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CHAPITRE V

LA MISE EN PLACE DES VOLUMES

La division des ouvrafces par formats. — Mise en place sur les lablcttes par matières, par hauteur. — Avantage et inconvénient des deux systèmes. — Procédés d'inscriptions diverses. — L*estampilla|çe. — Le rejçistre inventaire. — Le re^^stre des suites et celui des périodiques.

Il y a peu de temps encore, on procédait avec la plus grandeliberté lorsqu*il s^agissait de disposer les livres sur les rayons, de les classer et les inventorier. De méthode, il n'en existait pas; chacun obéissant à ses goûts et à ses tendances, choisissait le système qui lui paraissait le meilleur. Lies uns en créaient de toutes pièces, d^autres^ 9doptaient celui de Brunet, d'aucuns enfin admettaient une classification rationnelle et intervertissaient ou arrangeaient Tordre de Brunet. Discuter de l'opportunité de Tune ou l'autre méthode, ou 6Q souhaiter une qui remplisse toutes les conditions désirées nousparait aussi difficile qu'irréalisable.

Nous ne voulons pas ici faire une étude critique des systèmes adoptés dans les diverses bibliothèques relatifs à l'arrangement des livres sur les rayons, mais aujourd'hui, en France particulièrement, l'ordre tiré de la hauteur des livres parait dominer. C'est-à-dire qu& l'on divise chaque série et section scientifique en plusieurs parties, ces parties répondent aux formats des livres et par ce fait à leur hauteur.

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Dans certains cas, il peut exister un rapport relatif entre les cotes placées sur les volumes, portées sur les catalogues méthodiques et le placement du livre lui-même sur le rayon. C'est la concordance des catalogues avec la topographie des livres en un mot. On a aussi adopté dans beaucoup de bibliothèques une division alphabétique pour chaque série scientifique ou même plusieurs lettres pour la même science si ses divisions sont nombreuses; ainsi à la bibliothèque de l'Institut les lettres A à K se rapportent à Tensemble des sciences théologiques ; de plus les subdivisions de chaque série portent toutes un exposant : lettre ou chiffre, suivi encore d'un autre chiffre répondant à la position topographique du volume. Il résulte de ce système que la cote du livre est très surchargée et qu'il faut un grand effort de mémoire pour s'en souvenir. Prenons un exemple : Dalechamp (Jacques) : Histoire générale des plantes traduite par Jean des Moulins, Lyon, 1658, 2 vol. in-fol. Si la lettre M désigne d'une manière générale les sciences, x les sciences naturelles, et b la botanique, l'étiquette sera ainsi libellée: le numéro 248 porté au bas indique le numéro du catalogue méthodique d'une part et le classement du livre sur le rayon ; si cet ouvrage est en double ou en triple, on se verra forcé d'ajouter à la suite du numéro une lettre ou un chiffre : 248 1' 248«- ou 248 ^ 2483.

On voit d'ici la complication qu'entraîne un pareil système. Bien souvent aussi, il n'existe aucun rapport entre les lettres ou les chiffres systématiques et la classe scientifique du livre, d'où il peut résulter une grande confusion.

Il nous parait difficile d'adopter une corrélation logique et absolue entre le système bibliographique choisi et la position des livres sur les rayons. Il est illogique de vouloir placer les ouvrages systématiquement sur les tablettes, d'abord parce qu'ils demandent des divisions extrêmes et ensuite parce qu'un grand nombre de livres anciens renferment sous une même reliure plusieurs ouvrages ou même une série de brochures n'ayant aucun rapport scientifique entre eux et, constituent, par ce fait un recueil factice; on se trouve donc forcé de créer une section supplémentaire : mélanges ou divers.

L'inconvénient de cette multiplicité de cotes d'une part, de leur défectuosité de l'autre a frappé depuis longtemps les bibliographes.

