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utile. Malheureusement il me semble qu'il ne doit pas toujours être bien facile d'inciser la portion décollée de l'iris.
Tels» sont les procédés dont j'ai cru devoir rendre compte dans ce livre; certes, ma nomenclature est loin d'être complète , comme on peut facilement s'en convaincre en parcourant tout ce qui a été écrit à ce sujet; mais je pense avoir exposé les principaux, ceux qui sont le plus répandus dans la pratique.
Tl nous reste maintenant à présenter la valeur relative de chacun de ces moyens; c'est là, après tout, le principal poiut de vue pratique; et pour cela, je ne crois pas pouvoir mieux faire que de laisser parler M. Velpeau.
« Considérée d'une manière absolue, nul doute que la corétomie ne l'emporte sur les deux autres méthodes. Toutefois, comme pour la pratiquer il faut que l'instrument traverse la chambre antérieure, il est à peu près impossible d'y avoir recours lorsque l'iris adhère à la cornée , ou que cette dernière membrane est opaque dans une grande partie de son étendue.
« La corétomie présente à peu près les mêmes inconvénients sans avoir les mêmes avantages, puisque, ainsi que l'expérience l'a démontré, l'ouverture qu'elle donne persiste rarement au delà de quelques semaines. C'est donc à la corédialyse qu'il convient alors d'accorder la préférence. Il en serait de même dans les cas de cataracte membraneuse adhérente, dans le cas d'une opacité quelconque, placée en avant ou en arrière de l'iris, et qu'on ne pourrait détruire, attendu qu'ici on est forcé de reporter la prunelle
vers la circonférence du diaphragme oculaire.
« La corétoniie et la corédialyse seules permettent d'opérer par . scléroticonyxis. Néan-; moins, comme elles peuvent être aussi pratiquées par kératonvxis, on ne doit, règle générale, préférer la première que dans les cas de synéchie antérieure très prononcée, par la raison qu'elle rend la lésion du cristallin presque inévitable. Si on voulait s'en tenir à la corétomie et ne pas essayer le procédé que j'ai imaginé, celui de M. Maunoir, ou mieux encore celui de Wenzel , me paraît mériter la préférence. Pour la corétomie, on peut prendre en quelque sorte indifféremment celui de Dcaiouis, de Forlenze, de Gibson , de Béer et de M. Wahher, quoique le meilleur de tous, à mon avis, fût celui de Physick tel que je l'ai modifié, ou ViridecUtm de M. Onsenort, s'il était possible de se procurer un emporte-pièce assez mince, et parfaitement confectionné ; ce que je n'ai point encore obtenu jusqu'ici.
« Lorsqu'on se décide en faveur de la corédialyse, le simple crochet de Bonzel vaut tout autant que les instruments plus compliqués de Langenbeck, de Béer, de Pieisinger, etc.; mais je doute qu'il soit aussi facile que semblent l'admettre ces auteurs de fixer dans l'ouverture de la cornée la portion d'iris qu'on y a plus ou moins péniblement entraînée. Si l'accident auquel on espère remédier en établissant une pupille artificielle s'est manifeté à la suite d'une* opération de cataracte, il y a beaucoup moins d'inconvénient que dans les autres cas à porter l'instrument par la chambre postérieure. Alors aussi ie fond de l'œil est trop altéré pour permettre un grand espoir de succès. On ne voit
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pas non plus qu'il soit nécessaire d'ouvrir la chambre antérieure aussi largement que Font conseillé Wcnzel, Forlenze et Gibson. Si le cristallin ou sa capsule a conservé ses rapports naturels, il en est autrement. Pour peu qu'on soupçonne d'opacité dans ces parties, il faut les extraire ou les abaisser, peut-être même devrait-on se faire une loi de leur extraction ou de leur déplacement, qu'il y eût ou non un commencement d'opacité. On éviterait ainsi le désagrément de voir l'apparition d'une cataracte consécutive détruire les chances de succès de la première opération , comme la chose m'est arrivée chez un homme âgé de trente ans. Dans ce sens, l'ouverture de la cornée ne peut être trop giande, puisque c'est tout à la fois une pupille artificielle qu'on établit et une opération de cataracte qu'on pratique.
« Quand il y a des taches au devant de l'œil , et qu'on ne peut pas opérer par kéiatonyxis, le cas ne laisse pas d'être embarrassant. Si l'incision porte sur une partie saine de la cornée, la cicatrice, qui doit en résulter, l'inflammation qui peut survenir, détruisent assez souvent la transparence du peu que le mal primitif avait respecté. Sur la portion leucomateuse , au contraire, il est à craindre que la plaie ne se transforme en ulcère , ne suppure et n'amène la fonte de l'œil. Toutefois plusieurs praticiens, MM. Faure et Lusardi entre autres, ont remarqué que la section de la coi née, ainsi atteinte, n'est pas aussi redoutable qu'on le pense généralement, et vont même jusqu'à dire qu'elle s'agglutine plus rapidement que celle d'une tunique non malade. On le concevrait sans peine au surplus ; de pareils tissus étant moins sen-
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sibles, moins excitables, plus rapprochés de la vie végétative, doivent s'enflammer plus modérément que s'ils étaient dans leur état normal. Si donc la cornée est opaque dans une grande étendue, il faut ménager précisément ce qui en reste, et pénétrer à travers sa portion altérée. Dans le cas opposé , lorsque sa transparence n'est troublée que par une tache exactement circonscrite et peu large, il vaut mieux inciser dan* les tissus naturels.
« Du reste, c'est pour se trouver en mesure de répondre à toutes ces nécessités , à toutes ces exigences de la maladie, qu'il est bon de se familiariser avec la plupart des procédés indiqués; attendu que chacun d'eux peut avoir son application particulière. J'ajouterai cependant que la méthode par excision est, en définitive, la seule qui offre des chances réelles de succès. Toutes les méthodes par incision, soit simples , soit complexes , sont décidément mauvaises et ne doivent, ainsi que le décollement, être addptées ,qu'à titre de ressources exceptionnelles. »
Quel que soit le procédé auquel on a recours, il faut après l'opération de la pupille artificielle soumettre le malade aux mêmes précautions que réclame l'opération de la cataracte. Je dois ajouter, néanmoins, qu'il est rare que les suites en soient aussi graves. Les Annales dti la Science renferment même plusieurs cas de succès survenus sans aucune espèce d'accident. M. Velpeau a pratiqué une vingtaine de fois l'opération de la pupille artificielle , et jamais il n'est survenu d'accidents graves. Tous les chirurgiens connaissent le fait d'une dame qui , opérée par Wardrop, put s'en retourner chez