OBJECTION
Mais, dira-t-on peut-être, il en est plusieurs qui, après être entrés en religion par des motifs surna. turels, n’y ont point persévéré. N'est-ce point parce qu’ils ont reconnu s'être trompés sur leur vocation et n'avoir pas été véritablement appelés de Dieu ?
La retraite ou défection de ces derniers ne prouve nullement que la vocation divine leur ait manqué.
Tous ceux à qui Dieu donne le désir de la vie religieuse, et qui répondent à l’attrait de la grâce, ne sont Pas appelés à émettre les voeux de Religion. Dieu donne parfois ce désir dans le dessein de récompenser la préparation du coeur, sans exiger la consommation du sacrifice. Ainsi, après avoir subi avec fidélité les épreuves ordinaires, un novice peut se retirer, s’il est bien constaté qu’il ne convient pas à l’état religieux ou que l’état religieux ne lui convient pas. Mais la prudence lui commande de ne prendre ce parti qu’après avoir consulté son supérieur et obtenu son agrément.
Il importe de distinguer ces bons désirs, d’une vocation réelle, qui dans les desseins de Dieu, était ta et que l’homme a abandonnée par sa
ute.
11 peut arriver, en effet, qu’après avoir été appelé de Dieu et avoir de lui la grâce de la vocation, on soit infidèle à cette grâce.
Quelques-uns répondent d’abord à l’appel du Seigneur ; ils renoncent aux espérances du siècle, et franchissent le seuil de quelque maison religieuse ;
uis, ils oublient que c’est au noviciat qu’il faut éprouver ses forces, dompter ses passions déréglées et faire une ample provision de vertus. Il ressemblent à l’insensé qui bâtit sa maison sur le sable ; la pluie vient, les torrents débordent, les vents soufflent et l'édifice, dépourvu de fondements, s'écroule.