LA MISE K?l FLACK DES VOLIMES 1(K>

Au commencement du siècle, un bibliothécaire de la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, M. SoboltschikolT, a signalé d'une manière frappante les inconvénients qui résultaient de ces cotes sans^ bases rationnelles. Au lieu de prendre pour point de départ le système méthodique lui-même, qui obligeait à mettre les livres sur le rayon avec une division par sciences, puis par sections, et enlin par matières dans chaque section — ce qui nécessitait aussi de grands vides, des espaces énormes ou des intercalations sans nombre dans une bibliothèque dont Taccroissement était progressif et constant, — il proposait un système nouveau qui renversait absolument Tancien sous le rapport de la position des ouvrages sur les ravons.

Soboltschikoir proposait de diviser les ouvrages par formats : in-folio, in-quarto, in-octavo. Les salles étaient désignées par des lettres : de A à Z, avec répétition de lettres s'il y avait plus de 25 salles : Aa à Zz. Les travées ou corps de rayons étaient divisées en chiffres romains en partant par la gauche, les rayons étaient numérotés et les livres ou ouvrages portaient aussi un numéro. Pour l'ouvrage suivant : Fletcher (Wn.. L) : Public libran'es in America, Boston, Roberts brothers, 1894, pet. in-S*", fig., portant la cote suivante :

Fiv-p=

ou JV-

OU savait que l'ouvrage se trouvait dans la sixième salle, quatrième travée, rayon huitième, ouvrage dix-septième. Mais ce système, tout en étant préférable à l'ancien, pêche encore par la cote et la numérotation.

Les bibliothécaires municipaux ne peuvent plus invoquer aujourd'hui l'ignorance où ils sont sur des instructions et des traités de la mise en ordre des livres d'une bibliothèque. Sans compter les traités bibliographiques et les nombreux articles de revues publiées jusqu'à ce jour \ M. Léopold Delisle a publié, en 1889, dans le

1. Voici les titres de (|iiel<(ucs-iins : Ji;\vi:t( Charles G.^ : Smithsouian Report. On ihe construction of catalogues of Ubrariex and their publication by means of separate, atereotyped titles. With rules and exnmples^ second édition, Washinjfton, 1853, in-8", XII, 1)6 p. — Dziatzkh i Dr Ciwli : Instruction fur die Ordnung der Titel im Alphabetischen Zettelkatalog der Kôniglisrhen and UnicersiVUt-Bihliothek su Breslau^ Berlin, 1K86, in-8*. — Ins-

riO LA MISE KN PLACK DES VOLUMES

Bulletin des bibliothèques et des archives^ des instructions spéciales <}ui sont un guide excellent pour les fonctionnaires des bibliothèques * .

Pour les bibliothèques universitaires, il en est autrement. La commission centrale des bibliothèques a franchement innové et créé un système qui peut être critiqué par les personnes incompétentes en bibliographie, mais présentant une logique et une sûreté dans le classement des livres qui en garantit non seulement l'inscription sur l'inventaire, la simplification des catalogues, mais aussi la facilité des recherches. En créant ce système nouveau, elle n'a pas voulu bouleverser les classements antérieurs. Il est dit dans cette circulaire que le bibliothécaire devra, au contraire, respecter le classement primitif, mais il l'arrêtera à son arrivée ; il devra considérer les livres nouvellement entrés comme un fonds nouveau et il les cataloguera conformément aux règlements en usage.

Exception est faite cependant pour la bibliothèque de l'Université de France où les ouvrages continuent à être classés suivant le système bibliographique adopté par M. Lebas et modifié peu à peu en raison de l'accroissement des séries scicntifîques de la bibliothèque^.

truction fur die Herstelluny der Zettel des alphabeiischen Katalogs. Burg, 1892, in-8«. — Funia^^alli (Giuseppe) : Calaloghi di biblioteche e indici bihliografici... Firenzc, 1887, in-8*, xix, 199 p.

