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C. — Carie et nécrose

La carie et la nécrose de l’apophyse mastoïde s’observent fréquemment. Les enfants en sont plus souvent atteints que les adultes. Ces lésions, rarement primitives, se développent presque toujours à la suite d’une inflammation purulente de l’oreille moyenne propagée aux cellules mastoïdiennes. Le pus accumulé dans ces cavités, ne trouvant pas d’issue, se décompose, irrite le périoste qui se décolle, et l’os privé d’une partie de ses vaisseaux nourriciers s’altère à son tour. Il n’est pas rare de rencontrer un ou plusieurs fragments osseux frappés de mort dans l’intérieur des cellules, alors que la table externe de l’apophyse mastoïde est restée intacte.

Aussi longtemps que le pus trouve un écoulement suffisant par la caisse, la carie ne se manifeste par aucun signe extérieur. Dans le cas contraire, la sécré-

332 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE, tion se fraye un passage en corrodant la partie de l’os qui offre le moins de résistance. C’est tantôt la paroi postéro-supérieure du conduit auditif externe qui est ramollie et perforée, tantôt la paroi externe de l’apophyse mastoïde, quelquefois sa paroi interne à travers laquelle le pus pénètre alors dans la fosse cérébrale moyenne ou dans la fosse cérébrale postérieure, et donne lieu à des accidents mortels.

Lorsqu’une fistule s’établit à la table externe, la matière purulente peut fuser sous la peau jusqu’à l’occiput, et même jusqu’à la plèvre en suivant l’aponévrose cervicale profonde (Schwartze).

Quand il se forme une fistule, soit dans le conduit auditif externe, soit derrière l’oreille, la carie osseuse peut guérir spontanément par l’élimination successive de petits fragments nécrosés. D’autres fois, à la suite d’une injection, on voit sortir un séquestre assez volumineux, et la plaie se ferme bientôt après. En général, la suppuration persiste tant qu’il reste une portion d’os malade.

Pour hâter la guérison, le chirurgien doit intervenir: extraire les séquestres, s’il y en a de mobiles, gratter les surfaces malades au moyen d’une curette tranchante, introduire un drain dans la fistule et faire des lavages antiseptiques. La guérison s’opère de différentes façons : tantôt les surfaces osseuses se couvrent de granulations qui s’ossifient peu à peu et comblent la cavité ; tantôt la cavité persiste, ses parois se tapissent d’une membrane blanc jaunâtre qui offre l’aspect d une muqueuse, et, aprèsun certain temps,elle se remplit d’une masse noirâtre, composée de débris d’épi-

thélium, de cholestérine et de poussières diverses qui la protègent contre l’action de l’air extérieur.

D. — Sclérose de l’apophyse mastoide.

L’apophyse mastoide peut être le siège d’un processus morbide, tout l’opposé dé la carie, qui se développe, comme cette dernière maladie, à la suite d’une inflammation simple ou d’une inflammation purulente de l’oreille moyenne : c’est la sclérose ou éburnation. Cette affection se rencontre à tous les âges de la vie, même chez de tout jeunes enfants. Elle est caractérisée par une hyperplasie osseuse, qui va souvent jusqu’à effacer les cellules mastoïdiennes, et à transformer l’apophyse en une masse compacte. La vieillesse, la syphilis, sont des causes de sclérose, en l’absence de toute inflammation antérieure (voir page 270).

§ V. — Tumeurs «le l’apophyse mastoide.

A. — Polypes.

Les polypes de la caisse du tympan pénètrent souvent dans les cellules mastoïdiennes en passant par le canal mastoïdien, mais il n’est pas rare de voir ce genre de productions morbides naître et se développer sur la muqueuse de la cavité mastoïdienne elle-même.

B. — Cancer.

Le cancer épithélial se développe primitivement

334 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE, dans l’apophyse mastoïde et donne lieu, dès le début, à des douleurs lancinantes très vives, à de la rougeur et à un gonflement dur de la région mastoïdienne. En général, l’affection commence soit dans la caisse comme dans l’observation de Rondot (Ann. des maladies de Voreille et du larnyx, t. I er , 227 et suiv.), soit dans le conduit auditif externe, comme j’en ai récemment observé un exemple. La terminaison par la mort est fatale t c’est presque toujours à des accidents cérébraux que les malades succombent.

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