‹ Manuel pratique du bibliothécaireChapitre 18 sur 233 · I.NTRODLCTION IIISTOHIQI'K · texte numérisé non relu

I.NTRODLCTION IIISTOHIQI'K

extérieurs de la Féodalité ». Le décret de T Assemblée nationale d'octobre 1790 ordonnait déjà à tous les directeurs de districts ou préposés de dresser le calalof^ue des livres provenant des communautés relij^^ieuscs. Les instructions pour procéder à la confection de ces cataloj;ues datent du 15 mai 1791 ; elles sont lonj^ues et appuyées par de nombreux exemples, mais, malj^^ré cela et en dépit des circulaires postérieures % les cataloj^ues ne se faisaient pas et TEtat dut abandonner l'idée de posséder un inventaire j^énéral de toutes les richesses biblioj;^raphiques et artistiques de la France.

D'après les rapports présentés à la Constituante par les Comités, réunis dans la séance du 30 septembre 1791, le nombre des volumes saisis dans 16:2 maisons religieuses, s'élevait ii 808.000. On ouvrit h Paris huit j^rands dépôts littéraires dans lesquels ces livres furent placés, pour être, de là, répartis dans les diverses bibliothèques : 1<* à Saint-Louis-la-Cullure, rue Saint-Antoine ; 2'* à la maison des Capucins, rue Saint-Ilonoré ; 3" aux élèves de la Patrie ou de la Pitié ; i" au couvent des Cordeliers, rue de l'Ecole-dc-Médecine ; 5" à l'hôtel de Jufi^né, rue de Thorigny ; O'' rue de Lille ; 7'' rue Saint- Marc, à l'hôtel de Montmorency-Luxcmbourj,^ ; 8" à la PVanciade, abbaye de Saint-Dejiis, pour les livres confisqués hors Paris. Les bibliothèques ecclésiastiques furent placées dans les trois premiers dépôts ; les cinq autres reçurent les livres des émigrés et ceux provenant de la liste civile.

Ainsi, à Paris seul, 1.100 bibliothèques avaient fourni 1.800.000 volumes ; en province plus de 6.000.000 de volumes avaient été centralisés dans les dépôts des districts.

Après bien des tâtonnements, bien des vicissitudes qui dispersaient insensiblement la meilleure part de ces dépôts, il arriva que, pour éviter la destruction de ce qui restait, une commission de neuf membres de l'Institut, nommée par le conseil des Cinq-Cents, décida de former dans chaque chef-lieu de département un dépôt littéraire unique après que chaque établissement scientifique de la réj^ion aura fait choix des ouvrages qui pourraient lui convenir. Aussi ces établissements profitèrent-ils de cette autorisation; Ameilhoii, devenu conservateur de l'Arsenal, y puisa plus de 30.000 volumes ; Le Blond en prit 50.000 pour la Mazarine ; les bibliothécaires du

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