PUPILLE ARTIFICIELLE
Procédé d'Assalini. — Des pinces fines et rccourbées sont introduites dans la chambre antérieure de l'œil à travers une incision préalablement faite à l'angle externe de la cornée. A l'aide de ces pince», l'opérateur saisit l'iris à peu de distance de son bord ciliaire et le décolle comme dans le procédé de Scarpa.
Procédé de M . Langenbeck. — Pour obvier à ce que le bord décollé de l'iris prenne peu à peu sa position naturelle , et que par là l'ouverture artificielle se referme, M. Langcnbeck a imaginé le procédé suivant : la cornée étant incisée dans une très petite étendue, l'opérateur, à l'aide d'un petit crochet protégé par une gaîne, saisit l'iris, l'attire en avant avec précaution, l'engage entre les lèvres de la plaie de la cornée et l'y arrête comme pour produire un myoeêphalon. Il est inutile de dire que la nouvelle pupille a été préalablement formée. On conçoit alors que les adhérences que contracte l'iris sur la cornée s'opposent au rétrécissement et à l'oblitération de l'ouverture artificielle.
Heisenger professe la même opinion, mais au lieu du crochet à gaine, il se sert d'une simple pince oculaire à pointe recourbée en érigne vers l'un des côtés. A l'aide de cettepince, introduite dans la chambre antérieure, on saisit l'iris , on le décolle dans une étendue convenable, et on l'entraîne au dehors de manière à produire une hernie artificielle à travers la cornée.
Procède de M. Lusardi. — Pour réduire l'opération à sa plus grande simplicité, M. Lusardi se sert d'un crochet-aiguille qui suffit seul pour toute l'opération. Je dois ajouter que cet
instrument a été décrit , il y a une vingtaine d'années, en Italie, par Donegana et Baratta. Fermé, ce crochet-aiguille a la forme d'une très petite serpette. Il est composé de deux tiges disposées de telle sorte qu'en tirant un peu sur ia plus courte il en résulte une échancrure qui transforme l'instrument en une véritable pince. Après avoir introduitdans l'œil, soit à travers la cornée, soit même à travers la sclérotique, le crochet-aiguille fermé, l'opérateur lui fait traverser l'iris jusqu'au cercle ciliaire; après quoi appuyant le dos de l'instrument contre la grande circonférence de l'iris, il décolle une portion convenable de cette membrane. Tirant alors sur la petite tige, il ouvre la petite pince, la lâche promptement, et l'iris se trouvant ainsi pincé est entraîné en avant; il ne reste plus alors qu'à prendre les précautions nécessaires pour donner à la nouvelle pupille les dimensions convenables.
Procédé de Donegana. — Convaincu par une foule de faits que, pratiquée d'après le procédé de Scarpa , la corédialyse ne produisait que très rarement les heureux résultats qu'on en attendait, que presque toujours la nouvelle pupille finissait par se refermer, Donegana proposa de réunir la corétomie à la corédialyse. Pour cela on peut pénétrer dans l'œil , soit parla chambre antérieure, soit pai* la chambre postérieure, on peut aussi faire usage de l'aiguille ordinaire, ou d'un instrument à lame un peu plus mince, presque droite et bien tranchante. Arrivé sur l'iris, on en détache une ^portion convenable de sa grande circonférence, puis on incise l'iris parallèlement à ses fibres rayonnées. Ce procédé est à la fois ingénieux et