’amour du sacrifice est-il un des indices les plus assurés de vocation. Un premier effort est aisé ; mais rester durant de longues années, attaché à un labeur obscur et pénible ; toujours se vaincre, toujours se livrer ; c’est un vrai martyre. Une âme vigoureusement trempée peut seule entreprendre et soutenir une telle vie. La générosité de caractère rend propre à l’abnégation chrétienne.

Cet état renferme des Règles et Constitutions. Il faut donc la docilité de caractère. L'état religieux est avant tout un état de sujétion, où l’on doit sacrifier à l’obéissance son propre jugement et sa propre volonté. Les esprits capricieux et intraitables, les volontés raides, les naturels revêches et entêtés qu’on ne peut ni plier, ni assouplir, ni diriger, ni convaincre, ni persuader sont impropres, dès l’abord, à la vie religieuse—à moins que ces défauts ne soient combattus à outrance par l'effort constant d’une volonté décidée.

Cet état suppose la vie commune.—Il requiert donc un caractère sociable, apte à la pratique de la charité. Si toute une communauté est une famille où doit régner la paix, la cordialité et dont chaque membre contribue pour sa part au bien général, qu’on s’imagine d’un côté ce que peut apporter de joie et de bonheur à une communauté, un religieux franc et ouvert, d’une humeur douce et paisible, d’un coeur charitable et compatissant, d’une âme sympathique et pat:ente : et de l’autre ce que peut lui causer de tristesse ct d’embarras un religieux qui ne sait rien endurer, et &’humeur difficile et désagréable.

Avant tout, l’état religieux exige un jugement droit. Les esprits peu brillants, pourvu qu’ils soient bien équilibrés ne nuisent nulle part ; ils sont même susceptibles de rendre de grands services. Les esprits faux, au contraire, jettent le trouble et la confusion partout où ils passent. Les autres défauts peuvent être corrigés, la fausseté du jugement, jamais.

L'état religieux suppose des exercices de piété à ou moins fréquents qui se rapportent au culte ivin et à la vertu de religion, et aident la pratique des autres vertus : il faut donc l'amour du culte divin et des exercices de piété.

prodigue les soins les plus dévoués à tous les membres

ue la souffrance atteint ; mais autant on doit être

aritable 7 les soldats blessés, autant on doit être soucieux d'’écarte

Le P. Gautrelet résume ainsi les qualités requises pour la vie religieuse.

‘* Quiconque, dit-il, désire tendre à la perfection, s’assujétir à une règle et se lier par des voeux, dans l'intérêt de ce but, quiconque espère pouvoir pratiquer les voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, et donne sur ce point des garanties suffisantes, s’il n’avait rien .du reste, sous le M <S F physique ou moral qui s’opposât réellement à ’accomplissement de son dessein, comme seraient des infirmités incom-

pable de se soumettre, d’obéir et de vivre en bonne intelligence avec ses frères, quiconque, dis-je, rem lit

rale à l’état religieux.” Il suflrait de manquer entiè-

rement d’une de ces conditions essentiel es, pour

donner à conclure qu’on n’est point Propre à cet état. Ne paraissent donc Pas aptes à la vie religieuse :

Ceux qui éprouvent une trop grande difficulté à être

Chastes : S'ils sont trop faibles pour &arder La con- 8 :

tinence, dit l’Apôtre, qu'ils se marient, car il vaut mieux se marier que d'être brûlé par les ardeurs de la concupiscence ”’, (1 Cor. 7, 9).

Ceux qui sont tellement entêtés dans lenr propre jugement qu’ils sont dépourvus de toute docilité.

Ceux que leur manière d’être, très différente de celle des autres, leur ropension à l’envie et aux soupne et leurs habitudes gênantes rendent peu socia-

es.

Ceux qui semblent avoir un tel besoin de consolations humaines qu’ils seraient exposés dans le cloître à er trop grande tristesse et à un trop grand abattement.

Doivent être exclus également les D trop mélancoliques, et celle d’un esprit trop bizarre ou d’un jugement peu ferme, qui donneraient lieu de craindre . une certaine folie, ou l’inconstance dans leur résoution.

Une personne qui étudie sa vocation doit connaître son caractère et ne pas se faire illusion, pas plus sur ses défauts que sur ses qualités. Il y a certains défauts naturels qui sont des obstacles en quelque sorte insurmontables à faire d’une personne un bon religieux. C’est : lo une nature resseuse, Sans ressources pour l’action ; 20 un to désolant d’inconstance ; un esprit bizarre et étroit ; 4o et surtout un caractère faux et sournois.

IT. Absence d’empêchement.

1. Les attaches du coeur sont-elles une marque de non vocation à la vie religieuse ?

Certaines personnes ont une tendance uée, plus qu’ordinaire, mais honnête et délicate, à s’attacher aux autres, soit aux personnes de leur sexe, soit à celles de l’autre sexe. Il s’en faut pourtant que cet attrait soit une indication absolument probante

d’un appel providentiel au mariage. Sinon, il y aurait

u de religieux, de religieuses et de vierges chréiennes, À la plupart des jeunes gens et des jeunes filles sont affectueux et facilement avec un certain excès, Une Personne même peut avoir actueller nt une affection tiès tendre pour gene de

vraies marques de vocation, cet attachement pour une ersonne de l’autre sexe ne Prouve pas plus contre ’appel divin que la tendresse pour le père, la mère, les frères et les soeurs. ‘

2. Les péchés de la vie passée sont.ils un empéchement absolu à la vie religieuse ou une marque . non vocation ?

il a développé en lui-même la concu iscence par des actes fréquents qu'il a accomplis seul ou avec des complices. Arrivé à 20 ans, il n’a plus, pour ainsi dire, que de. instincts pervers. Cela Prouve-t-il clairement

Que doit done faire le jeune homme qui se trouve dans cette situation ? Tout d’abord, se convertir — quitter les occasions de péchés—lutter avec énergie

A en

contre ses chants vicieux-—prendre la direction spirituelle d’un pieux et habile confesseur — prier beaucoup—s’adonner aux saintes lectures et à quelques pénitences—méditer ses fins dernières.

S'il a les autres marques de vocation, un caractère décidé et pes, .t si on remarque en lui une certaine abondance de grâces, on peut le recevoir après un délai et une épreuve dont la durée sera réglée par la prudence du confesseur,

Le P. Dubois fait ici une observation :

‘Pour qu’un pécheur embrasse la vie reli ieuse

de manière qu’elle soit utile à son âme, il faut qu’il soit jà bien converti et qu’il commence avec ferveur le travail de sa perfection. Autrement, s’il continue à commettre des péchés dans ce nouvel tat, il s’expose à ne pas persévérer, Saint-Alphor.+ avait coutume de dire que la vocation et la persévérance sont deux grâces distinctes. Nous pouvens être appelés de Dieu, même au milieu de nos infidélités, mais nous ne pouvons avoir la grâce de la persévérance si nous ne nous en . endons dignes par la prière et les bonnes oeuvres.

Page 1