1. Delislc (Léopold) : Instructions élémentaires et techniques pour U misi et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque. (Bulletin des bibliothèques et des archives^ VI, 1889, p. 113, sq. in-8",) tiré à part en 1890, LillCi Dancl, in-8°, 76 p.

2. Ce système peut se résumer ainsi : Adoption de 6 formats dans chaque série et subdivision scientifique : très grand folio^ grand folio^ folio^ in-quârU>, in-octavo^ in-douze. La base du classement sur les rayons repose sur le cataloj^uc méthodique fait sur registre. Les livTes, à leur entrée, sont inscrits soit au regrislre d'acquisition, soit au registre des dons, suivant leur provenance, sous un numéro d'ordre qui se suit jour par jour. Le livre est coté et timbré de deux manières : au bas du titre, le timbre d'acquisition ou de dons avec le numéro au centre ; au tiers du titre, le timbre de la bibliothèque de rUniversité, répété à la page 100 et à la dernière page du livre ; au haut du titre, la cote que porte le livre au catalogue méthodique est écrite à l'encre. Enfin, les cartes sont faites au nom de l'auteur avec l'indication de la cote et le numéro d'entrée *. S'il y a des planches dans l'ouvrage, elles sont estampillées avec un petit timbre. Nous avons reporté au chapitre « Systèmes bibliographiques » le cadre de classement méthodique de cette bibliothèque

* Au catalogue alphabétique, nous donnons quelques spécimens de fiches telles qu'elles sont faites à la bibliothèque de T Université.

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Voici en résumé l'expression même de F Instruction générale du 4 mai 1878 : Tensemble des livres de la bibliothèque est divisé en trois formats bien distincts : les in-folio, comprenant tous les ouvrages au-dessus de 35 centimètres ; les in-quarto, embrassant ceux qui vont de 25 centimètres à 35 centimètres et enfin les inoctavo ou tous les ouvrages inférieurs à 25 centimètres.

L'Instruction n'admettant aucune cote systématique, précise la division, Tinscription et la mise en place des ouvrages suivant un ordre numérique au fur et à mesure de l'entrée du livre à la bibliothèque, abstraction faite de sa i^iatière et de son contenu. Ainsi, les in-folio ou grands formats seront rangés dans les numéros 1 à 10.000 par exemple, les moyens formats, de 10.001 à 40.000, et les petits formats de 40.001 et au-delà. Avec cette latitude de numéros, le bibliothécaire ne risque pas d'être pris au dépourvu ; il existe entre ces trois formats assez de marge numérique pour faire face pendant de longues années aux entrées d'ouvrages. Il faut dire aussi que ces bibliothèques n'ont guère plus de vingt ans d'organisation, mais elles se développent constamment et continueront dans cette voie.

Pour le classement des suites et des périodiques, indiqué aussi dans l'Instruction générale, p. 29, tout bibliothécaire intelligent comprendra que ces sortes d'ouvrages doivent avoir un numéro provisoire en attendant leur achèvement. On peut donc adopter les mêmes séries de chiffres que ceux donnés ci-dessus en les faisant précéder de la lettre P {provisoire).

Ce classement numérique exige la création et la tenue de trois registres^ correspondant aux trois formats, ainsi qu'un registre supplémentaire assez gros, renfermant les trois formats des ouvrages à classement provisoire. Par le détail de la manipulation que subit le livre depuis son entrée jusqu'à sa mise en rayon, on comprendra mieux l'usage de ces registres.

Dans la plupart des bibliothèques, les ouvrages sont placés dans les rayons en partant de la gauche de l'entrée des salles ; dans les bibliothèques universitaires, c'est obligatoire (fig. 61). Chaque travée forme un tout, de bas en haut, comprenant les trois formats : la première tablette réservée aux in-folio ; les deuxième, troisième et quatrième, s'il le faut, seront pour les in-quarto ; les autres

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