ACTION DE LA LUMIÈRE
idée : c'est ainsi qu'ils les font peindre ou tapisser en vert ou en bleu, qu'ils font garnir les fenêtres de rideaux de couleur, de telle sorte enfin que la lumière ne pénètre dans ces salles qu'en très petite proportion. Or, j'ai entendu si souvent M. Velpeau s'élever dans ses leçons contre cette pratique, qu'il dit être essentiellement vicieuse, que je crois devoir exposer ici en peu de mots les idées de ce chirurgien à ce sujet.
Ce qui a répandu ce principe erroné, dit M. Velpeau, c'est la tendance , l'espèce de besoin qui entraîne presque tous les sujets affectés de maux d'yeux, ceux surtout qui sont atteints de kératite ulcéreuse, à fuir la lumière. En effet, chacun sait que les malades ainsi affectés ont le plus grand soin de se couvrir les veux, de cacher leur tète sous les couvertures lorsqu'ils sont couchés. Il était donc tout naturel de penser qu'il fallait soustraire les yeux enflammés à l'action de la lumière. Mais, comme M. Velpeau l'a fort bien observé, on n'a pas assez réfléchi aux inconvénients de cette pratique. Voici ce qui arrive dans ces cas : les frottements produits par les linges sont une cause incessante d'inflammation ; la chaleur causée par la présence des bandeaux dont on abrite les yeux amène dans l'organe une congestion, un afflux de sang capable de compromettre le succès de la meilleure médication. Cet inconvénient se trouve encore augmenté par la chaleur que produisent les couvertures dont les malades enveloppent leur tète. Enfin, les yeux privés de lumière pendant un temps plus ou moins long acquièrent une sensibilité telle que, même à l'ombre, le contact de l'air leur devient extrêmement pénible. On peut objecter à ces remar-