SU YEUX ARTIFICIELS
distance de distinguer un œil naturel d'un œil artificiel. Ceux qu'on emploie de nos jours sont en émail, et on est parvenu à simuler d'une manière parfaite les vaisseaux de la conjonctive , la cornée, la chambre antérieure, l'iris, l'ouverture pupillaire et la sclérotique.
Pour qu'un œil artificiel soit convenable, il doit offrir certaines conditions, que je me bornerai à énumérer. Ainsi, il doit avoir une similitude parfaite avec la forme et le volume de l'œil sain , il doit être d'une grande légèreté, ses bords et ses angles doivent être convenablement arrondis , toute sa surface doit offrir un poli parfait.
La prothèse oculaire n'est point applicable dans tous les cas. Et d'abord, on ne conçoit guère les avantages qu'elle pourrait offrir lorsque la vision est complètement abolie. Tout le monde comprend que ce serait en vain qu'on tenterait de corriger une pareille difformité chez un aveugle. Si les paupières sont paralysées ou adhérentes par des brides, il faut, avant d'appliquer l'œil artificiel, combattre ces lésions. Il est inutile d'ajouter que, lorsqu'il existe encore de l'inflammation dans l'orbite, on doit combattre cet état et n'avoir recours à la prothèse que lorsque la phlegmasie a complètement cessé depuis un certain temps. Plusieurs ophthalmologistes , Demours, Wenzeî , entre autres, soutiennent, qu'un œil artificiel peut être appliqué lorsqu'il n'existe plus de moignon dans l'orbite , comme après l'extirpation de l'œil. Voici ce que dit M. Velpeau à ce sujet : a Rien ne serait plus à désirer sans doute que de pouvoir faire usage d'un œil d'émail, quand le mal a permis de maintenir l'intégrité des voiles mobiles de l'organe, mais il ne faut pas trop s'en flatter. L*or-