‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 66 sur 74 · POUDRES. - CATAPLASMES. GO · texte numérisé non relu

POUDRES. - CATAPLASMES. GO

j'ai souvent vu employer avec avantages par M. Velpeau dans le traitement de l'op'hllialmie blennorrhagique et des ophthalmies purulentes en général. Comme le calomel tend sans cesse à se précipiter au fond du liquide , il importe d'agiter fortement la fiole avant de faire usage de ce médicament. Voici , du reste , la manière dont M. Velpeau se sert de ce collyre : il en fait laver largement les parties quatre ou cinq fois par jour, et dans les intervalles, il fait placer sur le devant de l'orbite un linge imbibé du liquide en question.

Poudres. — Chacun sait que les poudres antiophthalmiques doivent être impalpables. Je me bornerai à ajouter ici qu'au lieu de les souffler à l'aide d'un tuyau de plume ou de tout autre tube sur le devant de l'œil , comme on le conseille généralement, M. Velpeau pense qu'il vaut mieux les placer par pincées entre les paupières, qu'on a préalablement renversées, et engager le malade à tourner l'œil de tous côtés dès que la poudre est en place , avant de lui laisser fermer les paupières.

Cataplasmes. — On sait que les oculistes modernes rejettent généralement comme nuisibles les cataplasmes sur le devant des yeux dans le traitement des ophthalmies; il ne faudrait pas pourtant proscrire ces moyens d'une manière trop absolue. S'il est vrai de dire qu'on ne doit pas y avoir recours dans les cas de conjonctivite, de kératite et d'iritis ordinaires, il est faux, dit M. Velpeau, qu'ils soient nuisibles dans les blépharites ciliaires , dans les kératites traumatiques et dans l'oplubalmite. Nous devons ajouter que des cataplasmes laudanisés ou opiacés ne

m CAUTÉRISATION,

sont pas tout à fait dépourvus d'utilité contre! riritis et certaine rétinite très douloureuse. Les cataplasmes de pulpe de pomme rainette , de carotte , de pomme de terre, doivent être aussi conservés comme des topiques avantageux dans certains cas.

Cautérisation . — Nous avons indiqué les affections oculaires qui réclament l'usage de la cautérisation, il nous reste à dire quelques mots sur la manière de faire usage de ce moyen thérapeutique. Pour cautériser les granulations palpébrales, on renverse convenablement la paupière affectée, et on promène légèrement sur la surface enflammée un crayon de nitrate d'argent, que l'on doit retirer dès qu'on a fait naître une couche blanchâtre, car si on allait plus avant, on produirait une déperdition de substance qui pourrait donner lieu à une cicatrice, puis à un entropion. Cela fait, avant d'abandonner la paupière, on répand un peu d'eau fraîche sur la surface cautérisée , pour amortir là l'action du caustique , et l'empêcher d'atteindre les tissus sains. Il est inutile d'ajouter qu'il faudrait prendre les mêmes précautions si on avait à cautériser la conjonctive oculaire.

INous avons dit que certains ulcères de la cornée réclament l'usage de la cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent. « Pour bien faire cette cautérisation, dit M. Velpeau , on se sert d'un cône de nitrate d'argent dont le sommet est bien arrondi. Il faut en toucher toute la surface ulcérée de manière à ce qu'elle blanchisse sur le champ. De l'eau, du lait ou de l'huile est instillée darisJFceil avant qu'il ne se renverse sous les paupières, qu'on a soin d'éviter d'ailleurs , afin que l'ulcère seul subisse l'action du

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