ACTION DE LA LUMIÈRE
ques, qu'il est difficile d'empêcher les malades de fuir l'air el la lumière. Mais la difficulté sur ce point est infiniment moins grande qu'on pourrait se l'imaginer de prime abord. M» Vclpeau en a donné une foule de preuves dans son service à l'hôpital de la Charité; et il ne craint pas d'affirmer qu'on accoutume en moins de trois jours, et quelquefois même dans l'espace d'un petit nombre d'heures , les sujets le plus vivement tourmentés par la photophobie à supporter sans peine le contact de l'air et l'action de la lumière diffuse. Il suffit pour cela d'insister avec fermeté et de ne pas s'en laisser imposer par les premières plaintes des malades. Je dois dire pour mon compte que j'ai été souvent à même de me convaincre à l'hôpital de la Charité de la justesse «les idées émises à cet égard par M* Yelpeau. Mais hâtons-nous d'ajouler qu'il ne faudrait pas conclure de ces considérations , qu'on doit obliger les malades affectes d'ophthalmie à s'exposer au grand air, au soleil, à toute espèce de lumière ; M. Yelpeau veut seulement dire parla que, dansles appartements et sous un ciel couvert de nuages, il est plus nuisible qu'utile de tenir des linges sur le devant des yeux des malades, et qu'il est positivement nuisible découvrir l'organe affecté de compresses , de bandages.
Yoici , du reste, la conduite adoptée par M. Yelpeau à cet égard : lorsque le malade est obligé de sortir, ou que la kératite ulcéreuse est intense, il recommande l'usage d'une visière bleue ou verte, eu, mieux encore , de lunettes colorées de la même manière, garnies de taffetas sur les côtés; il conseille, en outre, de laisser le moins longtemps possible les malades dans
C4S SAIGNEE.
îe lit , et de leur recommander de tenir pendant la nuit la tête un peu élevée sur des oreillers assez durs.
Emissions sanguines. — Saignée. — Je n'ai pas à revenir sur ce que nous avons déjà dit de la quantité plus ou moins considérable de sang qu'il importe , suivant les cas , de retirer du torrent circulatoire. Je me bornerai à mentionner l'opinion de M. Yelpeau sur les diférentes espèces de saignées auxquelles on peut avoir recours dans le traitement des ophtlialmies.
La saignée que M. Velpeau emploie de préférence, celle même dont il fait un usage à peu près exclusif, c'est la saignée du bras. Quant à l'ouverture de la jugulaire externe, de prime abord on serait tenté de lui accorder la préférence dans certains cas; mais l'expérience démontre que les veines du cou ne donnent pas toujours une assez grande quantité de sang-. Aussi , M. Velpeau n'y a recours que dans un très petit nombre de cas. Plusieurs praticiens préconisent l'artériotomie, lorsque l'inflammation est très vive, et qu'il importe de dégorger prornptemcnt l'organe de la vision du sang qui semble s'y être accumulé. A -priori, on serait porté à penser que, dans ces cas, cette espèce de saignée est plus avantageuse que l'ouverture d'une des veines du pli du bras. Toutefois, M. Velpeau croit que les faits ne sont pas ici d'accord avec la théorie. 11 est vrai de dire que ce chirurgien ne s'est pas livré sur ce sujet à un assez grand nombre d'expériences; toutefois, les essais qu'il en a faits ne lui ayant pas procuré des résultats plus prompts et plus avantageux que la saignée du bras, îi s'est arrêté définivemeiit à cette dernière opération. La saignée du pied, tant vantée par quelques praticiens, est