Article 3 du règlement du 23 août
2. § II de r Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires (4 mai 1878).
2^ Mettre les professeurs et les élèves à même d'user de ce dépôt
avec toute la liberté que comporte cette responsabilité. Les obligations principales de son service sont :
1** Surveiller et entretenir le dépôt confié à ses soins ;
2° Assurer le bon fonctionnement de ce dépôt ;
3*^ Rédiger et mettre à jour les catalogues ;
4° Tenir soigneusement les divers registres : d'entrée-d'inventaire, de périodiques, de reliure, de prêt, de statistique, etc. ;
5° Veiller à la bonne exécution des services de lecture et du prêt des livres ;
6° Procéder au service des échanges en temps voulu ; classer et cataloguer les dissertations étrangères aussitôt leur entrée ;
1"^ Tenir une statistique très exacte de la rentrée et de la sortie des ouvrages, de la fréquentation et de Taccroissement de la bibliothèque ;
8° Tenir la comptabilité avec ordre, avec la possibilité de justifier de toutes les dépenses.
Voilà les devoirs généraux du bibliothécaire ; mais, de plus, il doit constamment avoir souci de Taugmentation normale de son dépôt et pour cela avoir deux buts :
P Ecarter sans merci toute acquisition de livres d'un intérêt secondaire ou à Tusage du grand public ;
2° Porter tous ses efforts à grouper dans son dépôt — dans la mesure financière possible — les grands ouvrages de fonds, les {grandes collections et surtout les périodiques techniques qui répondent d'une manière immédiate aux besoins et aux enseignements des facultés.
Le bibliothécaire des bibliothèques municipales et publiques. — Autre est le service de ce fonctionnaire qui a affaire à un public différent, moins érudit que celui qui fréquente les bibliothèques universitaires. Les demandes d'ouvrages sont plus uniformes, on y vient pour lire sur place, particulièrement des revues ; le prêt est presque nul. Ses loisirs sont donc plus grands, il peut s'occuper davantage de ses catalogues, de leur amélioration incessante.
Il devra se tenir à la disposition de la commission de la bibliothèque instituée, pouvoir répondre à toutes les questions qu'elle serait en droit de lui poser : ordre de service, marche des catalogues,
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ronctionncment de la bibliothèque, demandes de propositions d'ouvrages, etc. Mais selon nous il ne doit compte qu*au maire ou à Tun de ses délégués de la gestion financière de la bibliothèque.
Son attention doit aussi se porter sur le développement des ^collections locales et de tous les ouvrages qui concernent le pays à quelque [K)int de vue que ce soit. C'est dans l'abondance de celle parlio du dépôt que réside la vraie richesse d'une bibliothèque communale.
Ij-: bibmotiikcairk d'lnk biblkjthkqik i»articllièbe. — Ce n'est pas un fonctionnaire dans le sens propre du mot. Il est aux gages du propriétaire de la bibliothèque el doit suivre ses goûts, même ses caprices. Mais ses connaissances bibliographiques seront appréciées si tout en tenant sa bibliothèque en ordre el ses catalogues à jour, il sait faire profiter de toutes les bonnes occasions l'amateur, s'il achète avec discernement, si son goût artistique lui vient en aide pour obtenir des reliures élégantes, un mobilier luxueux et approprié k la bibliothèque dont il a la conservation. Comme le goût est très variable, différent d'un amateur à un autre, on ne peut adopter de règles fixes pour l'organisation, le classement et le cataloguage de ces sortes de collections*.
Lk sois-BiBMoTHKCAiRE. — Cc fonctionnaire, qui peut être appelé un jour à commander en chef, doit se soucier de connaître toutes les parties du dépôt où il est attaché. Rien de ce qui incombe à un bibliothécaire ne doit rester ignoré pour lui afin qu'il puisse le suppléer le cas échéant. Kn outre il doit exécuter avec tout le soin désirable le service dont il est chargé, être affable et bienveillant <învers le public et obéir strictement à son chef.
Les sous-bibliothécaires universitaires se trouvent appelés à diriger une section éloignée ou séparée de la bibliothèque centrale. Dansée <!as ils ont à se préoccuper de tout ; ils doivent faire preuve de connaissances suffisantes dans la gestion qui leur incombe. Une certaine initiative leur est laissée, mais ils doivent faire approuver |)ar le bibliothécaire en chef toutes les décisions qu'ils croiraient devoir prendre dans Tintérét du service. Quant aux pièces de statis-
I. Nous (levons dire qu'il n'existe, pour ainsi dire, pas de bibliothécaire <ramateurs, car ils s'occupent jçcnéralcnient eux-mêmes de leurs livres.
INTRODUCTION IIISTORIQIK 2^
tique et de comptabilité elles sont toutes contrcsipiées par le bibliothécaire en chef.
Personnel subalterne. — Les surveillants ou garçons de salle doivent obéissance complète à leurs chefs. Ils sont chargés d'abord des soins de propreté et de l'entretien matériel de la bibliothèque, doivent battre les livres aux époques déterminées. Ils font le service des salles soit en cherchant les volumes demandés par les lecteurs, soit en surveillant; la mise en place des volumes doit être faite après chaque séance; enfin les plus intelligents et ceux qui ont une belle écriture peuvent être adjoints pour la copie des cartes du catalogue. Selon la réglementation des bibliothèques, le service peut varier. Pour les surveillants nommés dans les bibliothèques universitaires, leurs devoirs sont très précis et exposés avec soin dans les articles 37 et 38 de l'arrêté du 23 août 1879'.
Recrutement du personnel. — Les personnes qui doivent occuper les fonctions de bibliothécaire sont choisies avec plus de discernement qu'il y a une cinquantaine d'années, et même plus récemment. 11 est vrai que le choix des administrations municipales se portait presque toujours sur des personnes érudites : d'anciens professeurs, des hommes de lettres, mais dont les connaissances spéciales n'étaient pas toujours suffisantes. Il arrivait donc que le fonctionnaire, au lieu de s'occuper de son dépôt, de s'y intéresser, considérait sa place comme une sinécure rémunératrice lui permettant de se livrer tout h loisir à ses travaux littéraires ou scientifiques. Il abandonnait ii des subalternes les travaux de la bibliothèque, le soin des catalogues et l'ordre dans les salles; il en résultait au bout d'un certain temps un désordre sérieux, an trouble dans tout le service qui ne pouvait que s'augmenter graduellement. Ces faits ont dû frapper l'administration supérieure, et, dès 1839, V'illemain avait voulu que les bibliothécaires fussent nommés par le ministre^. Devant les protestations